Paul Bohec

Avec la qualification du Nigéria et de l’Algérie pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde – exploit historique s’il en est puisque c’est la première fois que deux équipes africaines passent les phases de poule lors d’un mondial. Seulement, derrière le succès sportif des équipes africaines engagées dans la compétition – relatif toutefois – se cachent des problèmes bien réels.

Avant même son arrivée sur le sol brésilien, la sélection camerounaise et Samuel Eto’o en tête avaient déjà fait parler d’eux. Refusant de prendre l’avion sous prétexte que leurs primes n’étaient pas assez élevés, les Lions indomptables sont allés jusqu’au bras de fer avec leur sélection qui a fini par abdiquer et agréer à la demande des joueurs. En plus de cette remarquable entrée dans la compétition, les Camerounais n’ont jamais su montré un visage satisfaisant sur le terrain, dans un groupe, certes compliqué, mais où finir avec un zéro pointé de cette manière n’est clairement pas admissible. Sur la pelouse, les joueurs d’un Volker Finke impuissant ont été dépassés, notamment contre la Croatie, match durant lequel s’est illustré Alexandre Song, auteur d’un coup de poing sur un joueur au maillot à damier, mais aussi Benoît Assou-Ekotto et Benjamin Moukandjo qui étaient à deux doigts d’en venir aux mains. Un mondial à oublier donc pour les Camerounais.

Au lendemain du dernier match des Lions indomptables au mondial, c’était au tour des Éléphants d’être sortis de la compétition par la Grèce dans les derniers instants du temps additionnel. Si cette nouvelle sortie prématurée pour cette fabuleuse génération ivoirienne fait tâche, d’autant plus que les joueurs de Sabri Lamouchi avaient toutes les cartes en main au coup d’envoi du match, ce n’est rien comparé au nouveau scandale qui a entouré la sélection. Alors que les médias se félicitaient de l’excellente attitude de Didier Drogba qui acceptait sans broncher de prendre place sur le banc, ce dernier décidait avant le match face à la Grèce de récupérer le brassard que portait Yaya Touré jusqu’à présent ce qui a eu le don de jeter un froid dans le vestiaire ivoirien comme le rapporte Afrik.com.

Didier Drogba et le brassard de capitaine Yaya Touré

Après ces deux sélections, c’est le Ghana qui a extrêmement déçu alors que l’on attendait énormément des Black Stars après leur très beau mondial en 2010. Alors que l’ambiance était déjà extrêmement houleuse la faute à des primes qui n’arrivaient pas, les milieux de terrain Kevin Prince Boateng et Sulley Muntari ont été exclus du groupe pour avoir été les acteurs d’une dispute très violente avec le sélectionneur et des membres du staff. Le joueur de Schalke 04, transparent lors des deux premiers matchs, aurait selon certaines sources agressé Kwesi Appiah avant que son coéquipier ne s’en prenne au délégué du ministère des sports. Si les faits sont encore flous, c’est dans cette ambiance délétère que le Ghana a joué son dernier match de la compétition face à un Portugal, lui aussi éliminé. Avec un seul point au compteur, les quarts de finaliste de la dernière édition repartent donc la tête basse et avec une bien piètre image de leur présence au Brésil.

Si la triste série noire africaine aurait pu et du s’arrêter aux trois équipes éliminées du mondial, le chef des sports de 20 minutes, Antoine Maes, a vécu une folle journée hier en suivant la sélection du Nigéria. Qualifiés pour les 8e de finale et adversaires de la France, les Super Eagles ont cependant refusé de monter dans le bus pour aller s’entraîner. Si la raison officielle est le jour de repos accordé par le sélectionneur aux joueurs, la réalité est bien autre. En effet, à cause de primes non versées, les coéquipiers du portier lillois Vincent Enyeama ont décidé de ne pas se rendre à l’entraînement prévu à 18h heure locale et ont affirmé vouloir toucher leurs primes avant de s’entraîner de nouveau. Le directeur général de la sélection s’est donc envolé en urgence aujourd’hui pour s’occuper de cette affaire qui risque de donner encore une fois une bien mauvaise image du football africain, peu en fête durant le mondial.

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