Carlos Bacca, l’autre buteur colombien

Alors à Bruges, Bacca exhibe fièrement le drapeau colombien.

Le peuple colombien ne forme qu’un avec son équipe de foot. Ainsi, en ce jour du 22 janvier 2014, lorsque le défenseur de Chasselay Soner Ertek a gravement blessé la vedette colombienne de Monaco Falcao, c’est toute une nation qui a partagé la douleur de sa star et l’incertitude quant à sa participation au Mondial. Mais, même si le sort de Falcao est toujours incertain et qu’il pourrait manquer la Coupe du monde, son absence ne constituerait pas une perte irremplaçable pour la Colombie. Pourquoi ? Parce que le Monégasque a une doublure en sélection. Et pas n’importe qui, Carlos Bacca. Le buteur du FC Séville (1,81 m, 27 ans), nominé aujourd’hui dans le onze-type de Liga de Marca, pourrait ravir la place de Falcao et être aligné par son sélectionneur José Pekerman.

Alors à Bruges, Bacca exhibe fièrement le drapeau colombien.
Alors à Bruges, Bacca exhibe fièrement le drapeau colombien.

Pour Carlos Bacca, tout a commencé à Barranquilla, quatrième ville de Colombie, où il est né le 18 septembre 1986. Issu d’une famille modeste, éduqué dans la religion chrétienne et la foi en Dieu qu’il n’a jamais quitté, Bacca est formé chez les jeunes de l’Atlético Nacional, un club colombien où, à la grande époque des années 1990, jouaient les illustres Carlos Valderrama et René Higuita, ou encore le tristement célèbre Andrés Escobar. Devenu pro à 20 ans, le jeune attaquant est prêté à des clubs de deuxièmes divisions colombienne et vénézuélienne, avant de creuser son trou à l’Atlético Nacional à partir de la saison 2009/2010. En terminant meilleur buteur du tournoi d’ouverture 2010, il s’ouvre les portes de la sélection colombienne, et attire sur lui l’œil des recruteurs européens.

C’est en janvier 2012 que Bacca saisit l’opportunité de jouer en Europe. Destination : la Belgique, du côté du FC Bruges. Bacca cire le banc, avant que Bruges ne se décide à vendre, à l’été 2012, son buteur nigérian Joseph Akpala. Le déclic se produit. Le Colombien saute sur l’opportunité et se transforme en une inarrêtable machine à marquer. En 2012/2013, il inscrit ainsi 25 buts en 35 rencontres de Jupiler ProLeague (dont 22 en 25 matchs de saison régulière), ce qui fait de lui le meilleur buteur du championnat. Sans surprise, il reçoit le trophée du Footballeur Pro de l’Année en Belgique. De nombreux clubs espagnols jettent alors leur dévolu sur le joueur. Parmi eux, le FC Séville, qui parvient à s’attacher, à l’été 2013, les services de Bacca, en échange de 9 millions d’euros.

Carlos Bacca célèbre ses buts agenouillé et les index pointés vers le ciel pour remercier Dieu.
Carlos Bacca célèbre ses buts agenouillé et les deux index pointés vers le ciel pour remercier Dieu.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la mayonnaise a pris dans la capitale andalouse. Comme le rapporte So Foot, il est à peine arrivé à Séville que le coach Unai Emery le pousse à perdre cinq kilos. En 35 matchs de championnat, Bacca inscrit 14 buts, et délivre 9 passes décisives, preuve qu’il met en pratique l’altruisme que requiert sa religion chrétienne. Pas vraiment des stats de pichichi (statut qu’il pourrait acquérir dans le futur) mais juste de quoi en faire le meilleur buteur du club. L’avant-centre est très mobile, jamais là où on l’attend, déstabilisant, imprévisible et capable de se muer en un impitoyable renard des surfaces. C’est un artisan de la victoire finale de Séville en Europa League, aux côtés des Rakitic, Gameiro, Marko Marin et consorts : il a en effet largement contribué aux qualifications face à Porto et Valence.

Une dernière question subsiste : comment Bacca peut-il être la doublure de Falcao, alors qu’Adrian Ramos (Hertha Berlin, déjà transféré au Borussia Dortmund pour la saison prochaine) a inscrit 16 buts en Bundesliga, que Jackson Martinez (Porto) en a planté 20 en Liga Sagres, que Luis Muriel s’impose à l’Udinese, et que Victor Ibarbo (Cagliari) se sublime en sélection ? Tout d’abord, Jackson Martinez n’a pas la confiance de José Pekerman. Ibarbo, lui, s’apparente plutôt à un joker de luxe qui ne devrait rentrer qu’en cours de match. Muriel n’a pas fini de creuser son trou tandis que Ramos avait vécu sa dernière sélection sous le maillot colombien en 2011…

Une aubaine pour Carlos Bacca qui, en dépit des critiques quant à son rendement en équipe nationale, devrait profiter de l’absence (au moins pour le début sinon pour la totalité du Mondial) de son compatriote Falcao. Pour le meilleur ? Espérons-le. En tout cas, qu’un joueur comme lui ne soit que doublure de Falcao est la preuve de l’évidente abondance offensive des Colombiens. Que bien des nations leur envient.

© Photonews / © goal.com

A propos de Benjamin Mondon 196 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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