Barclays Premier League: le grand large ?

Arsenal's Olivier Giroud joie camera
Les droits télé pour la Premier League ont explosé

L’annonce du montant record de 7 milliards d’euros de droits TV pour la retransmission de la Barclays Premier League sur la période 2016/2019 augmente une manne financière déjà importante pour les clubs anglais. L’écart est-il trop grand pour les championnats du Vieux Continent ?

  
Le 10 février dernier a marqué la fin de la bataille concernant l’attribution des droits télévisuels pour le championnat d’Angleterre pour la période allant de 2016 à 2019. Résultat ? Sky et BT, dans l’ordre, sont sortis vainqueurs mais n’ont pas lésiné sur les moyens !

En effet, les deux chaines de télévision ont déboursé pas moins de 7 milliards d’euros (£3 billion) pour diffuser les matchs de Barclays Premier League, soit une hausse de 71% par rapport à 2013. Un montant faramineux qui agrandit l’écart de richesse entre les 5 grands championnats européens : la Premier League touchera près de 2,3 milliards d’euros par an, somme qui sera répartie parmi les 20 clubs de l’élite anglaise, soit près de 2,5 fois le montant qui sera réparti entre les clubs de Serie A (le deuxième championnat le plus cher d’Europe avec 960 millions d’euros de droits TV) et 3 fois plus que la Ligue 1 (748 millions).

Le pactole pour les clubs anglais

À l’heure d’aujourd’hui, les clubs recevant le plus d’entrées d’argent grâce aux droits TV en Europe sont le Real Madrid et le FC Barcelone (140 millions d’euros chacun), loin devant leurs poursuivants anglais que sont Liverpool, Manchester City, Chelsea ou Arsenal (respectivement 117, 115.8, 112.9 et 111.4 millions d’euros). Notons que le montant minimum touché par un club de Premier League est de près de 75 millions. À titre comparatif, la Juventus, le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich, leaders concernant les recettes dans leurs championnats respectifs, émargent à 94, 44 et 35.4 millions d’euros. C’est là que les choses changent. La réévaluation des droits TV va avoir un impact énorme sur les finances des clubs anglais, qui empocheront un vrai pactole : le champion d’Angleterre percevra 210 millions d’euros et les clubs de bas-de-tableau toucheront approximativement 130 millions d’euros. Ainsi, le dernier de Premier League gagnera presque autant les deux cadors espagnols !

La Premier League assoit sa domination

Le championnat anglais est assurément le championnat de football le plus attrayant au monde. Berceau du football, l’Angleterre offre le plus grand des spectacles, agrémenté de stades pleins à craquer où règnent des ambiances de feu et où se côtoient la plupart des meilleurs joueurs de la planète, entraînés par beaucoup des plus grands managers.

Grâce à la vente de ses droits TV, la Barclays Premier League a l’occasion d’asseoir sa domination sur les autres championnats européens et d’accroître sa notoriété mondiale. Alors qu’il place déjà 8 de ses clubs parmi les formations les plus riches du monde, selon la Football Money League, le championnat anglais va prendre une autre dimension et va attirer beaucoup de monde : des joueurs aux entraineurs, en passant par les agents et les sponsors. La puissance financière que vont engranger les clubs sera impressionnante, facilitant leurs dépenses, leur permettant à coup sûr de rentrer dans le cadre du Fair Play financier et leur laissant ainsi la porte grande ouverte pour renforcer considérablement leurs effectifs.

Beaucoup davantages, peu d’inconvénients

La Premier League a été le championnat le plus dépensier au cours du mercato estival 2014 : d’après le CIES (le Centre International d’Étude du Sport), les grands championnats européens ont déboursé près de 2,4 milliards d’euros dont près d’1 milliard pour le seul championnat anglais. La donne n’est pas prête de changer ! Car qui dit manne financière importante dit recrutement de gros joueurs. De grands noms vont encore traverser la Manche dans les années à venir pour rejoindre les rangs des grosses cylindrés anglaises, peut-être même pour jouer dans des clubs moins huppés mais aux moyens décuplés, et des joueurs de plus en plus jeunes risquent d’être attirés par les sirènes de la Premier League. Qui dit recrutement de joueurs de renom dit hausse des ventes de maillots, accroissement de la popularité du club, mais aussi une plus grande compétitivité sportive et donc une chance en plus de gagner les plus prestigieuses compétitions, la Ligue des Champions en tête. C’est l’occasion pour la Barclays Premier League de prendre le large sur les autres championnats européens.

Mais cela peut aussi signifier hausse du prix des places, histoire de rentabiliser les prochains recrutements et pour aider à payer de futurs (très) gros salaires. Les abonnements TV risquent de devenir plus onéreux pour les fans car il va bien falloir que Sky Sports et BT Sports récupèrent l’argent investi dans la retransmission des matchs. Et la compétitivité de l’équipe nationale risque d’être la plus touchée par la folie acheteuse de ses clubs, les jeunes joueurs anglais ayant déjà du mal à percer au plus haut niveau.

Que ça soit en bien ou en mal, une chose est sûre : le paysage du football anglais va être bouleversé.

 

Yvon Marcellin – Follow @yvonmarcellin

A propos de Yvon Marcellin 8 Articles
Étudiant en LEA anglais-italien à l'Université Jean Moulin Lyon 3 et futur étudiant à l'ESJ Paris mastère Journalisme de Sport. Supporter invétéré de l'Olympique Lyonnais et de la Juventus Turin. La gestuelle de Zidane, la magie de R9, la classe de Pirlo, la fidélité de Gerrard, les coups-francs de Juninho, les parades de Buffon et bien d'autres... Le football procure tant d'émotions qu'il me faut vous les transmettre.

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