Cinq leçons à tirer de PSG – Real Madrid (3-0)

Attendu par tous les amateurs de football, le choc du groupe A de la Ligue des Champions a tenu ses promesses. Spectaculaire, il l’a été : sur un score sans appel de 3-0, le PSG a giflé le Real Madrid. Il y avait un monde d’écart entre les deux équipes, et plusieurs enseignements à tirer.

1. Ce PSG-là a fait preuve de caractère…

On a souvent reproché au PSG de manquer de caractère, de ressources, de se liquéfier dans les grands matchs. On repense bien sûr à la remontada infligée par Barcelone, à celle reçue contre Manchester United ou encore il y a cinq ans face à Chelsea.

Si le contexte du match de mercredi est très différent (un match de poules, sans élimination directe), il faut quand même souligner la performance du PSG. Très agressifs, les joueurs de Thomas Tuchel ont rapidement ouvert le score par Angel Di Maria. L’Argentin s’est offert un doublé et a fait le break avant la pause. En seconde période, les Parisiens ont su gérer leur avance, ce qui leur a très souvent manqué par le passé. Ils ont su défendre en bloc compact face à des Madrilènes qui n’auront jamais trouvé la faille. Avant de tuer le match sur un contre, dans le temps additionnel.

Attention toutefois de ne pas retomber dans des travers bien connus. L’excès de confiance n’a jamais, jamais, profité à Paris.

2. … et ce Real-là en manquait cruellement

Au Parc des Princes, le Real s’est présenté amoindri, privé de quelques-uns de ses cadres. Sergio Ramos, Luka Modric ou encore Marcelo, autant de leaders qui étaient indisponibles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces absences se sont vues.

Face à la furia parisienne, le Real a été mis K.O. dès le début. Et n’a jamais été en mesure de contre-attaquer. Alors oui, si la VAR n’avait pas repéré sa main, Gareth Bale aurait réduit l’écart d’un but extraordinaire avant la mi-temps. Mais ce coup de génie-là était bien trop rare.

Capitaine d’un soir, Karim Benzema a traversé la rencontre comme un fantôme. Bale et Eden Hazard, nouvelles figures de proue de ce Real, n’ont pas pu sauver le navire merengue du naufrage. Associé en défense au novice Eder Militao, Raphaël Varane a dû se sentir bien seul. Et Zinédine Zidane, lui, est désormais fragilisé.

3. La concurrence fait du bien à Paris

Face au Real, le PSG était pourtant loin d’être favori. Les trois titulaires “indiscutables” en attaque étaient indisponibles. Edinson Cavani et Kylian Mbappé étaient blessés, et Neymar était suspendu. Pour les remplacer, Tuchel a donc aligné Pablo Sarabia, Angel Di Maria et Mauro Icardi. Si le premier a réalisé une prestation assez quelconque, le second a illuminé la soirée de son génie, gagnant presque le match à lui seul avec ses deux buts. Quand au troisième, il a été utile dans les mouvements collectifs, dans un rôle de pivot qui n’est pas son registre naturel. Les cartes pourraient donc être rebattues devant lorsque la “MCN” sera à nouveau disponible.

Derrière, c’est Idrissa Gueye qui a tenu la baraque. L’ex-taulier d’Everton, débarqué cet été, n’apparaissait pas forcément comme un titulaire potentiel. Mais depuis le début de la saison, il marque des points, poussant Tuchel à changer ses schémas tactiques. Ander Herrera, arrivé dans la peau d’un titulaire, est lui au contraire devenu un super remplaçant.

La défense n’est pas en reste, avec un Abdou Diallo capable de suppléer Thiago Silva ou Marquinhos. Jamais Paris n’avait gagné un grand match grâce à son banc. Avec autant d’options à sa portée, le PSG se débarrasse de ses certitudes. De quoi pousser chaque joueur, y compris la superstar Neymar, à donner le meilleur de lui-même pour gagner sa place et aller le plus loin possible. Voilà le premier effet de la révolution Leonardo, redevenu directeur sportif cet été.

4. Pour le Real, ça sent la fin d’un cycle

Les leaders du Real vieillissent. Ramos, Modric, Benzema, Bale : tous ont la trentaine ou l’ont largement dépassée. Autant dire que l’équipe-phare de ces dernières années fait désormais bien pâle figure. Éliminé en 8e de finale par l’Ajax l’an dernier, le Real n’a pas l’air de pouvoir espérer mieux cette année. Avec sa défaite à Paris, il reverra sans doute ses grandes ambitions à la baisse.

L’homme providentiel du Real ces dernières années n’était peut-être pas Zinédine Zidane. Parti à la Juventus, Cristiano Ronaldo a laissé un vide qui n’a toujours pas été comblé. La capacité du Real à rebondir dépendra donc du renouvellement de ses leaders, et cela prendra sans doute plusieurs années.

5. Le match des gardiens : Keylor Navas 1-0 Thibaut Courtois

Keylor Navas est connu pour son humilité et reste quelqu’un d’assez taiseux. Difficile aujourd’hui de l’imaginer clamer sa rancœur d’avoir vu le Real le pousser vers la sortie. Pourtant, mercredi soir, le Costaricien a pris une belle revanche. Sur Madrid mais aussi sur son successeur, Thibaut Courtois. Un successeur qui l’a sorti des buts madrilènes sans vraiment y avoir fait ses preuves, et alors que Navas y avait tout gagné.

S’il n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent, Navas dégage de l’assurance et de la sérénité. Tout ce dont le PSG avait besoin. Et tout le contraire de Courtois, pas exempt de tout reproche et jamais vraiment décisif depuis son arrivée à Madrid. Le meilleur gardien de la Coupe du Monde 2018 l’aura donc compris : il ne sert à rien d’avoir la possession, même celle de son propre but.

A propos de Benjamin Mondon 205 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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