Chroniques d’un stade-trotter : Leverkusen & Wolfsburg

A l’occasion de la première journée de Bundesliga, un petit road trip en Allemagne s’imposait. Au programme de ce weekend : des kilomètres, beaucoup, et du football, surtout ! Retour à la BayArena de Leverkusen et découverte de la Volkswagen Arena de Wolfsburg avec un parcage visiteurs plein.

Volkswagen Arena - Wolfsburg

La Bundesliga a repris ses droits ce weekend et nos voyages au pays des Teutons également. Pour cette première journée de championnat, le programme était trop alléchant pour passer à côté. Le Bayer Leverkusen recevait Hoffenheim, équipes que nous avions déjà vu lors de précédents voyages, pour un match qui s’annonçait passionnant et rythmé. Il y a moins d’un an, notre première visite à la BayArena nous avait laissé un souvenir impérissable avec une avalanche de buts. Cette année, moins de buts mais un rythme fou.

De la bière et l’amour de Stefan Kiessling

Dire que les supporters de Leverkusen aiment Stefan Kiessling serait un euphémisme. Le meilleur buteur de la Bundesliga en 2013 a conquis le coeur des fans et n’en est jamais ressorti. La simple évocation de son nom fait se lever le stade d’un seul homme, des étoiles plein les yeux. La star du Bayer, c’est lui, et il porte à merveille ce statut de chouchou du public. L’équipe joue pour lui et s’appuie sur ses qualités pour briller, ce qui a été le cas lors de la rencontre face à Hoffenheim. Alors que le TSG prenait l’avantage par Zuber, qui a profité des espaces laissés par Wendell et Papadopoulos pour se présenter face à Bernd Leno et ouvrir le score, Stefan Kiessling a remis son Bayer sur les rails juste avant la mi-temps.

Peu inspirés offensivement, les hommes de Roger Schmidt ont pourtant trouvé la faille après une frappe à l’entrée de la surface du latéral gauche très offensif du club, Wendell, mal repoussée par Oliver Baumann. Il n’en fallait pas tant à Stefan Kiessling qui, bien placé, s’est empressé de pousser le ballon au fond des filets. L’utilité de l’attaquant dans le jeu de Leverkusen ne saurait être décrite. Son jeu tout en déviation, son habileté dans le jeu aérien et sa lecture des trajectoires en font un des meilleurs attaquants en pivot que nous ayons vu. Son habitude à brouter le gazon tel un Mathieu Valbuena lors de ses premières années marseillaises n’enlève rien aux qualités du joueur. La mi-temps arrivant, il est l’heure pour les supporters d’aller remplir les gobelets de bière pour être parés pour le second acte.

Bayer Leverkusen - Hoffenheim - Calhanoglu

Ce n’était certainement pas le plus beau match qu’il nous ait été donné de voir, mais il était très intéressant tactiquement. Positionné milieu gauche, Hueng-Min Son faisait plutôt office d’électron libre alors que Wendell, arrière gauche, prenait position sur l’aile. En réponse à cela, Hoffenheim, par le biais de Jonathan Schmid et Zuber ont multiplié les contre-attaques lancées dans le dos du défenseur brésilien. Heureusement, Jonathan Tah a livré un match impressionnant en défense centrale (voir le classement des meilleurs jeunes du weekend), coupant systématiquement les actions du TSG. Le jeune défenseur a été applaudi par la BayArena après son excellente performance.

En panne d’inspiration offensive, les joueurs du Bayer ont vu rentrer Julian Brandt et Admir Mehmedi. Deux rentrées en jeu qui ont changé l’issue de la rencontre. Le Suisse était tout simplement intenable. Toujours en mouvement, il a tout réussi, à l’exception d’une chose. Alors qu’il avait, une nouvelle fois, dribblé plusieurs adversaires et s’était encore créé une occasion, Admir Mehmedi a complètement loupé son face à face, qui aurait pu mettre définitivement à l’abri le Bayer. Son entente avec Julian Brandt est déjà excellente et ce duo a fait mal à Hoffenheim. La jeune pépite allemande a donné la victoire à Leverkusen et a fait exploser le stade. Face au kop, le feu follet à la technique impressionnante a crucifié le portier du TSG et offre trois points précieux à son équipe face à un club qui va, cette saison encore, jouer les trouble-fêtes.

Kevin De Bruyne - Volkswagen Arena - Wolfsburg
Pas de doute, nous sommes bien à Wolfsburg…

Des ultras et un roux bien à la peine

Après une bonne nuit de sommeil, le moment tant attendu arriva : Wolfsburg reçoit l’Eintracht Francfort. Les visiteurs sont réputés pour venir en nombre soutenir leur équipe et, surtout, chanter énormément. La réputation des fans de Francfort est loin d’être usurpée. Au milieu des nombreux maillots de Wolfsburg, parmi lesquels on peut apercevoir les noms de Dzeko, Grafite ou même Bendtner, apparaissent ponctuellement les couleurs rouge et noir caractéristiques de l’Eintracht. Puis, en faisant le tour du stade, nous nous sommes retrouvés devant le virage sud de la Volkswagen Arena, endroit où seront parqués les fans adverses. Soudainement, nous sommes bien seuls au milieu d’une marée de supporters de l’Eintracht. Dans le stade, le parcage visiteurs est plein à craquer et de nombreux supporters de Francfort ont pris leurs places dans d’autres tribunes. Et ils font du bruit, bien plus que les ultras de Wolfsburg dont les chants sont couverts par les “Eintracht ! Eintracht ! Eintracht” des habitants de la ville à la saucisse.

Dans une bien belle enceinte, l’ambiance est magnifique (voir vidéo). Tout est réuni pour nous livrer un beau match de football. Les locaux déplorent les absences d’André Schürrle, Luiz Gustavo et du gardien Diego Benaglio. Rapidement, le scénario de la rencontre ressemble à celui de la veille. Les Loups prennent logiquement le jeu à leur compte et gardent la possession du ballon mais sans réelles idées. Ricardo Rodriguez est, lui aussi, un latéral très offensif et il laisse souvent des beaux boulevards derrière lui (demandez à Didier Deschamps). Haris Seferovic, très actif tout au long de la rencontre, l’a bien compris et a multiplié les appels en profondeur sur le côté du Suisse. C’est d’ailleurs de là qu’est venu le premier but de la rencontre, inscrit par Seferovic. Les supporters de Francfort ont hurlé leur joie avant de s’apercevoir que l’ouverture du score n’avait pas été validée à cause d’une position de hors-jeu de l’attaquant.

La star de Wolfsburg, Kevin De Bruyne a erré comme une âme en peine tout au long de la rencontre. D’abord positionné sur un côté, pour laisser l’axe à Max Kruse, le Belge a perdu ses repères. Au fil des minutes, le diable rouge a retrouvé l’axe et a commencé à mieux jouer. Annoncé du côté de Manchester City, Kevin De Bruyne n’a pas réussi à assumer son statut de meilleur joueur de la saison mais ce n’était que la première journée. Heureusement pour Wolfsburg, les Loups se sont imposés grâce à des buts signés Bas Dost et Ivan Perisic. Le Croate a ouvert le score d’une tête décroisée parfaite sur un centre de Ricardo Rodriguez, qui prouve qu’il fait partie des meilleurs à son poste. Bas Dost a donné la victoire aux siens grâce à une frappe surpuissante sous la barre, alors qu’il n’était qu’à quelques mètres des cages. En l’absence du champion d’Europe Luiz Gustavo, Maximilian Arnold prenait place au coeur du jeu en compagnie de Josuha Guilavogui. Le duo de récupérateurs s’est montré excellent et parfaitement complémentaire, avec un Arnold excellent relanceur alors que l’ancien stéphanois s’occupait plutôt de la récupération du ballon. Du côté de l’Eintracht, outre l’excellent match de Seferovic, il convient de noter la performance de Luc Castaignos. L’ancien de Twente a montré toute sa technique dans les petits espaces, notamment sur une action où il a ridiculisé l’intégralité de la défense de Wolfsburg.

La Volkswagen Arena est accueillante, chaleureuse même si moins passionnée qu’il ne le faudrait. L’équipe est enthousiasmante et le spectacle reste de qualité avec un speaker particulièrement motivant, même si l’allemand est loin d’être notre langue préférée. Cette découverte de la ferveur des supporters de l’Eintracht Francfort ne nous a pas laissé de marbre et il se pourrait que, dans un prochain épisode, votre serviteur vous relate un voyage à la Commerzbank Arena.

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