Et après ?

Dortmund, le Bayern, finalistes de cette Ligue des champions, et les clubs allemands en général ont réalisé un parcours on ne peut plus intéressant en Ligue des Champions notamment, mais aussi en Ligue Europa où les quatre clubs allemands ont passé les phases de groupe avec succès. Cette réussite a fait tourner tous les regards vers ce championnat alors peu médiatisé et même en retrait par rapport à la Liga et la Premier League. Pourtant, ce sont bien les formations germaniques qui ont non seulement été les plus performantes, mais aussi les plus intéressantes cette saison. Contrairement à d’autres clubs qui ont tendance à fermer le jeu, les allemands ont cette culture de la gagne et le sens du but qui les a mené à renverser de grosses écuries européennes. Tout le monde retiendra notamment ces demi-finales où le Bayern a surclassé le Barça de Tito Vilanova par deux fois (ndlr : 7 – 0 sur les deux confrontations) et où Dortmund, emmené par un exceptionnel Robert Lewandowski, a écrasé dans son antre le club madrilène qui tenait pourtant à remporter cette fameuse decima. Le monde entier s’est alors extasié pour ce jeu à l’allemande caractérisé par cette capacité à se projeter rapidement vers l’avant, et dont les joueurs cherchent à provoquer balle au pied et n’hésitent pas à tenter des frappes lointaines, le nombre de dribbles tentés en Bundesliga est de loin le plus élevé d’Europe avec 12,6 par match, alors que la Liga et la Premier League n’affichent que la moitié de ces statistiques. Jupp Heynckes et Jürgen Klopp ont été élevé au rang de magiciens, et subitement, les allemands sont devenus les « meilleurs d’Europe », remarque assez risible pour qui suit un peu la Bundesliga. Les formations allemandes n’ont en effet pas connu un bouleversement fondamental de leur jeu pour s’imposer sur la scène européenne, puisqu’elles ont toujours eu cette faculté que l’on retrouve d’ailleurs dans le jeu de la Mannschaft depuis 2006 et la Coupe du Monde qu’elle a disputé à domicile. Doit-on s’attendre alors à une suprématie allemande sur le football européen lors des prochaines années ou cette année n’était-elle que le fait d’une conjoncture favorable ?

Huntelaar et Raul sous les couleurs de Shalke 04

Il faut d’abord ne pas perdre de vue que cette réussite des clubs allemands – il faut également souligner la belle performance de Schalke – a aussi été permise par les autres têtes de série qui ont été plutôt éteintes : les problèmes internes au Real, le tiki-taka barcelonais devenu un peu trop stéréotypé et les clubs anglais qui n’étaient pas au niveau (Chelsea, Arsenal ou Manchester City) ont donc ainsi contribué au succès du Bayern et de Dortmund. Cependant, il est impossible d’expliquer uniquement par les échecs de leurs adversaires l’insolente réussite de ces écuries d’outre-Rhin. Ainsi, le Borussia a connu une progressive montée en puissance en sortant une très belle équipe du Shakhtar Dotnesk dont on parle trop peu, puis en éliminant Malaga au bout du temps additionnel avant de livrer une copie presque parfaite contre le Real. De son côté, le Bayern Munich a lui aussi connu un parcours des plus réussis en se qualifiant face à Arsenal, puis en éliminant la Juventus, tout de même championne de Serie A en titre, qui vient de retrouver l’Europe et sur qui il faudra également compter la saison prochaine, avant de faire exploser le Barça.

Ces deux équipes sont avant tout la réussite d’un groupe dont plusieurs individualités ressortent. Mais Jürgen Klopp et Jupp HeynckesJupp Heynckes a remporté, avec le Bayern Munich et Franck Ribéry, la Ligue des Champions 2013 sont parvenus tout deux à composer parfaitement avec un groupe auquel ils ont insufflé cette culture de la gagne et sont parvenus à ressortir le meilleur de chacun de leurs joueurs tout en s’appuyant sur une colonne vertébrale solide avec des joueurs provenant du centre de formation de leur club comme Schweinsteiger ou Lahm pour le Bayern, Mario Götze, , structure vers laquelle Ferran Soriano souhaite évoluer (Voir notre article à ce sujet : http://papinade.com/je-veux-gagner-au-moins-cinq-trophees/).

Si l’ensemble des joueurs du Borussia et du Bayern se sont mis au diapason, il est difficile de savoir si ils parviendront à maintenir voire hausser le niveau de jeu qu’ils ont eu cette saison comme Franck Ribéry notamment qui affirme avoir fait « la meilleure saison de sa vie ». Au Bayern, les cas Gomez et Mandzukic, mis en concurrence à la pointe de l’attaque bavaroise, ont été parfaitement géré mais ils devront vraisemblablement composer avec l’arrivée de Lewandowski la saison prochaine. De même, si dans l’entrejeu bavarois la question ne se pose pas encore, Pep Gardiola devra, semble t-il, mettre un Kroos, qui sera de retour de blessure, sur le banc pour faire jouer en tant que meneur de jeu la récente recrue du Bayern, Mario Götze. Ces changements d’effectif et d’entraîneur au Bayern, ces départs de joueurs cadres à Dortmund seront peut-être les éléments qui bouleverseront ces deux formations allemandes. Il n’en n’est pas moins que derrière, Shalke ou le Bayer Leverkusen sont prêts à pousser pour se faire leur place au soleil.

Jurgen Klopp, le coach du Borussia Dortmund, est tout sourire. Un entraîneur génial, fabuleux, qui nous réconcilie avec le foot.L’Allemagne, souvent placée, rarement gagnante, tant en sélection nationale que chez les clubs est cette année parvenue à trouver l’alchimie parfaite pour réussir un fabuleux doublé sur la scène européenne. Si il ne sera pas chose aisée que de réussir à confirmer cette réussite l’an prochain, le BVB et le Bayern sont devenues deux redoutables équipes sur lesquels il faudra compter malgré les prochains obstacles auxquels elles feront face. Cela a été rendu possible grâce à deux coachs fabuleux qui, s’ils ne sont en rien des magiciens, nous réconcilient avec le foot et toutes ces critiques dont on accable ce sport.

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