Chroniques d’un stade-trotter : Episode 1

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Amateurs de football étranger, mes amis et moi avons maintenant pour habitude de nous rendre chez nos voisins frontaliers pour aller voir ce qu’il se passe dans leur championnat de nos propres yeux. Après avoir vu un joli QPR – West Bromwich Albion puis un exceptionnel Hoffenheim – Wolfsburg (6-2, excusez du peu !), nous nous dirigions à présent vers l’Allemagne et les Pays-Bas pour un week-end bien rempli ! Au programme : visite du Signal Iduna Park de Dortmund puis les matchs du Bayer Leverkusen et du PSV Eindhoven !

Notre périple footballistique commence le vendredi soir à minuit dans la banlieue lyonnaise. Chauds comme des baraques à frites, nous nous lançons pour plus de 8h de route. Avec plusieurs pauses, dues à l’heure tardive, nous arrivons finalement dans la ville de Dortmund. Le Signa Iduna Park nous attend, bien planté là où il devrait l’être. Comme tout bon fan de football qui se respecte, nous nous dirigeons directement vers la boutique du club. Extraordinaire. Ce n’est pas seulement la boutique officielle du club, c’est un lieu de détente pour toute la famille. Bar, cafétéria, petit terrain de foot pour enfants et bien sûr tous les produits dérivés du club sont présents ! La boutique du BVB est une vraie sortie, tout comme faire un tour au centre commercial. Concernant les produits dérivés, ils sont très nombreux. Vous voulez faire des muffins avec le logo du club ? Possible ! Vous voulez une réplique du Signal Iduna Park chez vous ? Seulement 15€ ! Bref, il y a de tout et c’est un vrai plaisir de passer du temps dans ce temple du BVB.

La boutique du Borussia Dortmund
La boutique du Borussia Dortmund

Mais l’envie de visiter le stade en lui-même se fait rapidement ressentir. Nous nous dirigeons donc vers le Borusseum et achetons nos places pour la visite guidée, en allemand (qu’aucun de nous ne parle). Bonne surprise, le tour ne coûte que 10€ par personne alors que, en comparaison, la visite de l’Emirates Stadium d’Arsenal coûte 60€. Le musée est tout à fait remarquable, notamment la fresque récapitulant tous les matchs européens joués à l’extérieur par le BVB et, bien sûr, la réplique de la Ligue des Champions de 1997 ! Exposée dans une petite salle sombre aux côtés d’une réplique du bouclier de champion d’Allemagne, de la Coupe des Coupes de 1966 et de la coupe d’Allemagne. La visite commence par une vidéo de présentation du club, rappelant les grandes victoires du club avec des images exclusives et impressionnantes des célébrations dans les rues de Dortmund. Puis la vraie visite commence… par 30 minutes de blabla dans les couloirs du stade. N’étant pas germanophones, l’ennui nous gagne rapidement. Cependant, les anecdotes racontées ont l’air intéressantes et drôles mais nous ne les comprenons pas. Enfin nous entrons dans la zone mixte puis les vestiaires et enfin… le terrain ! La pelouse est à portée de main, c’est un véritable billard. Nous nous prenons à rêver que notre guide ait prévu une séance de tirs au but mais évidemment, il n’en est rien. Petit tour sur le banc du BVB avec des sièges très confortables et chauffants avec une vue imprenable sur le terrain (on comprend pourquoi Pierre-Emerick Aubameyang n’est pas mécontent d’être sur le banc) ! La visite se termine par la montée d’une tribune, malheureusement pas la Südtribune, puis tout le monde est prié de partir. Très bien, il est temps de se rendre à Leverkusen pour le match du Bayer !

Avec 1h30 devant nous, nous pensions que nous aurions le temps de faire quelques amplettes, des photos de la BayArena. Et bien non ! Alors que Dortmund et Leverkusen ne sont distants que de 45 minutes, il nous a fallu 1h30 pour arriver, la faute à un bouchon. Nous manquons le coup d’envoi et nous nous installons à nos places aux alentours de la troisième minute. Positionnés en tribune latérale, tout près du kop et du terrain, on ne pouvait presque pas rêver mieux ! Les ultras du Bayer sont là, bruyants, sautant sur place, frappant dans leurs mains, tout comme ceux du Hertha Berlin venus en nombre soutenir leur équipe. La première chose qui nous marque est l’originalité du stade. En effet, la BayArena ne dispose que d’un virage, l’autre étant réservé exclusivement aux loges. Le toit est très ouvert, en cercle. Le match est d’une intensité incroyable, d’où nous sommes placés on peut vraiment voir la dureté des contacts et on se dit qu’on n’aimerait pas être au duel avec John Brooks, le rugueux défenseur central du Hertha ! Stefan Kiessling sera certainement de notre avis, lui qui a passé la majorité du temps au sol. Les joueurs de Leverkusen ne sont pas précis offensivement, seul Karim Bellarabi parvient à déstabiliser une défense de Berlin bien compacte. Malheureusement, c’est le Hertha qui ouvre le score sur un but contre son camp de l’excellent Tin Jedvaj à la 24ème minute. Le jeune défenseur reste allongé quelques secondes par terre, les bras en croix alors que ses coéquipiers viennent lui glisser des mots d’encouragement. Pour ne pas qu’il se déconcentre, le jeu passe souvent de son côté et il livrera une très belle prestation.

Stefan Kiessling au sol après un duel rugueux.
Stefan Kiessling au sol après un duel rugueux.

Peu inspirés en première période, les joueurs du Bayer vont réagir en seconde. Heung-Min Son sort à la mi-temps pour laisser sa place à la pépite Julian Brandt. Le blondinet va tout changer, dynamitant la défense grâce à ses appels bien sentis et sa combativité. Le jeune Hakan Calhanoglu, peu en réussite lors des 45 premières minutes, va se ressaisir et sauver son match. L’égalisation de Tin Jedvaj à la 50ème minute nous a fait penser à une fin de match palpitante. Et nous ne nous sommes pas trompés ! Dix minutes plus tard, Julian Schieber redonne l’avantage aux visiteurs après que Bernd Leno n’ait pas eu la main assez ferme pour repousser le danger. Mais deux minutes plus tard, c’est Emir Spahic qui égalise de la tête après une magnifique combinaison sur coup franc ! Le match était définitivement lancé, les fans faisaient parler la puissance de leurs cordes vocales. L’intensité est montée d’un cran, les duels se sont durcis encore un peu plus, les insultes fusaient dès que Stefan Kiessling prenait un coup. Puis à la 74ème minute : la délivrance. Julian Brandt inscrit le troisième but pour Leverkusen qui sera synonyme de victoire. La fin de match est haletante, Nico Schulz (excellent une nouvelle fois) et ses coéquipiers du Hertha essayent d’arracher le point du match nul, en vain. C’est même Karim Bellarabi qui inscrira un quatrième but, le plus beau, sur un centre de Julian Brandt que tout le monde pensait raté. Finalement, c’est une victoire 4 – 2 pour Leverkusen, méritée face à un Hertha ultra réaliste. La défense du Bayer nous a tout de même paru très solide alors que l’animation offensive, bien que potentiellement exceptionnelle, nous a paru à la peine. A la fin du match, tout le stade se lève mais personne ne part. Plus de 27000 personnes applaudissent bruyamment leurs héros qui entament un tour d’honneur remerciant notamment les ultras.

 

Le kop célébrant la victoire.
Le kop célébrant la victoire.

 

Eindhoven n’étant qu’à 1h30 de route, nous décidons d’y aller directement après le match tout en n’oubliant pas de goûter aux saucisses allemandes ultra grasses. Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà devant le Philips Stadion. Le stade du PSV est un véritable joyau. Il n’y a pas d’autre mot. L’organisation du club est parfaite. Nous allons donc chercher nos packages (pour ceux que ça tenterait, un package est composé de la place à 26€, de 20€ de bon d’achat et 11€ pour acheter à manger et boire, le tout pour 57€) et nous voilà à l’assaut de la boutique. Un tour au fanstore vous prouve à quel point les fans aiment leur équipe. Chacun achète un maillot, une écharpe ou autre chose qui porte le logo du PSV. Il faut s’activer alors on prend un maillot et une écharpe et on est le parfait petit supporter du PSV ! Direction le match maintenant ! Placés dans l’angle du virage ouest (parce qu’au Philips Stadion les virages sont à l’est et à l’ouest), nous avons une belle vue sur le match.

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Après une minute de silence en l’honneur de Pedro Salazar Hewitt, ancien chef de presse du PSV, parfaitement respectée le match peut commencer. Une banderole “Merci pour tout ce que tu nous as apporté” a été déployée à son honneur, moment très émouvant. Mais le football reprend vite ses droits. Première demi-heure globalement dominée par les joueurs du Vitesse Arnhem dont Zakaria Labyad, formé au PSV, qui s’est fait très copieusement sifflé tout au long du match. Il s’est même reçu plusieurs verres de bière lorsqu’il a tiré un corner ! Petite déception néanmoins, aucun groupe de supporters ne se distingue parmi les fans qui ne chantent que quand le PSV a la balle, malgré de très nombreuses insultes envers l’arbitre lorsqu’une décision ne plaisait pas aux fans. Nous avons eu le droit à un festival de passes manquées, souvent dans le mauvais timing. La fin de première période donne lieu à une amélioration du jeu proposé et les occasions commencent à arriver pour le PSV, alors que Vitesse a déjà obligé Zoet, le gardien de Eindhoven, à s’employer plusieurs fois. Luciano Narsingh monte en puissance et l’animation offensive de l’équipe va mieux. Juste avant la pause, Memphis Depay déclenche nonchalamment une frappe aux 30 mètres qui finit sa course sur la barre. Tranquille. Toujours 0 – 0 à la mi-temps mais nous avons bon espoir de voir des buts.

Célébration du but de Luuk De Jong.
Célébration du but de Luuk De Jong.

Et au retour des vestiaires, ça ne traîne pas ! Luuk De Jong ouvre le score sur une action pleine d’opportunisme et surtout de contres (très) favorables pour les joueurs du PSV. La foule est en délire, les écharpes tournoient, les voix se cassent et le public se réveille. A présent, les chants sont plus nombreux, plus puissants. Le PSV va pousser pendant une vingtaine de minutes pour essayer de doubler la mise, en vain, et c’est le Vitesse qui reprend la main sur le match. Luciano Narsingh sort, ovationné à juste titre par le Philips Stadion. Tout comme Andrès Guardado, nouvel arrivant et maître du milieu de terrain. Le mexicain a donné le ton à son équipe, tel Andrea Pirlo. Souvent dominateur, rarement dangereux, c’est ce qui peut résumer le match du Vitesse. La maîtrise technique est là, les intentions aussi mais dans les 30 derniers mètres il ne se passe pas grand chose. Zakaria Labyad essaye de tout faire tout seul alors que Bertrand Traoré a, lui, réalisé un très bon match. Finalement, le PSV va inscrire un deuxième but en contre-attaque alors que Memphis Depay a bénéficié de deux contres favorables. Adam Maher est à la finition, compliquée d’ailleurs. Le match se termine tranquillement et le week-end footballistique aussi. Ce fut une expérience formidable une nouvelle fois. A bientôt, je l’espère, pour de nouvelles découvertes footballistiques !

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