Sébastien Girard

Neverkusen est le surnom donné aux fans de Bundesliga pour se moquer du Bayer Leverkusen. Le club est souvent passé proche des titres sans jamais en gagner, sauf une Coupe d’Allemagne et une Coupe de l’UEFA. Mais serait-ce la fin de Neverkusen ? Décryptage.

Chicharito - Bayer Leverkusen

Pep Guardiola considère Roger Schmidt, entraîneur du Bayer Leverkusen, comme l’un de ses modèles pour la façon dont les équipes dirigées par l’Allemand pressent très haut. Schmidt est l’un des meilleurs entraîneurs de Bundesliga pour de nombreux spécialistes. Voulu par le riche promu de Leipzig, il a juré de continuer à entraîner les pensionnaires de la BayArena. Si les ambitions du promu sont très élevées, le RB Leipzig vise même une qualification européenne, celles de Leverkusen le sont encore plus. Dans les hautes sphères du Bayer on ne l’avoue pas mais l’objectif est de remporter un titre. Enfin.

Nerfs fragiles

La saison 2001/2002 explique pourquoi le Bayer a hérité du surnom Neverkusen. Le B04 tenait la tête de la Bundesliga et avait atteint la finale de la Coupe d’Allemagne et de la Ligue des champions. En l’espace de quelques jours, le club a échoué sur tous ces tableaux. Battu par Dortmund lors du dernier match de Championnat, Leverkusen finit à la deuxième place. Schalke 04 s’est ensuite chargé de remporter la Coupe d’Allemagne avant que le Real Madrid de Zinedine Zidane ne batte les Allemands en C1. Depuis, le Bayer n’a toujours rien gagné. Mais cela pourrait changer. Enthousiasmante la saison dernière, mais irrégulière, l’équipe de Roger Schmidt a des raisons d’y croire. Courtisé par plusieurs clubs, Chicharito Hernandez est finalement resté. Hakan Çalhanoğlu portera le maillot de Leverkusen en martyrisant les gardiens adverses. Omer Toprak, leader de la défense, n’a pas cédé aux appels insistants du Borussia Dortmund. Karim Bellarabi non plus. Le seul départ ayant des conséquences est celui de Christoph Kramer pour le Borussia Mönchengladbach, club où il a été prêté pendant deux saisons. Mais le recrutement de  l’Autrichien Julian Baumgartlinger, considéré comme un des meilleurs milieu de terrain de Bundesliga, comble ce vide.

L’arrivée de Kevin Volland, un des espoirs allemand, contre vingt millions d’euros est un bon signe pour l’attaque de Leverkusen, dépendante des performances de Chicharito. D’autant plus que le corps de Stefan Kiessling commence à le faire souffrir. Levin Öztunali, de retour de prêt, pourrait être la surprise de la saison.

Un effectif solide et fourni

Roger Schmidt aura le choix lors de la composition d’équipe, à l’image du Borussia Dortmund et du Bayern Munich. Pour concurrencer les deux puissances du football allemand, le Bayer Leverkusen dispose de 26 joueurs pouvant avoir un impact avec l’équipe première. Cela est important, aussi, pour bien figurer sur tous les tableaux. Ce mix entre jeunes talentueux et joueurs expérimentés est l’essence même du club et la philosophie suivie depuis plusieurs années. Leverkusen dispose de joueurs de qualité à tous les postes. La défense, troisième meilleure de Bundesliga la saison dernière, est restée la même. Les jeunes joueurs comme Wendell, Jonathan Tah, Tin Jedvaj ou encore Julian Brandt, déjà très bons l’an dernier, pourront encore progresser tranquillement. La continuité imposé par la direction du club est intéressante et pourrait offrir son premier titre depuis 23 ans au Bayer Neverkusen.