C’est la crise à Lyon

Sylvinho fait désormais partie du club très fermé des coachs renvoyés en cours de saison par Jean-Michel Aulas.

A la fin de la saison dernière, les supporters avaient obtenu la tête de Bruno Génésio, accusé de trahir l’identité de jeu de l’Olympique Lyonnais (pourtant 3e du championnat). Sa philosophie de jeu ? Trop défensive et pas assez ambitieuse, pour ses détracteurs. Pour redonner des couleurs à son équipe et du baume au coeur des supporters, Jean-Michel Aulas avait alors frappé fort. La légende Juninho avait repris la direction sportive, intronisant son compatriote Sylvinho entraîneur de l’équipe première.

Mais seulement quelques mois après, rien ne va déjà plus à Lyon. Sylvinho a été remercié hier, après seulement 2 victoires en 9 journées de L1. 14e du championnat, l’OL n’est qu’à un point de la lanterne rouge, et a coulé dans le derby face à Saint-Etienne (1-0). Surtout, le jeu lyonnais est jugé… trop défensif et pas assez ambitieux. La révolution tant promise paraît déjà compromise.

Sylvinho, pas forcément le meilleur choix pour Lyon

Avant d’officier à Lyon, le CV du coach Sylvinho semblait bien maigre. Quelques expériences d’assistant à l’Inter Milan et dans l’encadrement de l’équipe nationale brésilienne, puis c’est tout. Sylvinho n’avait jamais été à la tête d’une équipe professionnelle avant d’arriver à Lyon. Cela s’est vite vu.

Les deux victoires obtenues lors des deux premières rencontres de Ligue 1 n’étaient qu’un trompe-l’oeil. A l’heure où le jeu tourné vers l’offensive revient à la mode, la philosophie proposée par Sylvinho semblait en décalage avec son temps : un jeu trop défensif, des latéraux qui se cantonnent à défendre, et des atouts offensifs souvent laissés sur le banc (Houssem Aouar, Jeff Reine-Adélaïde, Moussa Dembélé). Surtout, le coaching de Sylvinho inquiétait. Il se bornait souvent à des changements au poste pour poste. Et ces changements n’intervenaient qu’en toute fin de match, sans modification du dispositif mis en place.

Malgré un bilan correct en Ligue des Champions (un nul et une victoire), la prudence de Sylvinho lui aura finalement coûté cher. Rajoutons à cela un manque d’emprise sur le groupe lyonnais du fait de son inexpérience et de la barrière de la langue, et on obtient les ingrédients d’un cuisant échec.

L’attitude des joueurs en cause

L’attitude de plusieurs cadres du groupe pose également question. Toujours étincelant avec la sélection néerlandaise, Memphis Depay n’est souvent que l’ombre de lui-même avec Lyon. Une indiscipline sur le terrain que l’on peut également reprocher à Bertrand Traoré ou aux recrues Thiago Mendes et Joachim Andersen. Aucun problème de comportement hors du terrain n’a filtré, mais on sent que l’implication fait parfois défaut pour certains.

Si Sylvinho n’a finalement pas su y remédier, Génésio n’y était pas arrivé non plus, et il n’est pas certain que le prochain entraîneur de l’OL y parvienne. Un successeur qui pourrait être Gérald Baticle, actuel intérimaire, Laurent Blanc ou alors Rémi Garde.

Juninho – Aulas, une gouvernance à revoir ?

En laissant la direction sportive à Juninho (dont c’était la première à ce poste), Jean-Michel Aulas voulait sans doute se tenir éloigné du sportif. A peine quelques mois plus tard, il va pourtant y retourner.

Le tandem Sylvinho – Juninho, c’est déjà du passé.

Seul aux commandes, Juninho avait choisi Sylvinho comme coach, et dirigé le recrutement de Lyon : Joachim Andersen, Youssouf Koné, Jeff Reine-Adélaïde, Thiago Mendes sont venus renforcer l’équipe première. Sur le papier, les départs de Nabil Fekir, Ferland Mendy et Tanguy Ndombélé avaient ainsi été palliés. La réalité était toute autre.

Avec le renvoi illico de Sylvinho, Juninho semble aussi en délicatesse auprès de son réseau. Quel entraîneur acceptera désormais un rôle de fusible, pour payer des erreurs qui sont en partie le fait de la direction sportive ? Car non, Juninho n’a pas plus de mainmise que son coach sur le groupe, alors qu’il a lui aussi un rôle d’encadrement.

Juninho est un novice, dont la venue s’est faite essentiellement pour calmer les supporters. Certes, son statut et son aura rendent improbable son renvoi. Mais il a encore beaucoup à apprendre de sa fonction avant de pouvoir être autonome. L’erreur d’Aulas a été de lui laisser beaucoup d’autonomie trop tôt. Une erreur dont le vieux sage s’est vite rendu compte. JMA est donc déjà de retour aux affaires sportives à Lyon. Reste à savoir si ce retour est juste temporaire ou bel et bien définitif.

A propos de Benjamin Mondon 205 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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