Alice Fougeray : “Ma plus belle reconnaissance”

Alice Fougeray lors d'une démonstration de football freestyle

Fraîchement auréolée de sa place de vice-championne du monde de freestyle, Alice Fougeray, la niçoise de 19 ans, a répondu très gentiment à nos questions.

Alice Fougeray à Tokyo

Alice, peux-tu nous parler un peu de ta passion du football et d’où est-ce qu’elle  te vient ?

Ma passion pour le football a commencé dès mon plus jeune âge, c’est à dire vers 4 ans. Je me souviens être allée à la Coupe du monde de 98, j’étais fan de Zidane… Mon grand-père m’emmenait souvent au parc du coin pour jouer au football, j’étais différente des autres filles de mon âge.

Pour mes 12 ans, en classe de 6ème, j’ai été repérée par 2 filles, impressionnées par mon aisance technique, elles m’ont invité à passer des tests à l’OGCN.. . Tests passés avec succès et j’ai donc débuté ma carrière de footballeuse au sein des -18 ans, mais je commençais déjà à jongler et à m’initier au freestyle à cette période..  J’avais ce petit plus technique que les autres n’avaient pas : j’étais souvent classée meilleure buteuse de la saison…

Et arrive ta blessure… Comment as-tu fait pour surmonter cette épreuve et digérer la déception de ne plus pouvoir pratiquer ta passion ?

Honnêtement, je suis tombée de haut. J’ai pris une énorme claque… je ne savais pas comment me rattacher à la vie. Je ne vivais et voyais qu’à travers le football. Ça a été beaucoup de souffrances, j’ai sombré dans une longue période de dépression… 6 mois d’arrêt, 3 opérations : j’ai du réapprendre à marcher. Ce fut long et douloureux.

À la suite de cela, mon chirurgien m’a promis qu’avec une bonne rééducation et une perte de poids, je pourrais de nouveau retourner sur les terrains… Je me suis exécutée. Je retrouve le chemin des terrains avec une motivation surdimensionnée mais la douleur prenait le dessus. J’ai marqué mon dernier but en boitant et j’ai décidé de tout arrêter. J’ai consulté un autre médecin qui m’a diagnostiqué une arthrose aggravée au niveau du cartilage. Pour lui, je n’aurais jamais du rechausser les crampons et il m’a alors interdit tout sport sauf la musculation, la natation et l’aviron. Une deuxième claque pour moi !

Finalement, tu as trouvé la motivation pour repartir de l’avant et tu t’es penchée sur le football freestyle…

Ensuite, je me suis raisonnée, je me suis dit qu’il y avait plus grave dans la vie et que si je continuais à me morfondre comme ça j’allais filer du mauvais coton. Du jour au lendemain, j’ai repris un ballon et je me suis remise à l’entrainement de freestyle en adaptant les figures à ma cheville en miette. J’ai remarqué  que la douleur n’était pas si intense et que je pouvais encore garder ce lien avec le ballon. J’étais tout simplement heureuse ! J’ai tenté ma chance pour les championnats du monde à Lecce où je n’ai pas fait de bons résultats (ndlr : Alice a fini 5ème !).

Alice Fougeray, vice-championne du monde de freestyle

Te voilà vice-championne du monde, qu’est-ce que tu as ressenti ? Tu n’as pas un parcours anodin, est-ce que ta blessure est devenue une force aujourd’hui ?

En décrochant cette deuxième place, j’étais fière car mon objectif était d’être 3ème en arrivant à Tokyo. Fière d’avoir su me relever, fière de ne jamais avoir abandonné et de m’être battue jusqu’au bout. C’est ma plus belle reconnaissance, ma plus belle revanche sur la vie : c’est un rêve qui se concrétise !

Je suis partie avec un handicap par rapport aux autres filles qui étaient en pleine forme, mais il s’avère qu’aucune d’entre elles n’a cette motivation, ce courage, et cette envie de vaincre… Donc pour répondre à ta question, oui, c’est cette cicatrice qui fait ma force et celle que je suis devenue aujourd’hui.

Qu’est-ce que tu comptes faire maintenant, pas t’arrêter en si bon chemin dans le foot freestyle j’imagine, mais tu as encore plein d’années devant toi, tu as un projet pour le long terme ?

À l’heure d’aujourd’hui, cette passion est devenue un vrai mode de vie. Si je ne m’entraîne pas, je fais des shows, si je n’ai pas d’interview, je réfléchis à de nouvelles figures ou à des vidéos originales que je pourrais faire. J’ai laissé les études de côté pour ne me consacrer qu’à ça uniquement. Mon projet sur le long terme serait d’ouvrir ma propre école, où je pourrais transmettre cette passion et initier les générations futures. J‘aimerai éventuellement me faire remarquer par un sponsor de renommée mondiale… Je ne veux pas partir de ce monde sans y avoir laissé mon nom et m’être battue pour une cause ! Never give up !

Un dernier petit mot pour toutes les personnes qui te soutiennent ?

Un grand merci à tout ceux qui me suivent et me soutiennent, sans vous ce ne serait pas la même ! J’espère continuer à vous rendre fiers… Nissa é basta !

Alice Fougeray lors d'une démonstration de football freestyle

Nous tenions à remercier très sincèrement et du fond du cœur Alice qui nous a accordé de son précieux temps pour répondre à nos questions ainsi que la page facebook de “je suis niçois” qui est derrière nous depuis plusieurs mois déjà et sans qui cette belle rencontre n’aurait pas été possible !

2 Comments

Laisser un commentaire