Exclusivité : les pronostics d’Achille, le chat sourd du mondial !

Chaque veille de Coupe du Monde de foot est synonyme de pronostics, et cette 21ème édition en Russie n’échappe pas à la règle. Les bookmakers d’Outre-Manche sont en ébullition à l’idée de miser sur le futur vainqueur. De plus, tu n’as pu échapper à ton cousin Jean-Eudes qui t’affirme que le Portugal va soulever sa première Coupe du Monde, ou à ta tante Berthe qui est persuadée que les Belges ne sortiront pas des poules. Du côté de Papinade, on a pu compter sur l’expertise d’Achille, le chat sourd successeur de Paul le Poulpe. Ce dernier nous transporte au 16 juillet 2018, lendemain de la finale, et autant vous prévenir tout de suite : cette coupe du monde en Russie aura un goût de caïpirinha agrémentée de paëlla.

Le vainqueur

Dans un stade Loujniki en ébullition en cette fin de soirée de juillet 2018, Gianni Infantino, le président de la FIFA, et Vladimir Poutine, le président de la Russie, s’unissent afin de remettre le précieux trophée haut de 36 cm à Alisson, le capitaine et gardien de la Seleção. Cette dernière vient de remporter pour la sixième fois de son histoire la Coupe du Monde. Avec une victoire en finale face à l’Espagne à l’issue d’un match plutôt fermé, du fait de deux blocs bien en place et à une bataille incessante au milieu de terrain. Pour que les 81 000 spectateurs présents ce soir dans l’antre de Loujniki puissent enfin laisser éclater leur joie, ou leur tristesse, il aura fallu attendre la 114ème minute et un coup de patte de génie de Neymar sur coup-franc pour enfin battre un immense De Gea. Un titre à l’image de la France en 1998 qui gagne après avoir raté la coupe du monde 1994, ou encore de l’Italie qui gagne en 2006 après avoir perdu en huitième de finale contre la Corée du Sud en 2002, à cause de nombreuses erreurs d’arbitrage. Les Brésiliens ont eux aussi trouvé le moyen d’oublier le traumatisme d’un retentissant échec en Coupe du monde, en remportant tout simplement la suivante. L’Espagne, avec un entraîneur limogé à deux jours du mondial, ne parvient pas à réaliser l’exploit de gagner la Coupe du Monde. A l’issue de ce match, Gary Lineker déclarera : « Le foot est un sport qui se joue à 11 contre 11, et à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne… ou le Brésil ».

Le bide

Il ne suffit pas de jouer en jaune pour gagner dans cette coupe du monde. Les Colombiens en apportent la preuve, nous confie Achille le chat. Eux qui étaient la révélation de la Coupe du monde précédente, n’ont pas réussi à confirmer les attentes placées, et sont clairement la déception de ce mondial russe. Il faut dire que leur sortie dès les poules ne les a pas vraiment aidé. Après une large victoire d’entrée face aux Japonais sur le score de 3-0, les Cafeteros ont vite déchanté. D’abord face à un Lewandowski en furie, qui avait à cœur de faire taire tous ceux qui disaient que, depuis son quadruplé face au Real de Madrid en demi-finale de LDC, il ne marquait plus dans les grands matchs. Malheureusement pour eux, la Colombie en a fait les frais en prenant deux but du Polonais. Puis elle avait joué sa survie dans son dernier match de poule face aux Lions de la Teranga. Là aussi, un seul homme va mettre fin à l’espoir de tout un peuple. Cette fois, il s’agit du Sénégalais Sadio Mané, auteur d’un doublé dans ce match. Une victoire, deux défaites par deux buts à un, et la Colombie rentre à la maison. Il faut dire qu’ils n’ont pas été aidés par un Jamez Rodriguez loin du niveau qui a été le sien tout au long de la saison à Munich, et qui n’a pas été le métronome attendu. De son côté, Falcao ne doit pas son échec à ce Mondial à un tacle de Soner Ertek, mais plutôt à son incapacité à tacler le ballon au fond des filets adversaires. On n’aura pas d’autres déceptions dans ce Mondial : la Belgique étant sortie par la grande porte en perdant seulement 1-0 contre le Brésil en quart, l’Allemagne remportant une nouvelle fois la petite finale, cette fois aux dépens des Français.

Des surprises…

Des surprises et des révélations, il y en a eu dans ce Mondial. La première nous vient des Anglais, qui ont réalisé l’inimaginable, à savoir gagner une séance de tirs aux buts. « Enfin un coup de chatte pour eux ! », s’exclame notre félin voyant. Un exploit réalisé après cinq échecs consécutifs, respectivement lors de l’Euro 2012 face à l’Italie (quart de finale), de l’Euro 2004 face au Portugal (quart de finale), de l’Euro 1996 face à l’Allemagne (demi-finale) et lors des Mondiaux 2006 contre le Portugal (quart de finale) et 1998 contre l’Argentine (huitième de finale). Les Anglais gagnent enfin une séance en venant à bout des Polonais 4 tirs aux but à 3. C’est la fête en Angleterre, la Reine elle-même n’en revient pas et décrète quatre jours de fête nationale. Les Three Lions, eux aussi, font la fête, un peu trop sûrement, et seront sèchement battus 4-1 par les Allemands en quart de finale. Au moins, ils n’auront pas perdu aux tirs aux buts. L’autre surprise (ou du moins révélation) vient du Sénégal, qui est la seule équipe Africaine à sortir des poules. Cela en partie grâce à un grand Sadio Mané. De son côté, l’Egypte, à l’image de l’épaule de Salah en finale de Ligue des champions, rompt au bout d’un tour et connaît une sortie prématurée.

Joueurs stars et flops

« Dans la vie, il y a deux types de félins, ceux qui rugissent et ceux qui miaulent… » nous enseigne Achille. Neymar, lui, il rugit. Après une Coupe du Monde d’exception, il prouve une nouvelle fois qu’on peut compter sur lui dans les grands rendez-vous. Il finit meilleur buteur de la compétition avec sept réalisations et devient ainsi le second meilleur buteur de la Seleção, ex-aequo avec Ronaldo (le vrai) et ses 62 buts. A seulement vingt-six ans, il n’est plus qu’à quinze longueurs de la légende Pelé et de ses 77 buts. Celui qui avait offert le premier sacre olympique au Brésil deux ans plus tôt, d’un coup franc dans les prolongations, récidive deux ans plus tard pour cette fois offrir le Graal, un sacre mondial, d’un sublime coup franc pleine lucarne. Il s’agit déjà d’un geste d’anthologie, qui aura fait se lever de bonheur un Grégoire Margotton amoureux de ces beaux buts. 24 heures après ce bijou, un homme hurle toujours dans une petite cabine, c’est Yoann Riou qui n’en revient toujours pas. Sa chemise entrouverte pleine de sueur entre deux bouchées de bonbons, il ne peut s’empêcher de retirer ce coup franc pour notre plus grand plaisir.

A notre grand regret, aucun joueur marquant ne s’est révélé lors de ce mondial… Sans doute étaient-ils tétanisés par un tel enjeu, estime Achille. Cependant, un homme nous aura fait rêver pendant ce mois de compétition. C’est le second meilleur joueur du tournoi : Andrés Iniesta. Comme Zinedine Zidane en 2006, il aborde ce Mondial en subissant le scepticisme quand à son niveau de jeu, beaucoup l’estimant fini. Comme Zidane douze ans auparavant, il se présente à cet événement huit ans après avoir offert à sa nation son premier titre mondial. Comme Zidane, il va sortir un huitième de finale de génie pour sortir à lui tout seul une valeureuse nation hôte, la Russie. Il ne fallait pas imiter la presse espagnole, Poutine ayant affirmé qu’il enverrait Iniesta en retraite au fin fond de la Sibérie. Comme Zidane huit ans auparavant, son match de référence dans ce Mondial a lieu en quart de finale contre un géant sud-américain. Cette fois, c’est l’Argentine. Son coup-franc indirect ne trouve pas, comme celui de Zidane, le plat du pied d’Henry, mais celui d’Isco. Comme Zidane, il réalise une excellente finale. A l’inverse du Français, il ne marque pas en cours de finale et ne met pas de coup de boule, sa sœur n’ayant pas été insultée. Mais comme Zidane, il perd une finale pour son dernier match en sélection. Sans doute la marque des plus grands, qui fait toute la beauté du foot.

Les gardiens

Ce n’est pas peu dire que les gardiens de but nous ont régalé de toutes leurs prouesses pendant ce Mondial. « Nous gratifiant de quelques sauts de chat », s’amuse notre petit être à quatre pattes. Hugo Lloris ayant rempli son quota de bourdes annuelles, il en fera zéro pendant le Mondial, et sera un des grands artisans du joli Mondial des Bleus, malgré une défaite en demi-finale. De même, malgré ses multiples sauvetages, Keylor Navas n’a pu empêcher l’élimination du Costa Rica dès les phases de poule. Quant à Manuel Neuer, il nous gratifie comme à son habitude de sublimes arrêts et de ses sorties spectaculaires, mais il semble tout de même moins rassurant qu’avant, sans doute pas encore remis à 100% de ses blessures. Un homme va cependant surnager dans cette pléiade de gardiens : c’est David De Gea. Si, malgré le limogeage de Lopetegui à deux jours de leur entrée dans le Mondial, l’Espagne est parvenue en finale, elle le doit à une excellente cohésion de groupe : comme le dit l’adage, « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Mais surtout à Iniesta et De Gea, qui sont sur une autre planète durant ce Mondial. Il faudra seulement un coup franc inarrêtable de Neymar Jr pour enfin battre De Gea, qui n’aura en tout encaissé que trois buts dans le Mondial. Un seul homme semblait pouvoir rivaliser avec le portier de Manchester, mais il était trop occupé à capter une bière dans son gant droit, et une part de pizza dans son gant gauche en regardant la Coupe du monde au fin fond de l’Italie.

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