Copa America : le Paraguay surprend l’Argentine

copa america

argentine paraguay

Annoncée comme la grande favorite de la compétition, l’Argentine faisait son entrée en lice hier contre un Paraguay finaliste de la dernière édition. Tata Martino a remplacé Alejandro Sabella à la tête de la sélection, et l’Albiceste affiche un projet de jeu totalement différent. Finie l’équipe défensive de la dernière Coupe du Monde, l’ex-coach du Barça souhaite tirer tout le potentiel du réservoir de talents offensifs de l’Argentine. En ce sens, il aligne Banega, Pastore, Di Maria, Aguero et Messi au coup d’envoi, pour un seul milieu défensif : Mascherano. Côté paraguayen, le plus jeune joueur sur le terrain a 26 ans ! C’est une équipe expérimentée qui s’engage dans cette Copa America, avec en têtes d’affiche les attaquants Roque Santa Cruz et Nelson Valdez.

Très vite dans ce match, l’Argentine confirme son statut de vice-champion du monde. La maîtrise du ballon est totale, et les enchaînements offensifs sont d’une qualité technique exceptionnelle. Comme au Barça cette saison, Messi évolue à droite, laissant Javier Pastore au poste de numéro 10, tandis qu’Agüero est à la finition. La volonté de verrouiller le jeu des paraguayens permet aux latéraux Rojo et Roncaglia, préféré à Zabaleta, de soutenir les attaquants argentins, exposant la sélection de Ramon Diaz aux assauts de l’Albiceleste. Autre caractéristique d’une Argentine version Martino, le danger ne vient plus seulement de Messi. Un chiffre le souligne : au cours du match Messi n’a touché que 50 ballons, contre en moyenne 100 à Barcelone. A la demi-heure de jeu, comme un symbole, Miguel Samudio croit annihiler une occasion argentine en reprenant Leo Messi. Finalement il réalise une passe en retrait… pour Sergio Agüero, qui n’a plus qu’à conclure face au gardien paraguayen. Cinq minutes plus tard, Angel Di Maria obtient un pénalty que Messi transforme. À la mi-temps, l’Argentine mène 2-0 et laisse une forte impression offensive et technique. Reste que les paraguayens n’ont pas existé devant, alors que le schéma offensif argentin laisse quelques espaces derrière.

Au retour des vestiaires, les partenaires de Mascherano semblent d’abord n’avoir rien perdu de leur contrôle du match. Mais la pression sur les buts paraguayens se fait moindre, et les enchaînements du quatuor offensif moins nombreux. Seul Pastore semble être monté en régime, évoluant maintenant comme un véritable meneur de jeu. Les Guaranis sont eux passés en 4-4-2 , et parviennent à bloquer les montées des latéraux argentins. Fini également le milieu Caceres-Ortiz-Ortigoza qui s’est davantage fait remarquer pour son agressivité excessive que pour ses qualités de rampe de lancement. Le Paraguay sort enfin de ses bases, et surprend l’Argentine à l’heure de jeu, lorsque l’ex-joueur de Dortmund Nelson Valdez envoie une merveille de frappe sous la barre de Sergio Romero. La physionomie du match est inversée, les argentins perdent le contrôle et la suite du match n’est qu’une montée en puissance des paraguayens. Les occasions se succèdent des deux côtés, et nous offrent un spectacle passionnant. Tournant de ce match, le coaching de Martino qui décide de faire rentrer Tevez et Higuain à la place d’Aguero et Pastore, alors que l’Albiceste est plus proche de subir une égalisation que d’inscrire le but du break. La pression des Guaranis se fait de plus en plus sentir, poussant Romero plusieurs fois à la parade.

Finalement c’est Lucas Barrios, rentré en jeu dix minutes plus tôt qui concrétise la domination du Paraguay en toute fin de match, plaçant une volée au ras du poteau suite à un dégagement laborieux de la défense argentine. Malgré une première période de haute volée, l’Albiceleste repart de l’Estadio La Portada avec seulement un point. Si les paraguayens ont proposé une toute autre prestation en seconde mi-temps, les argentins ne se sont-ils pas relâchés, croyant la victoire dans la poche ? Cette explication serait plus rassurante que celle d’un système de jeu déséquilibré, exposant trop la défense aux contres-attaques. Réponse mercredi face à l’Uruguay, dans un match déjà décisif pour les hommes de Tata Martino.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire