Anthony Martial à l’heure de la confirmation

Son transfert avait fait un bruit retentissant des deux côtés de la Manche. A l’été 2015, Anthony Martial avait troqué la tunique monégasque pour celle des Red Devils de Manchester United. Montant de l’opération : environ 50 millions d’euros auxquels s’en ajoutent 30 de bonus. Une somme pharaonique pour le joueur formé à Lyon, alors âgé de 19 ans, qui n’avait que deux grosses saisons au haut niveau derrière lui. Ajoutons à cela la pression d’un gros transfert vers une grande écurie européenne, suivie par des millions de supporters dans le monde… Martial n’avait pas le droit de décevoir.

Martial à United : un parcours en forme de montagnes russes

Mais après une première saison réussie, le Français a ensuite déchanté. Exit Louis van Gaal, place à José Mourinho à l’été 2016. Et avec le coach portugais, les choses se gâtent. Martial est plus irrégulier. Il fréquente de moins en moins le terrain, et de plus en plus le banc. Il fait davantage parler de lui pour ses déboires conjugaux que pour ses performances sportives. Une méforme qui le privera de Coupe du Monde, et d’un sacre mondial sous le maillot bleu en 2018.

En décembre 2018, Mourinho est licencié. Ole Gunnar Solskjaer, son successeur, se montre d’abord frileux vis-à-vis de Martial. Auréolé de son succès face au Paris Saint-Germain en C1, il fait surtout confiance à la “NextGen” issue du centre de formation de United (Mason Greenwood, Diogo Dalot), ainsi qu’aux expérimentés Jesse Lingard et Alexis Sanchez.

Un élément essentiel du dispositif des Red Devils

La méforme de Lingard et Sanchez pousse néanmoins Solskjaer à revoir ses plans. Depuis le début de la saison 2019/2020, Martial a été titularisé dans tous les matchs de championnat qu’il était apte à jouer, sauf la réception de Liverpool. En 23 matchs, le Français a marqué 11 fois et délivré 3 caviars. Vitesse, crochets dévastateurs, sens du but : l’attaquant est aussi décomplexé qu’à ses débuts. Ce n’est pas la défense de Watford qui dira le contraire.

En grande forme, Martial est devenu essentiel dans le 3-4-1-2 des Red Devils. Exit l’aile gauche qu’il occupait sous van Gaal et Mourinho : le Français a repris sa position de prédilection, celle d’avant-centre. Aligné à gauche d’une attaque à deux pointes, il a tout le loisir de dézoner pour pouvoir ensuite repiquer dans l’axe. Un positionnement assez libre dans lequel le joueur de 24 ans est épanoui. Son entente avec Bruno Fernandes, nouveau playmaker de ManU, a souvent fait parler la poudre en ce début d’année 2020.

Encore une grande marge de progression

Martial se sent bien à Manchester United, mais il serait sûrement bien inspiré de quitter un club qui peine à retrouver la gloire depuis bientôt dix ans. A moins que Solskjaer ne finisse par redresser la barre et ramener United (actuellement 5ème) au sommet. Quoiqu’il en soit, à la reprise du championnat, l’ancien Monégasque aura un nouveau concurrent : Odion Ighalo. Pour Martial, le risque existe de voir Solskjaer profiter de l’arrivée du Nigérian pour changer de dispositif et évoluer à une seule pointe. Dans cette configuration, il se montre pour le moment moins à son aise que son coéquipier.

De grandes performances en étant seul en pointe : au fond, voilà ce qui manque à Martial pour s’imposer comme une option en Bleu. Didier Deschamps souhaite faire survivre son 4-2-3-1 au vieillissement d’Olivier Giroud. Wissam Ben Yedder n’a pas vraiment marqué de points dans un rôle d’électron libre qui prive la France du jeu en pivot de Giroud. Alors que la féroce concurrence en Bleu ne lui laisse pas l’espoir de s’imposer sur les ailes, la taille (1,84 m) et les qualités physiques de Martial rendent envisageable la mutation de son jeu vers un rôle de pivot. Pour cela, il faudra néanmoins progresser et sortir de sa zone de confort.

Mais Anthony Martial ne manque pas de bons conseils pour aller dans ce sens. Dernièrement, c’est Thierry Henry qui a enjoint son compatriote à quitter une équipe en manque de caractère pour progresser. Le King connaît sans doute la recette qui pourrait permettre au Golden Boy 2015 de marcher dans ses traces.

A propos de Benjamin Mondon 272 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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