Benjamin Mondon

Hier soir, la France jouait sa qualification et la première place du groupe E contre l’Equateur. Un seul point lui suffisait pour atteindre cet objectif. Elle l’a pris en faisant un bon vieux 0-0, et ce avec une équipe A’ privée de quelques cadres (Cabaye suspendu, les latéraux, Valbuena et Giroud ménagés…). Mais face à un adversaire qui, à 10 contre 11, a montré toute sa valeur et est sorti du Mondial avec les honneurs, ce point sonne comme le minimum syndical à accomplir. Et une salutaire piqûre de rappel avant un huitième de finale qui se jouera face au Nigeria.

Les notes :

Hugo Lloris (6) : la main ferme sur une tête d’Enner Valencia avant la mi-temps, et un bel arrêt sur un tir de Paredes (82′). Une clean sheet plus une prestation de patron pour une soirée presque tranquille. Combo gagnant.

Bacary Sagna (4,5) : Matthieu Debuchy peut dormir tranquille, il n’est pas prêt de cauchemarder. Dans la hiérarchie des arrières droits de l’équipe de France, Sagna est désormais derrière Fantomas. Et c’est dire si on n’a pas vu le bonhomme, qui avait l’opportunité de montrer à Didier Deschamps qu’il avait le talent et les capacités pour être titulaire à ce poste. Caramba, encore raté.

Laurent Koscielny (7) : Un Koscielny taille patron hier soir. Occupé à couvrir les énormes trous laissés par Sagna derrière, il a contenu les offensives équatoriennes qui se sont multipliées en fin de match. Et, il faut le dire, avec un grand succès. Tandis que ses copains Varane et Sakho semblent plutôt portés vers l’avant, il ne faut pas s’y tromper : Kosch’, c’est l’assurance tous risques. Dommage qu’il ne réponde présent que dans des matchs à l’enjeu secondaire, et pas dans les grandes rencontres où on aurait davantage besoin de lui.

Mamadou Sakho (5,5) : il a calmé d’entrée les ardeurs équatoriennes d’un coup de coude (7′) qui aurait pu lui valoir l’expulsion directe sans passer par la case jaune. Présent dans les duels, il est tant bien que mal parvenu à aller de l’avant. Quelques crampes, comme un symbole de sa fragilité après sa sortie contre la Suisse, ont poussé DD à le remplacer (61′) par Raphaël Varane (5).

Lucas Digne (5,5) : quelques montées intéressantes sur son côté gauche, en début de match et en seconde mi-temps. Il provoque l’expulsion du capitaine équatorien Antonio Valencia en se prenant une bonne semelle de celui-ci sur le genou (48′). Sinon, une prestation assez quelconque et décevante, défensivement notamment. Dommage qu’Evra n’ait pas de concurrent satisfaisant.

Paul Pogba (6) : une grosse première mi-temps où le milieu de 21 ans s’est pleinement impliqué dans la construction du jeu français, mais une deuxième un peu plus décevante où il n’est pas parvenu à apporter le même impact. Il a apporté le danger avec quelques occasions : une première tête sortie par Dominguez (38′), une deuxième qui aurait pu faire mouche mais trop croisée (73′), et enfin une frappe lointaine qui passe de peu à droite du but (89′).

Paul Pogba à la peine face à la muraille équatorienne.

Paul Pogba à la peine face à la muraille équatorienne.

Morgan Schneiderlin (6,5) : sa première titularisation en Bleu est une des satisfactions de la soirée. Dans un registre différent de Cabaye, moins offensif , il a surtout joué avec sa défense centrale. Et pris un sacré paquet de coups dans les duels, à l’image d’une balayette qu’il a dû se manger en première mi-temps. Il est à l’origine de l’action qui amène l’occasion de Griezmann (47′). Après le match, il s’est déclaré « pas très satisfait de son match » : c’est bon signe, il en veut.

Blaise Matuidi (7) : il a été présent au combat avec les Equatoriens. Et pas besoin de sauver le soldat Blaise, il s’en sort tout seul. Cristian Noboa, dont le cuir chevelu a souffert des duels avec le milieu du PSG, peut témoigner. Dans le jeu offensif, ça combine toujours aussi bien avec Benzema, à l’image d’une superbe action qu’il conclut par une frappe sur l’homme du match, le gardien équatorien Dominguez (62′). Remplacé (67′) par un Olivier Giroud (5,5) qui a apporté énormément d’impact face aux défenseurs sud-américains, avec quelques gestes assez limites. Mais qui a été malchanceux et a envoyé une tête sur Dominguez dans les derniers instants de la partie (90’+2).

Moussa Sissoko (5) : Didier Deschamps l’avait sorti du milieu pour tenter l’expérience de l’insérer dans le triangle offensif, à la place de Valbuena. Au moins, la prochaine fois, DD saura ce qu’il ne faut pas faire, tant Sissoko, brouillon, a souffert de la comparaison avec son homologue marseillais. Et cela malgré une belle reprise (15′) et même si les offensives sont passées par son côté.

Karim Benzema (5) : rendez-nous le serial buteur du début de ce Mondial! Sans Valbuena et en dépit de ses combinaisons avec Matuidi, on n’a quasiment pas vu le Madrilène. Un peu trop court de la tête sur un centre qui avait trompé la vigilance de Dominguez (27′), il a envoyé une frappe enroulée sur le portier (44′) avant de buter à nouveau sur lui (84′). Belle passe en retrait pour Pogba (59′). Un match sans grand enjeu et vu le peu d’efforts faits, Karim l’avait bien compris. Il sera de retour au sommet de son art en huitièmes.

Karim Benzema, décidément très impuissant face à l'Equateur.

Karim Benzema, décidément très impuissant face à l’Equateur.

Antoine Griezmann (5) : on a vu bien mieux de lui. Une prestation sans grand relief et pas forcément évidente, au vu de sa difficulté à peser sur une défense équatorienne assez dure, qu’il aura tant bien que mal essayé de bouger par sa mobilité. Dominguez a détourné son tir de l’extérieur du gauche sur le montant (47′). Deschamps l’a sorti (79′) pour Loïc Rémy (non noté), dont le tir enroulé sur le gardien (87′) montre bien que son ratio de buts par occasions reste à peaufiner.

© Reuters / © Franck Fife – AFP