Les cinq plus beaux matchs des Bleus

Il faudra certes attendre un an pour goûter à nouveau aux plus prestigieuses compétitions internationales. En raison de l’épidémie de coronavirus, l’Euro et la Copa América ont été reportés à 2021. Qu’à cela ne tienne ! Papinade vous propose de patienter avec un top 5 un peu particulier : celui des matchs de l’équipe de France. Fins connaisseurs, footix invétérés ou amateurs de frissons, ceci est pour vous !

5) France – Argentine (4-3), Coupe du Monde 2018, huitièmes de finale

Victorieuse à la fin du Mondial russe de 2018, la France ne partait pourtant pas favorite. Après une phase de poules poussive, les protégés de Didier Deschamps tombent sur un os : l’Argentine. Même si l’Albiceleste n’a pas non plus brillé jusque-là, elle peut compter sur une arme redoutable, Leo Messi.

La confrontation est rapidement lancée, sans round d’observation. La vitesse de Kylian Mbappé pousse vite Marcos Rojo à la faute, et un penalty d’Antoine Griezmann permet aux Bleus de prendre l’avantage (1-0, 13′). Mais l’Argentine recolle avant la mi-temps sur une patate lointaine d’Angel Di Maria (1-1, 41′). Avant de prendre l’avantage, presque contre le cours du jeu, sur un tir de Messi dévié par Gabriel Mercado (1-2, 48′).

Pendant dix minutes, la France est virtuellement éliminée. Jusqu’à cette reprise de volée, sacrée plus beau but du Mondial, qui fait entrer Benjamin Pavard dans l’Histoire. A la réception d’un centre de Lucas Hernandez, le discret arrière droit fait basculer la rencontre dans une autre dimension (2-2, 57′).

L’autre grand bonhomme du match, c’est Mbappé. Le joueur du PSG profite d’abord d’une situation confuse dans la défense argentine (3-2, 64′) avant de conclure une superbe action collective (4-2, 68′). Sonnée, l’Argentine sauvera l’honneur par Sergio Agüero, à la réception d’un centre de Messi (4-3, 90’+3). “La Pulga”, bien qu’impliqué sur les trois buts de son équipe, n’aura cependant rien pu faire face aux futurs champions du monde.

4) France – Brésil (3-0), Coupe du Monde 1998, finale

Ce n’est certainement pas le match le plus difficile ni le plus disputé des Bleus dans le Mondial 98. Il y avait ce huitième longtemps indécis contre le Paraguay (1-0 a.p.), ce quart au bout du suspense face à l’Italie (0-0 a.p., 4-3 t.a.b.) ou la renversante demi-finale face aux valeureux Croates (2-1).

Cependant, le plus beau match des Bleus, c’est sans doute cette finale remportée face au Brésil au Stade de France. D’abord pour son importance historique : elle permet à la France d’inscrire son nom au palmarès du football mondial. Ensuite, elle a une portée symbolique majeure. Le titre est acquis avec la manière face à la sélection phare de cette fin de millénaire, le Brésil, champion du monde en titre.

Les Bleus se procurent les premières occasions, et ne tardent pas à ouvrir la marque. Un corner de la droite d’Emmanuel Petit trouve la tête de Zinédine Zidane (27′, 1-0). Le Brésil cherche l’égalisation, mais trouve sur sa route Fabien Barthez, auteur d’une sortie autoritaire sur Ronaldo. Un Ronaldo longtemps incertain avant le match, finalement titulaire mais peu en vue. Double peine pour les Auriverde : quelques minutes plus tard, Zidane double la mise, coupant cette fois-ci un corner de Youri Djorkaeff venu de la gauche (2-0, 45’+1).

2-0 à la pause, le mal est fait. Le Brésil ne reviendra jamais et ne profitera pas de l’exclusion de Marcel Desailly. Lancé par Patrick Vieira, Emmanuel Petit croise sa frappe et assure la place des Bleus sur le toit du monde (3-0, 90’+3). Des Bleus qui n’auront jamais vraiment tremblé dans cette confrontation titanesque.

3) France – Italie (2-1 b.e.o.), Euro 2000, finale

Deux ans après sa victoire au Mondial 1998, la France a l’opportunité de s’affirmer sur la scène continentale. Parvenus en finale de l’Euro 2000, les Bleus affrontent à Rotterdam un autre géant du foot européen, l’Italie. A l’image des clubs italiens qui brillent sur la scène européenne (Juventus, Milan AC, Inter…), les Azzurri misent tout sur l’organisation et la rigueur tactique.

Longtemps sans relief et équilibrée, la partie bascule une première fois après un petit festival de Francesco Totti, et un centre de Gianluca Pessotto pour la tête de Marco Delvecchio (0-1, 55′). Menés, les Bleus passent près de la correctionnelle. Fabien Barthez maintient la France en vie en s’interposant face à Alessandro Del Piero. Un Del Piero qui vendange, mais tout semble sourire aux Italiens, qui s’y voient déjà. Sauf que dans les ultimes instants de la partie, Barthez envoie le ballon dans la surface transalpine. Sylvain Wiltord passe par là, et sa frappe croisée ne laisse aucune chance à Francesco Toldo (1-1, 90’+3). Même ses coéquipiers ont du mal à y croire.

Cette prolongation arrachée in extremis change la donne et le rapport de force. C’est désormais l’Italie qui a du mal à tenir face à la pression des Bleus. Finalement, Robert Pirès centre depuis la gauche, et David Trezeguet arme une reprise de volée du gauche. Toldo ne peut rien faire, Trezeguet marque un but en or qui signe la fin du match et la victoire de la France (2-1, 103′). Les Bleus ont pris l’Italie à son propre jeu : un réalisme glaçant et un sang-froid jusqu’aux derniers moments du match.

2) France – Angleterre (2-1), Euro 2004, phase de groupes

Quatre ans après l’Euro 2000, la donne n’est plus vraiment la même. La France ne domine plus le football mondial. Éliminés piteusement en poules à la Coupe du Monde 2002, les Bleus ont à cœur de se racheter. En attendant, ils doivent affronter un autre sérieux prétendant au sacre européen : l’Angleterre.

Les Three Lions de David Beckham, Wayne Rooney et Rio Ferdinand sont dans une bonne dynamique. Les clubs anglais dominent l’Europe, et cette suprématie va être rappelée aux Bleus. Sur un coup franc lointain à droite, Beckham trouve la tête de Frank Lampard, qui ouvre le score (0-1, 37′). Sonnés, les Français sont sans réaction, à l’image d’un Thierry Henry totalement muselé par Sol Campbell.

La défense des Bleus prend l’eau, et tout semble perdu à 20 minutes de la fin, lorsque Mickaël Silvestre découpe Wayne Rooney dans la surface. Beckham frappe le penalty, mais le Spice Boy bute sur Barthez. Le tournant du match a eu lieu. Et dans les derniers instants du match, Zidane égalise en frappant un coup-franc à 25 mètres du côté de David James, mal placé (1-1, 90’+1).

Fin du match et partage des points ? Que nenni ! Henry intercepte ensuite une affreuse passe en retrait de Steven Gerrard, et James n’a d’autre choix que de faucher l’attaquant d’Arsenal dans sa surface. Encore un penalty, mais Zidane, lui, ne flanche pas (2-1, 90’+3). Le meneur des Bleus a changé la rencontre, presque à lui seul. Bien que battue en quarts par le futur champion grec (0-1), la France a marqué de son empreinte l’Euro 2004.

1) France – Allemagne de l’Ouest (3-3 a.p., 4-5 t.a.b.), Coupe du Monde 1982, demi-finale

Le match le plus beau, le plus intense, le plus renversant de l’histoire des Bleus n’est malheureusement pas une victoire. Ici, que des héros impuissants, tristes, sublimes dans la défaite, qui ne gagneront que le droit d’essuyer leurs larmes à la fin du match. Pourtant, que cette rencontre était belle !

La France de Michel Hidalgo est, en 1982, l’outsider que personne ne semble attendre. En demi-finale du Mondial, elle affronte l’ogre ouest-allemand. Une RFA qui débute bien la partie en ouvrant rapidement le score par Pierre Littbarski (0-1, 17′). Mais les Bleus ne vont pas se laisser faire et recoller : Dominique Rocheteau est retenu dans la surface, et Michel Platini transforme le penalty (1-1, 27′).

La rencontre va ensuite connaître un tournant dramatique en seconde période. Patrick Battiston, entré à la place d’un Bernard Genghini blessé, est lancé dans le dos de la défense allemande. Gardien de la RFA, Harald Schumacher ne se pose pas de question : il sort les deux pieds en avant pour percuter Battiston dans la surface. Le Français perd trois dents et tombe, inconscient, tandis que Schumacher ne sera pas sanctionné pour sa quasi-tentative de meurtre. La première injustice de ce match.

Cependant, pas de quoi déstabiliser les Bleus, qui dominent. Poussés à la prolongation, les Allemands de l’Ouest vont céder sur une volée de Marius Trésor (2-1, 93′) puis sur une frappe d’Alain Giresse (3-1, 99′). Le Bordelais croit avoir scellé la victoire, il se trompe. L’atout principal de la RFA est le contre, cela va ainsi profiter à Karl-Heinz Rummenigge qui réduit le score (3-2, 102′). Puis Klaus Fischer égalise, d’un superbe retourné (3-3, 108′). La rencontre est devenue folle, les deux équipes se procurent des occasions, mais plus personne ne cède.

La qualification en finale se joue donc aux tirs au but. Uli Stielike rate, et on croit que les Bleus tiennent enfin le bon bout. Mais dans la foulée, Didier Six échoue lui aussi. Maxime Bossis voit ensuite son tir repoussé par Schumacher, avant que Horst Hrubesch n’achève la France en transformant le tir au but décisif. Ces Bleus-là ont échoué si près du but. Deux ans plus tard, ils se rattraperont pourtant en remportant l’Euro.

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Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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