Les cinq pires matchs des Bleus

En cette longue période de confinement qui s’annonce et pour faire suite à notre article sur les meilleurs matchs de l’équipe de France, il m’est venu l’idée de vous présenter un flop 5 des pires matchs. Eh oui, nous avons peut-être gagné deux Coupes du Monde et deux Coupes d’Europe, mais nous avons aussi eu quelques moments gênants dans notre histoire footballistique.

5) Chypre – France (1-1), 1988, qualifications pour la Coupe du Monde 1990

Ah, les matchs éliminatoires de l’équipe de France et leurs échecs improbables… Celui-ci est un condensé de tout ce qui n’allait pas dans cette équipe de France en pleine transition post-Platini. Les successeurs, dont Jean-Marc Ferreri, ont du mal à se hisser à la hauteur de leurs illustres prédécesseurs. Et l’équipe de France sombre ce jour d’automne dans le ridicule le plus complet. Mais ils ne sont pas les seuls : le journal L’Equipe qualifie ainsi les Chypriotes de « lumpenproletariat du foot comme on n’ose à peine l’imaginer à la fin du XXe siècleEt c’est avec ça qu’on voudrait nous faire peur ? Non mais, franchement ! ».

L’ambiance de groupe n’est pas non plus idéale. En effet, Eric Cantona a auparavant montré tout le bien qu’il pense du sélectionneur Henri Michel en le qualifiant de « sac à merde ». Si la fédération suspend Cantona pour un an, ce match marquera la fin du mandat d’Henri Michel à la tête des Bleus deux jours plus tard. Michel est remplacé par Michel Platini, qui ne connaîtra guère plus de succès…

4) France – Pays-Bas (1-4), Euro 2008, phase de groupes

Il est des soirées où tout supporter français doit abandonner son chauvinisme. Il faut s’incliner devant le talent offensif de cette génération batave emmenée par Ruud van Nistelrooy, Dirk Kuyt, Wesley Sneijder, Rafael van der Vaart, Robin van Persie, ou encore Arjen Robben. Des Néerlandais finalistes du Mondial 2010 deux ans plus tard. Il n’empêche, la défense française (Evra-Thuram-Gallas-Sagnol) et Grégory Coupet passent totalement à travers et se font transpercer par l’attaque oranje. L’image la plus marquante est celle du but du 3-1. Arjen Robben s’amuse avec Lilian Thuram avant d’ajuster un Grégory Coupet, déjà fautif sur le deuxième but, totalement statique.

Ce naufrage sera suivi quatre jours plus tard par une nouvelle défaite contre l’Italie (0-2). Cette fois, on touche au pathétique avec la blessure de Ribéry, l’expulsion d’Abidal à la 22ème minute et la demande en mariage de Raymond Domenech (si, si)…

3) France – Sénégal (0-1), Coupe du Monde 2002, phase de groupes

Nous sommes en 2002. Lionel Jospin quitte la politique, Lance Armstrong remporte son quatrième tour de France et l’équipe de France se présente en favorite du Mondial nippo-coréen. Et pour cause, Zinédine Zidane vient d’offrir la Ligue des Champions au Real Madrid. Thierry Henry et David Trezeguet sont aussi respectivement meilleurs buteurs des championnats anglais et italien. Johnny Hallyday a même composé une chanson spéciale pour encourager les Bleus. Rien ne peut nous arriver…

Et pourtant, quelques jours avant son entrée dans la compétition, la France affronte la Corée du Sud en amical. Outre quelques commentaires gênants de Thierry Roland, ce match occasionnera surtout une blessure de Zinédine Zidane. Un Zizou forfait pour le Mondial.

Mais battre le Sénégal ne devrait quand même pas être trop difficile, n’est-ce pas ? Et… si. La France s’incline 1-0 sur un but de Bouba Diop à la demi-heure de jeu. La suite du Mondial sera tout aussi désastreuse, avec une élimination dès le premier tour. Sans le savoir, les Bleus viennent d’inaugurer la malédiction des champions du monde qui frappera successivement l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.

2) France – Afrique du Sud (1-2), Coupe du Monde 2010, phase de groupes

Ah, le Mondial 2010 : que de grands moments de sport français ! Entre une qualification obtenue manu militari contre l’Eire à l’automne 2009, un Raymond Domenech conspué et des leaders fatigués, la compétition ne s’annonçait pas bien… Et en effet, après un premier match soporifique contre l’Uruguay (0-0), les Bleus s’effondrent contre le Mexique (0-2). Il reste toutefois un mince espoir de qualification.

Mais las, Nicolas Anelka est exclu du groupe. Ses insultes envers le sélectionneur à la pause de France – Mexique sont révélées par L’Equipe. L’exclusion d’Anelka déclenche une grève de ses coéquipiers qui, pour une fois, font preuve de solidarité. Raymond Domenech se transforme en délégué syndical, tandis que Patrice Evra part à la recherche du traître qui a tout balancé aux journalistes.

Que dire du dernier match disputé face à l’hôte de ce Mondial sud-africain ? Oh, pas grand-chose au fond. Si ce n’est qu’Alou Diarra découvre qu’il est capitaine à une heure du coup d’envoi, que Patrice Evra effectue la causerie du capitaine, qu’André-Pierre Gignac joue ailier droit, que Yohan Gourcuff est expulsé pour un coup de coude, qu’Alou Diarra (encore lui !) offre le brassard de capitaine en cours de match et que Florent Malouda inscrit le seul but des Bleus dans cette Coupe du Monde.

Ah et sinon, Raymond Domenech refuse de serrer la main de son collègue sélectionneur de l’Afrique du Sud, lui aussi éliminé, à la fin de la rencontre. C’est la dernière fois que Domenech entraîne une équipe professionnelle. « C’est fini, on rentre à la maison ! » s’exclame Jean-Michel Larqué aux commentaires sur TF1.

Absolument légendaire : le podcast de l’émission « L’After Foot » de RMC dans la vidéo ci-dessous.

1) France – Bulgarie (1-2), 1993, qualifications pour la Coupe du Monde 1994

En cet automne 1993, la France du foot se voit déjà aux Etats-Unis pour la prochaine Coupe du Monde. Il suffit en effet de prendre un seul point sur les deux derniers matchs de qualification. Deux matchs qui ont lieu à domicile, au Parc des Princes contre Israël en octobre et la Bulgarie en novembre. Mais voilà, face aux Israéliens, les Français s’écroulent dans les dix dernières minutes et perdent 3-2, après avoir mené 2-1.

Il reste donc un match pour assurer la qualification face aux coéquipiers du futur Ballon d’Or Hristo Stoichkov. Tout commence bien avec l’ouverture du score d’Eric Cantona sur un service de Jean-Pierre Papin. Le vent tourne quand les Bulgares égalisent dans la foulée grâce à Emil Kostadinov. Malgré tout, les Bleus tiennent le score quand à une minute de la fin, David Ginola rate son centre. Sur le contre qui s’ensuit, Emil Kostadinov marque et crucifie les Français.

Gérard Houllier accusera Ginola d’être responsable de la défaite, le qualifiant de « criminel ». Mais il n’empêche que le véritable « crime » reste quand même de ne pas prendre un point sur les deux derniers matchs en perdant de façon grotesque contre Israël. Ce match aura au moins eu le mérite de permettre de faire table rase, et de lancer la génération suivante jusqu’au sacre de 1998.

La vidéo ci-dessous permet aussi d’admirer le légendaire mulet de Trifon Ivanov et Laurent Blanc qui pourchasse un coq entré sur la pelouse.

Mentions « déshonorables » :

  • Autriche – France (3-1), 2008, qualifications pour la Coupe du Monde 2010. Une soirée catastrophique post-Euro 2008, après laquelle Raymond Domenech a voulu couper la tête des Autrichiens et donner un escabeau à Philippe Mexès.
  • France – Biélorussie (0-1), 2010, qualifications pour l’Euro 2012. Après le Mondial sud-africain, la France a la tête dans le seau. Elle se fait ainsi surprendre à domicile par les partenaires d’Alexander Hleb, seule tête connue de la sélection biélorusse.
  • France – Grèce (0-1), Euro 2004, quarts de finale. On a craint le départ de Zinédine Zidane de l’équipe de France après cette purge. Les Français se sont faits étouffer par les futurs champions d’Europe.
A propos de Vincent Doillet 3 Articles
Un jour, j’ai vu Marcelo Bielsa sur un banc de touche, depuis, je suis devenu loco de la défense à 3 et du pressing tout terrain.

1 Trackback / Pingback

  1. Bulgarie et Suède 1994 : destins croisés - Papinade

Laisser un commentaire