France – Belgique (1-0) : les notes

EN FINALE DE LA COUPE DU MONDE !

Bravo les Bleus une fois de plus ! Cette demi-finale de Coupe du Monde était un moment difficile à négocier pour l’équipe de France. Souvent privée de ballon, elle s’en est remise à sa générosité, son abnégation et son application pour passer, grâce à un coup de crâne de Samuel Umtiti. Nos amis les Belges n’ont pas démérité et peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli dans la compétition. Mais la finale est totalement méritée pour nous. Deux scénarios s’offrent à nous désormais : rééditer l’exploit de 1998, ou faire couler les larmes comme en 2006…

Les notes :

Hugo Lloris (7,5) : si souvent critiqué avant la Coupe du Monde, Lloris aura su rebondir d’une saison en demi-teinte à Tottenham pour devenir un des meilleurs gardiens du tournoi, sinon le meilleur. Les Belges n’ont cadré que trois frappes. Mais il faut saluer la détente du gardien français lorsque, d’une reprise, Toby Alderweireld a cru ouvrir le score (21′) : probablement un des arrêts du Mondial. D’une frappe lointaine déviée, Axel Witsel n’aura pas non plus su tromper la vigilance de Lloris (81′).

Benjamin Pavard (5,5) : mis en difficulté par Eden Hazard, Pavard en a vu de toutes les couleurs face au lutin de Chelsea. Le latéral droit a malgré tout fait de son mieux. Servi par Mbappé, il aurait pu ouvrir le score, et rééditer la belle histoire qu’il a écrit contre l’Argentine. Seul le pied bien placé de Thibaut Courtois l’en a privé (40′).

Raphaël Varane (9) : un véritable monstre, tel qu’il n’en existe que dans les superproductions américaines. Le danger venait de partout : de Lukaku dans les duels aériens, de Hazard et Kevin De Bruyne sur les dribbles. Le défenseur du Real s’est montré intraitable sur chaque ballon. Il a d’abord écœuré les Belges en détournant, de la tête, un tir d’Eden Hazard qui prenait la direction du but (19′). Puis sa présence dans chaque duel a été précieuse, ne commettant aucun impair, et faisant un doigt d’honneur au passé. Il y a quatre ans, son erreur de marquage face à Mats Hummels avait fait sortir la France du Mondial. Aujourd’hui, sa prestation nous envoie en finale. Et si le vainqueur de la Ligue des Champions rajoutait un trophée encore plus prestigieux à son palmarès de la saison ?

Samuel Umtiti (8) : tout aussi précieux que Varane en défense, Umtiti a été le sauveur des Bleus, grâce à cette tête smashée sur corner. Passant devant Marouane Fellaini et trompant Thibaut Courtois, le Barcelonais a envoyé son équipe en finale (51′). S’il a commis quelques approximations en passant au travers de quelques rares ballons brûlants, sa prestation est XXL. Dégagements importants, présence dans les duels : autant de qualités qui montrent que la charnière centrale de l’équipe de France est son premier atout.

Lucas Hernandez (6,5) : face au remuant Nacer Chadli, qui surprenait son monde depuis le début du tournoi, Hernandez devait se contenter de défendre, toute montée se révélant périlleuse pour ses arrières. Il a été intraitable. Un véritable lion.

Paul Pogba (7,5) : un début de match de très haute volée. Le milieu de Manchester s’est consacrée aux tâches offensives avec brio. Mais dès la fin de la première période, Pogba s’est surtout mis en valeur par son abnégation en défense. Il a d’abord éteint Mousa Dembélé, joueur-clé du milieu belge, avant de s’en prendre à Fellaini qu’il a muselé, à l’exception d’une action chaude sans gravité en deuxième mi-temps. Dans la lignée de son impressionnante Coupe du Monde, Pogba a été essentiel dans les duels, et a montré des ressources mentales exceptionnelles.

N’Golo Kanté (7) : essentiel à la récupération, il est venu coller aux basques de Kevin De Bruyne. On se demande toujours combien de poumons il a, et combien d’efforts il peut généreusement effectuer, toujours avec la même intensité et sans broncher. En seconde période, il a été moins inspiré dans ses choix, et s’est concentré sur le cas Hazard. Mission accomplie, N’Golo, malgré ce carton jaune récolté en fin de match (87′).

Blaise Matuidi (8) : il y a encore quelques semaines, quelques jours, Matuidi était critiqué par la quasi-totalité des observateurs du foot français, nous les premiers (personne n’est parfait). Pas assez technique et sexy par rapport à ses compères Pogba et Kanté, le guerrier Blaise savait néanmoins qu’il pouvait compter sur ses meilleures armes : sa vitesse, sa capacité à casser les passes et les lignes, et surtout une envie sans pareil. Placé face à De Bruyne, il n’a posé que des soucis à la star des Diables Rouges. Il mérite d’être reconnu à sa juste valeur. En fin de match, les Belges l’ont ciblé en le brutalisant dans les duels. A ce petit jeu, c’est Eden Hazard qui a eu le dernier mot et provoqué la sortie de Matuidi pour Corentin Tolisso (non noté) à la 86e. Tolisso aurait d’ailleurs pu doubler la mise si Mbappé l’avait servi plus tôt sur un contre (90’+3).

Kylian Mbappé (5) : le match s’annonçait difficile pour lui. La stabilité de la défense belge ne permettait pas de passer sur la vitesse. Dans un registre différent, Mbappé a tenté de se muer en passeur, cherchant systématiquement la combinaison. Il a proposé des choses intéressantes, mais de manière trop rare et sans trop d’inspiration. En revanche, ses efforts défensifs méritent d’être soulignés.

Olivier Giroud (6,5) : des trois attaquants français, il a été le meilleur dans cette demi-finale. Prompt à se replacer et gêner les relances belges, il a contribué à mettre l’axe central belge sous pression. L’avant-centre a bien servi de pivot, mais s’est montré malheureux sur ses tentatives. Il a placé une tête dangereuse sur coup de pied arrêté (31′) avant de voir son tir dangereux dévié par Vincent Kompany (50′). C’était l’action qui précédait le corner victorieux. Giroud a à nouveau buté sur Courtois (56′) avant de sortir à la 85e pour Steven Nzonzi (non noté). Le Sévillan a été utile pour préserver le score en densifiant au milieu.

Antoine Griezmann (6) : un créateur peu inspiré qui s’est mué en infatigable défenseur, comme il l’a appris à l’Atlético. Mais il est capable de faire la différence sur des actions de génie, et il l’a encore rappelé. C’est lui qui offre le but des Bleus à Umtiti en tirant le corner décisif.

Bonus :

Didier Deschamps (8) : depuis des années, la majorité des observateurs du football en France avait fait de Deschamps son plus grand souffre-douleur. Toujours critiqué sur ses compositions et ses choix, toujours raillé sur sa “chatte”, le sélectionneur français a su passer au travers de tout cela, comme Aimé Jacquet en son temps. Joueur-clé de l’épopée de 1998, pourra-t-il s’adjuger, lui aussi, un sacre mondial ?

Adil Rami (8) : aucune minute de jeu depuis le début de la compétition. Mais des conférences de presse qui tournent au show, et une bonne humeur qui est sans nul doute le ciment du groupe français. Rien que pour ça, Adil Rami mériterait un titre de champion du monde.

Benjamin Mendy (8) : plus visible sur Twitter et Instagram que sur une pelouse, le latéral s’est fait chiper sa place de titulaire par Hernandez dès l’entame du Mondial. Peu importe ! Benjamin Mendy prépare le remake du cultissime “Les yeux dans les Bleus”. Là aussi, on ne peut que souhaiter la victoire finale.

Florian Thauvin (8) : attendu comme le Messie par une secte de fanatiques olympiens, raillé par le reste de la France, “Flotov” cire le banc de touche comme personne. Et à force de presser les oranges, il pourra sans doute se reconvertir chez Tropicana.

Les déclarations des Belges après le match (0) : “On perd contre une équipe qui n’est pas meilleure que nous, on a perdu contre une équipe qui joue à rien […] C’est dommage pour le foot qu’aujourd’hui la Belgique n’ait pas gagné” (Thibaut Courtois). “La France n’était pas meilleure que nous. On saura que le gagnant du Mondial n’était pas une équipe meilleure que la notre” (Vincent Kompany). “Je préfère perdre avec la Belgique que gagner avec la France. On a le plus beau jeu” (Eden Hazard). Messieurs Courtois, Kompany et Hazard, votre frustration est compréhensible. Perdre aux portes de la finale est rageant. Perdre avec la possession de balle l’est tout autant. Mais la France a mérité sa victoire. L’arbitre a toujours pris les bonnes décisions. L’équipe de France s’est montrée meilleure que la Belgique, sur ce match, en contrôlant un jeu belge trop stérile, en défendant très proprement, et en tirant plus souvent au but. Vous n’avez pas été meilleurs que nous sur ces points, ni sur ce match. Peut-être que dans d’autres conditions, cela vous aurait souri, et sans doute que cela vous sourira dans le futur. Néanmoins, aujourd’hui, nul besoin d’être de mauvaise foi dans des déclarations à chaud qui ne reflètent en rien l’avis du chaleureux peuple belge. Vous seriez les premiers outrés si nos joueurs avaient tenu ce genre de propos, et on espère qu’ils ne le feront jamais.

Gary Lineker (0) : “Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne”. Pas super bien vu, Gary.

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