5 bonnes raisons de voir le Bayern de Munich gagner la Ligue des Champions 2013/2014

Le Bayern remportant le Mondial des Clubs.

Le Bayern de Munich a surpris la majorité des observateurs du ballon rond, l’an dernier, en remportant une Ligue des Champions que l’on croyait pourtant promise au FC Barcelone ou au Real Madrid. Cette année, le club allemand semble encore plus fort que l’an passé et, même si aucun club n’a remporté deux fois consécutives la Coupe aux grandes oreilles depuis le légendaire Milan AC de Van Basten en 1990, le Bayern est le grand favori pour se hisser à nouveau au sommet de l’Europe. Voici 5 raisons de croire en un nouveau sacre des protégés de Pep Guardiola.

1. Parce que le Bayern est une machine à gagner

2013 a été une année faste pour le club bavarois. L’an passé, en plus de la Ligue des Champions, il a remporté le championnat allemand avec une avance de 25 points sur le second, Dortmund, ainsi que la Coupe d’Allemagne et la Supercoupe d’Europe. Une véritable moisson de titres!

Cette saison, le club semble bien parti pour rééditer ce quadruplé historique. Il a remporté aisément le Mondial des clubs en décembre face à Casablanca (2-0). En championnat, le Bayern n’a plus perdu depuis le 28 octobre… 2012. Il a déjà, avec ses 56 points, une large avance de 13 points sur le second, le Bayer Leverkusen. De quoi aborder sereinement la Ligue des Champions et les huitièmes de finale face à Arsenal. D’autant plus que le Bayern s’est brillamment tiré des poules de la Coupe d’Europe avec la première place de son groupe (15 pts) après 5 matchs remportés sur 6. Munich s’est incliné lors de la dernière journée face à Manchester City (2-3) mais le club avait déjà assuré sa qualification… Une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal, cependant.

Le Bayern remportant le Mondial des Clubs.
Le Bayern remportant le Mondial des Clubs.

2. Parce que le collectif du Bayern est un des plus forts d’Europe

Le Bayern ne s’est pas activé sur le marché des transferts depuis la fin de la saison faste 2012/2013. La venue de Götze à l’été 2013 était prévue dès l’hiver précédent. Seul Thiago Alcantara, pour près de 25 millions d’euros au FC Barcelone, et le jeune Mitchell Weiser de Kaiserslautern, ont véritablement été recrutés à l’été. Pas de quoi modifier en profondeur la structure de l’équipe bavaroise. Le système de Guardiola, un 4-3-3, peut se replier en 4-1-4-1.

Le technicien catalan dispose d’un effectif qui est probablement le plus riche d’Europe. La défense-type est la suivante: Lahm à droite, Alaba à gauche, et une défense centrale Jérôme Boateng – Dante pour protéger les buts de Manuel Neuer. Au milieu, l’inusable sentinelle reste Bastian Schweinsteiger, mais devant lui, les deux places de milieux offensifs sont sujettes à une forte concurrence: Thomas Müller, Toni Kroos, Thiago Alcantara, Mario Götze ou encore Xherdan Shaqiri se les disputent. En pointe, le buteur croate (16 buts toutes compétitions confondues depuis le début de la saison) Mario Mandzukic, qui peut être remplacé par le vétéran Pizarro en cours de match, peut être servi sur les ailes par Robben à droite et Ribéry à gauche.

Le Français, troisième du dernier Ballon d’Or, est un élément-clé de son équipe. Son absence pour une blessure à la cuisse ne dérange pourtant pas tant que ça le Bayern qui l’a emporté 2-0 à Nuremberg hier, sans le natif de Boulogne-sur-Mer. Preuve que même si Ribéry manque la confrontation face à Arsenal, le Bayern reste le grand favori. C’est ce qui fait la force de cette équipe: aucun joueur n’y est indispensable, du fait de la richesse de l’effectif et de la polyvalence de certains joueurs (Shaqiri peut jouer milieu offensif droit, gauche, mais aussi ailier).

3. Parce que le coach du Bayern, c’est Pep

Bien avant que l’éclatante récolte de titres munichoise, il était prévu qu’à l’été 2013 Pep Guardiola, alors sans club depuis son départ du Barça, succéderait à Jupp Heynckes. Lorsque le technicien catalan a repris en main l’équipe, les spécialistes étaient divisés sur sa capacité à mener le Bayern vers la victoire.

Bien peu nombreux sont ceux qui en doutent encore. Le Bayern de Heynckes possédait déjà un système de jeu tourné vers l’offensive que Guardiola n’a fait que reprendre et améliorer avec l’apport technique de Thiago Alcantara ou Götze, par exemple. Avec Pep, le jeu typiquement allemand de l’équipe munichoise devient plus technique et agréable, sans pour autant s’apparenter au tiki-taka catalan.

Guardiola s’est également imposé comme un meneur d’hommes. L’aura de celui qui, sur le banc, remporta le titre européen en 2009 et 2011 suffit pour contrôler un vestiaire discipliné et à l’attitude professionnelle.

Pep Guardiola.
Pep Guardiola.

4. Parce que la stratégie du Bayern est payante à long terme

L’équipe dirigeante du Bayern est à peu près la même depuis les années 1990. Karl-Heinz Rummenigge, Franz Beckenbauer, Uli Hoeness, tous anciens joueurs du club bavarois, se sont investis dans une stratégie de développement à long terme. Ils ont misé sur la formation, avec des cadres sortis du centre du Bayern comme Thomas Müller, Schweinsteiger, Lahm ou le jeune Alaba.

Ce qui a permis au club, vers le milieu et la fin des années 2000, même s’il ne se faisait pas remarquer sur la scène européenne, de renouveler peu à peu l’effectif, tout en réalisant des économies budgétaires. Avec le développement de la marque “Bayern” et des produits dérivés, la stratégie financière du Bayern s’est révélée payante: le club est la troisième équipe la plus riche d’Europe (plus de 430 millions d’euros), et cela sans s’endetter contrairement au Barça et au Real qui le devancent. Ce qui permet au club, tout en gagnant, de dépenser sur le marché des transferts, ce qu’il fait uniquement pour acheter les joueurs dont il a besoin (Thiago Alcantara ou Götze l’été dernier, Lewandowski qui viendra à la fin de la saison). Pas de dépense superflue au Bayern.

Le club est certainement le mieux géré d’Europe, et semble grâce à cette gestion capable de gagner sur pas mal de terrains pendant un bon moment.

5. Parce que les autres équipes engagées en Ligue des Champions sont affaiblies

Le Bayern écrase le championnat allemand, il peut donc se permettre de se consacrer exclusivement à la Ligue des Champions tout en étant pratiquement sûr d’être sacré à l’échelle nationale.

Une chance que n’ont pas les autres équipes anglaises et espagnoles engagées en huitièmes de finale de Ligue des Champions. Arsenal, qui affrontera Munich le 19 février prochain, traverse une mauvaise passe en championnat et devra certainement trancher entre la quête du titre national et la Ligue des Champions. Les Gunners n’ont plus été si près de gagner le championnat depuis bien longtemps… Le huitième de finale opposant Manchester City et le Barça, qui jouent tous les deux le sacre dans leurs pays respectifs, pourrait faire perdre des plumes dans la bataille au vainqueur. Pas sûr que celui-ci joue à fond la suite de la compétition s’il a une bonne opportunité de triompher sur le plan national.

Alors, si le Bayern se qualifie pour les quarts qui pourrait le priver d’un deuxième sacre européen consécutif? Les barrages opposant Olympiakos à Manchester United (qui traverse une dure période de transition avec David Moyes) et le Milan AC, à la peine en Serie A, à l’Atletico Madrid, qui devrait se focaliser plutôt sur l’occasion qu’il a de remporter le championnat espagnol, ne devraient pas accoucher de concurrents sérieux. Le vainqueur du barrage Leverkusen – PSG? On y croit difficilement, étant donné la supériorité de l’effectif bavarois sur les modestes deuxièmes de Bundesliga et sur le PSG, bien que les Parisiens aient un coup à jouer.

Restent Dortmund, opposé au Zénith de Saint-Pétersbourg; le Real qui affronte Schalke; et enfin Chelsea, confronté aux Turcs de Galatasaray.

Dortmund, pour commencer, est à la traîne en Bundesliga, où le club occupe, derrière Leverkusen, la troisième place. Cependant, finaliste l’an dernier face au Bayern, le club (sans Götze) espère profiter de la dernière saison de Lewandowski pour tenter à nouveau de remporter la Ligue des Champions. Possible? Oui, mais peu probable. Le Borussia Dortmund devrait quand même logiquement se qualifier pour les quarts de finale de la compétition.

Le Real, à présent, semble un concurrent de poids pour le Bayern. La forme actuelle de l’équipe madrilène, avec Jesé et Benzema, l’impulsion donnée par le nouveau Ballon d’Or Cristiano Ronaldo font du Real un des favoris. Madrid veut à tout prix gagner la Ligue des Champions, qui n’a plus été remportée par le club depuis 2002. Sauf que le club, confronté aux Allemands de Schalke, gagne rarement contre les équipes germaniques. Si Schalke n’est pas non plus un adversaire insurmontable pour les coéquipiers de Ronaldo, la tâche s’annoncerait moins aisée si ceux-ci venaient à être confrontés au Bayern par la suite.

Enfin, les Blues de Chelsea ne devraient pas avoir énormément de mal à se défaire de Galatasaray. Leur effectif, pratiquement aussi riche que celui du Bayern, leur permet de faire tourner et de jouer à la fois sur les tableaux national et européen. Si Chelsea finissait par être confronté à Munich, le club londonien en sortirait-il vainqueur? Difficile de le dire. Mais même si Mourinho est retourné chez les Blues à l’intersaison, et que la finale de l’édition 2011/2012 de la Ligue des Champions a tourné à l’avantage des protégés du milliardaire russe Roman Abramovitch (1-1, 3-4 t.a.b), on peut penser que les Bavarois auront à coeur de laver l’affront subi en mai 2012 dans leur propre enceinte de l’Allianz Arena.

Voilà donc les cinq raisons qui font du Bayern le grand favori de l’édition de cette année. Mais attention: favori ne signifie pas vainqueur. Et cela se vérifie souvent en Ligue des Champions.

© AFP (les deux images)

A propos de Benjamin Mondon 275 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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