Bilan de fin de saison : Liga

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Passée la nostalgie propre aux dernières journées de championnat, Papinade vous propose cette semaine un bilan de la saison écoulée dans les principaux championnats d’Europe. On continue aujourd’hui avec la Liga BBVA.

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Le championnat espagnol nous a une nouvelle fois offert une magnifique saison, bien que le suspens aura été de plus courte durée que la saison passée. En effet, Barcelone a assuré son titre de champion avant la dernière journée, à la faveur d’une victoire 1-0 face à l’Atletico Madrid. Des Colchoneros qui ont globalement déçu cette saison, après leur formidable épopée l’année dernière, tandis que le Real Madrid finit deuxième malgré sa formidable phase aller, marquée par ces 21 victoires d’affilée. Cette 84ème édition de la Liga est également été celle de l’affirmation de Valence et Séville, confirmant la pensée selon laquelle le championnat espagnol est actuellement le plus relevé au monde. Et ce n’est pas le beau football pratiqué par les équipes du milieu de tableau comme le Celta Vigo ou le Rayo Vallecano qui contredira cela…

Les tops

clasico suarez

La grande satisfaction de cette saison est incontestablement le Barça. Au-delà de leur titre de champion, ils auront réussi à proposer le meilleur jeu d’Europe, du moins sur la seconde partie de saison. En effet, à l’opposée du rival madrilène, Barcelone a mis un certain temps à trouver ses marques, sans doute par nécessité d’assimilation des principes de jeu de Luis Enrique. Les troupes du coach espagnol ont brillé aussi bien offensivement, avec ce record de 120 buts inscrits par la MSN, que défensivement, le Barça étant la deuxième meilleure défense d’Europe derrière le Bayern avec seulement 21 buts encaissés. Au final, c’est la polyvalence de cette équipe qui marque, capable aussi bien d’évoluer dans une tradition de possession de balle qu’en contre-attaques. Le FC Barcelone peut réaliser en cas de victoire samedi face à la Juventus un triplé inédit depuis 2009, sous l’ère Guardiola. Rendez-vous est pris la saison prochaine pour la confirmation, afin de voir si le Barça version “Lucho” peut dépasser celui de Pep.

Les catalans n’ont pas été les seuls à impressionner durant cet exercice 2014-2015. Deux équipes, au profil assez similaire, vous ont sans doute tapé dans l’œil si vous suivez la Liga. Il s’agit du FC Valence et de Séville, respectivement quatrième et cinquième à l’issue de la saison. Nouveauté de cette édition, de par leur victoire en Europa League, les sévillans décrochent le précieux sésame pour la C1. Un titre remporté face au Dnipropetrovsk qui n’a rien d’étonnant tant la troupe de Unai Emery a montré qu’elle était capable de rivaliser avec les grosses écuries de Liga. Hormis une lourde défaite 5-1 subie lors de la phase aller face au Barça, Seville nous a offert de splendides oppositions face aux ogres catalans et madrilènes.

Le bilan est globalement le même pour Valence, que ce soit dans leur niveau de jeu face aux gros ou leur régularité au cours de la saison. Toutefois, le merveilleux collectif sevillan, qui aura proposé un football offensif de qualité tout en faisant preuve d’une efficacité remarquable, nous laisse une meilleure impression que les valenciens. Ces derniers se seront davantage appuyés sur une défense solide, et quelques individualités dont l’essentiel Dani Parejo au milieu ou Paco Alcacer en attaque. Au final le projet de jeu des coéquipiers de Carlos Bacca semble plus cohérent à moyen-terme, mais il faudra surveiller de très près le mercato du côté de Valence. De quoi espérer une installation durable de ces deux clubs dans le haut de tableau, mais également dans la phase à élimination directe de la Ligue des Champions.

Les flops

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La ville de Madrid est mise à l’honneur dans ces flops. Si certains y verront une injuste exagération, il est toutefois difficile de contester que l’on s’attendait à mieux de la part de l’Atletico et du Real. N’oublions pas qu’il s’agit des derniers finalistes de la Ligue des Champions. Du côté du club de Florentino Perez, c’est plutôt les promesses d’un début de saison formidable qui laissent un goût amer. 21 victoires consécutives et une victoire dans le Clasico, qui ont permis au Real de compter jusqu’à 4 points d’avance sur le Barça au soir de la 24ème journée. Mais l’enchainement des blessures, dont celle de Modric, a perturbé un équilibre collectif trouvé lors de la phase aller. L’équipe devient alors moins en réussite, et l’absence d’un véritable numéro 6 au milieu se fait ressentir. Même si Barcelone est monté en puissance, c’est bien un mois de mars aux allures de crise qui aura couté le titre aux merengues.

Du côté du rival de l’Atletico, c’est plutôt les espoirs fondés par la magnifique saison dernière qui laisse un arrière gout d’insatisfaction. Certes les colchoneros finissent troisièmes derrière le Barça et le Real, ce que l’on ne peut reprocher à personne en Espagne, mais à 16 points du leader, et avec un seul d’avance sur Valence ! Les lendemains de fête semblent ainsi difficiles pour les hommes de Simeone, dont l’engagement dans le pressing n’est plus le même. Après avoir glané une Liga, et échoué si près du but en Ligue des Champions, repartir sur les mêmes standards d’envie est forcement très compliqué. D’autant plus lorsque des hommes clés tels que Diego Costa, Thibault Courtois et Filipe Luis quittent le club, tandis que les leaders techniques que sont Koke et Turan apparaissent en-dessous de leurs performances de la saison dernière. Le résultat se traduit par une équipe qui défend toujours autant, mais sans une verticalité dans le jeu offensif aussi travaillée que la saison passée. Reste la satisfaction Antoine Griezmann, symbole sans doute d’une année de transition.

L’équipe type de Liga

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Claudio Bravo : Chargé des matchs de championnat tandis que Ter Stegen joue l’Europe, il est le meilleur dans les cages cette saison, même si l’exercice de Jan Oblak est également à signaler. Des performances dans la lignée de ce qu’il faisait à la Real Sociedad, et avec le Chili durant la Coupe du Monde.

Piqué : Une juste récompense pour l’espagnol, qui a enfin retrouvé le niveau qui était le sien avant la Coupe du Monde 2010 (et Shakira…), afin de s’imposer comme l’un des tous meilleurs défenseurs au monde.

Otamendi : Symbole de la solidité défensive de Valence, l’argentin est l’une des révélations de la saison au haut niveau. Sa présence dans les duels et son placement sont suffisants pour ne pas être inquiétés par les défenseurs centraux du Real Madrid, dont la saison aura été marquée du sceau de l’irrégularité, les blessures n’aidant pas.

Dani Alves :  Le constat est le même pour le brésilien, revenu au meilleur de sa forme, et dont les qualités offensives mises au service de Messi font du côté droit barcelonais un danger permanent. A noter l’excellente saison d’Aleix Vidal, devenu l’un des cadres du FC Séville. Le fait qu’il n’est pas évolué toute la saison en tant que latéral droit l’empêche toutefois de contester le titre à Dani Alves.

Marcelo : Sa Coupe du Monde désastreuse semble lui avoir fait prendre conscience de la nécessité d’un meilleur replacement défensif, tandis que ses qualités techniques au-dessus de la moyenne ont encore débloquées de nombreuses situations offensives. Le progrès du brésilien est ainsi récompensé, même si Jordi Alba peut également prétendre à ce titre, tandis que le jeune Gaya s’impose comme l’un des grands espoirs au poste de latéral gauche.

Krychowiak : Pour sa première saison il a présenté à la Liga ce qu’est un numéro 6 pur et dur. Omniprésent à la récupération, il est une pièce essentielle du  dispositif de Unai Emery. Un combattant de l’Est, qui plus est avec une relance digne de ce nom. Peuvent également être cités Dani Parejo, auteur d’une grande saison à Valence, ou James Rodriguez, qui paye toutefois ses quelques mois de blessures.

Isco : Il a régalé de par la propreté de ses prises de balle et transmissions, même s’il aurait parfois gagné à prendre plus de risques. Évoluant dans un rôle plus défensif que par le passé, il a également été essentiel à la récupération.

Ronaldo : Comment ne pas mettre le Pichichi dans l’équipe type de Liga ? Si son influence sur le jeu du Real aura été moindre, Ronaldo évoluant dans une zone davantage tournée vers la finition, le portugais aura inscrit tout de même 48 buts. Une performance qui tend à être banalisée, mais belle et bien exceptionnelle.

Messi : Après une saison décevante, il a retrouvé son tout meilleur niveau, celui où il est capable de dribbler une défense à lui seul, celui où il est capable d’envoyer le ballon au fond des filets depuis n’importe quelle position. Bref, celui auquel il est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire.

Suarez : L’uruguayen s’est parfaitement adapté aux exigences de son rôle de piston dans le trident offensif, sans oublier pour autant d’être décisif dans les grands matchs.

Griezmann : Intégration réussie pour le jeune français, qui dès sa première saison a dépassé la barre des 20 buts en championnat, et s’est imposé comme le leader offensif de son équipe. Coup de chapeau également à Carlos Bacca, Nolito, Neymar ou Benzema, qui constituent eux aussi les grands attaquants de cette saison de Liga.

Bonus

Pour conclure, comment ne pas évoquer Xavi ? Joueur emblématique du FC Barcelone depuis 16 ans, le catalan s’apprête à disputer son dernier match sous le maillot rouge et bleu samedi soir face à la Juventus, après avoir fait d’émouvants adieux au Camp Nou. Celui qui s’est imposé au cours de sa carrière comme l’un des tous meilleurs milieux de l’histoire du football laissera un gouffre dans le coeur des fans. Mais ses trophées resteront, que ce soit ses 8 titres de champion d’Espagne, ses 3 Ligue des Champions, ses 2 Euros, et la tant convoitée Coupe du Monde. Si vous l’aviez déjà oublié, Xavi c’était ça…

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