Ces footballeurs qui brillent sur les réseaux sociaux

Depuis la fin des années 2000 et l’émergence de Facebook, les réseaux sociaux ont radicalement changé notre manière de communiquer. Des changements qui impactent l’ensemble de la société, et le football n’y échappe certainement pas. Qu’il s’agisse de mettre en scène leurs exploits ou de partager leur vie privée, les footballeurs se servent des réseaux sociaux pour interagir avec leurs fans et augmenter leur notoriété.

Certains d’entre eux développent même une addiction. On peut penser à Benjamin Mendy, omniprésent sur Twitter.

Ou encore à la jeune pépite du Bayern Munich, Alphonso Davies (19 ans) : le Canadien aime montrer ses talents d’acteur sur la plateforme vidéo TikTok.

Etre footballeur au XXIe siècle, c’est donc une question de talent, mais aussi d’identité numérique. Encore plus en période de confinement, lorsque l’exercice du football devient impossible. Focus sur des pratiques du quotidien qui ne sont pas si anodines qu’elles en ont l’air.

Insta-money, followers, sponsors et mise en scène

D’abord Facebook à la fin des années 2000, puis Twitter et Instagram dès les années 2010, dernièrement Snapchat et TikTok : les réseaux sociaux sont très variés, proposent des fonctionnalités différentes. Sur Facebook, les footballeurs donnent des nouvelles à leurs fans. Ils interagissent avec sur Twitter, montrent leur quotidien sur Instagram et Snapchat, et ne se prennent pas au sérieux sur TikTok.

Cette mise en scène n’a rien d’innocent. Elle permet aux footballeurs d’assurer encore un peu plus leurs fins de mois. En effet, les partenariats permettent aux sponsors de s’afficher aux côtés des sportifs, et ceux-ci reçoivent une contrepartie financière. Des émoluments qui n’ont rien de négligeable, surtout en ce qui concerne une star du foot mondial comme Cristiano Ronaldo.

CR7 gagne donc davantage sur Instagram qu’avec son salaire de la Juventus. Avec ses 212 millions d’abonnés (au 12 avril), il est même la personnalité la plus suivie du réseau. Des chiffres affolants, encore plus lorsque l’on sait qu’une grande partie des followers qui suivent les influenceurs sont… des faux comptes. Ces “fakes” viennent gonfler les statistiques des footballeurs : ils constituent 42% des followers de Ronaldo, et jusqu’à 51% pour son ancien coéquipier au Real, Toni Kroos. L’utilité des faux comptes ? Augmenter la notoriété des influenceurs, tout bêtement.

Une manière pour le supporter de s’identifier à l’athlète

Les réseaux sociaux sont donc des outils destinés à créer des clientèles. Reste donc à mettre en forme ce rapport de clientèle, en aidant le footballeur à créer un effet de mode. Pour cela, il faut permettre au follower de s’identifier à l’influenceur. Ce dernier va donc mettre en scène sa vie, son quotidien, s’exprimer, donner son avis, voire même inciter au dialogue. C’est tout l’intérêt des lives Instagram, véritable péché mignon des sportifs depuis le début du confinement. Karim Benzema s’en est fait une spécialité. Il est ainsi apparu aux côtés du youtubeur Mohamed Henni ou du rappeur Lacrim, invite la légende Ronaldo “Fenomeno”, avant de lâcher une punchline sur Olivier Giroud qui a fait le tour des médias. L’intérêt ? Créer le buzz, attirer l’attention, et à terme, faire vendre.

Sous des apparences de spontanéité, il ne faut pas s’y méprendre. L’intérêt des réseaux sociaux pour un sportif de renom mondial est avant tout commercial. Et le vice est poussé jusqu’à créer de véritables communautés, des “teams”. Pour Antoine Griezmann, c’est par exemple la #TeamGrizi. Tout est fait pour faciliter le plus possible l’intégration du follower, et mettre en valeur le marketing.

De plus, les athlètes ne sont pas seuls à être présents sur les réseaux sociaux. Les clubs professionnels ont pratiquement tous une identité numérique. Certains entraîneurs se créent même une présence virtuelle. C’est le cas de Carlo Ancelotti, Unai Emery, ou encore Zinédine Zidane.

Une question de personnalité… et de media-training

Pour créer une connexion avec ses followers, il ne suffit pas de se montrer et de dialoguer, il faut aussi savoir sous quel angle on le fait. C’est là qu’interviennent un certain nombre de cabinets de communication, qui gèrent l’image des joueurs. Ces cabinets les coachent pour leur apprendre à dialoguer avec les médias et les fans, de la manière la plus lisse possible, sans accroc. Ils publient même parfois les contenus à la place des joueurs. C’est le cas des plus grands : Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et consorts délèguent l’étalage de leur vie à d’autres.

Alors que Messi apparaît comme un père idéal qui publie régulièrement des clichés de sa famille, CR7 se met plutôt en scène comme un athlète jamais lassé des entraînements. Zlatan Ibrahimovic, lui, préfère les clichés grandiloquents et les montages loufoques pour se créer un personnage égocentrique plein d’autodérision. A chacun sa recette pour fidéliser et susciter la sympathie. Et tous les prétextes sont bons, comme l’appel à la solidarité pour une noble cause.

D’autres préfèrent se passer de consultants en communication, par choix ou manque de ressources : le coût d’un cabinet est élevé. Cette communication “sans filtre” peut occasionner des bad buzz. On se souvient de Blaise Matuidi cherchant une photo de sa femme sur Google pour lui souhaiter la Saint-Valentin, et ça prête à sourire. D’autres écarts sont nettement moins drôles.

Peut-on être footballeur sans réseaux sociaux ?

Aujourd’hui, la très grande majorité des footballeurs possède une identité numérique. Cette identité leur permet donc d’accroître leur notoriété et, pour les plus connus d’entre eux, de la faire fructifier. En revanche, il existe encore quelques irréductibles qui refusent les réseaux sociaux. Hugo Lloris est ainsi l’un des “derniers des Mohicans”. Même si sa femme Marine met régulièrement en scène sa vie privée, le gardien des Bleus n’a aucun compte sur les réseaux. Cela ne l’empêche ni de s’épanouir, ni d’être champion du monde, ni de conduire sous l’emprise de l’alcool.

La place prise par les réseaux sociaux dans le football est malgré tout considérable. Les supporters et les médias traitent les questions d’image et ne prennent pas uniquement en compte les performances d’un athlète. Il est donc de plus en plus difficile, aujourd’hui, de juger un footballeur uniquement sur l’aspect sportif.

A propos de Benjamin Mondon 274 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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