France – Jamaïque : les notes

Benzema a réalisé un match de haute volée.

L’équipe de France a gagné 8-0, contre la Jamaïque, le 8 juin (prononcez “8 joint”) 2014. Non, vous n’avez pas trop bu, moi non plus d’ailleurs. Mais la Jamaïque n’a pas l’étoffe de la Suisse ou de l’Equateur, pas même du Honduras. A l’image de son gardien Barrett, auteur d’une prestation qui lui aurait presque valu un zéro pointé si nous avions dû le noter. Fort heureusement pour les Jamaïcains, on va se limiter aux joueurs de l’équipe de France, histoire de ne pas vexer davantage leurs egos. La Jamaïque reste bien sûr la terre du reggae, mais n’est pas prête de devenir celle du football. Ah, si Usain Bolt avait été sur le terrain…

Trêve de plaisanteries, c’est de la France dont nous allons parler. Une défense qui n’a rien eu à faire, un milieu assez inspiré, une attaque qui combine bien et qui marque, voilà l’essentiel à retenir de la rencontre qui s’est déroulée au stade Pierre-Mauroy de Lille, et devant un public comme on aimerait en voir souvent.

Les notes :

Hugo Lloris (6) : soirée on ne peut plus tranquille pour le dernier rempart de Tottenham, qui s’est bien rattrapé après avoir été fautif la semaine dernière contre le Paraguay. Il s’est distingué essentiellement dans les airs, avec des sorties aériennes aux poings et des prises de balle très sûres. Seul bémol, les dégagements. Il va vraiment falloir que les deux défenseurs centraux lui envoient le ballon sur son bon pied. Le gauche.

Matthieu Debuchy (5) : pas très en vue, le latéral s’est toutefois montré plus rassurant que la paire Varane – Sakho, notamment en dégageant un centre à ras-de-terre très dangereux que ses deux acolytes avaient dangereusement laissé filer (13′). Touché sur un contact dans la surface jamaïcaine (35′), il a laissé sa place à Bacary Sagna (5,5) à la mi-temps. Celui-ci a réalisé une prestation correcte sans toutefois se démarquer du lot.

Plus de peur que de mal pour Mathieu Debuchy, sorti à la mi-temps après un contact.
Plus de peur que de mal pour Mathieu Debuchy, sorti à la mi-temps après un contact.

Raphaël Varane (4) : la note peut paraître sévère mais montre bien qu’il est possible de gagner la Ligue des Champions et de foirer le peu de travail proposé par la Jamaïque. Malmené, Varane a beaucoup hésité, si bien qu’il a réussi le tour de force de concéder un corner alors qu’il faisait écran entre la balle et un attaquant adverse absolument inoffensif. Malgré une tête piquée sur corner détournée par Barrett, c’est une soirée à oublier pour lui, car on sait qu’il peut faire bien mieux. Mais le vrai patron aux côtés de Sakho, pour le moment, ça reste Koscielny!

Mamadou Sakho (5) : le Parisien a passé une soirée un peu trop tranquille. Difficile, en effet, d’aborder un Mondial avec si peu d’offensives à se mettre sous la dent. Le défi sera tout autre avec la Suisse de Drmic et Shaqiri, ou encore l’Equateur des deux Valencia.

Patrice Evra (6) : en définitive, il ne défend pas, et ne le fera probablement jamais. Ce soir, la menace s’est faite rare, mais elle sera bien réelle au Brésil. Crédité d’une passe décisive avec un centre de la gauche pour Matuidi (66′), couronnant une performance offensive de réelle qualité.

Moussa Sissoko (6) : l’ancien Toulousain a un style de jeu assez particulier. Tantôt il paraît maladroit (à l’image d’un dangereux coup franc à la 6′ où il lâche totalement son marquage) et trop juste techniquement, tantôt il semble pouvoir s’insérer dans le dispositif offensif des Bleus, comme durant les dernières minutes de la rencontre au cours desquelles il n’a cessé d’apporter le danger vers les buts de Bennett. Une passe décisive délivrée de la gauche pour Griezmann (89′) vient consacrer une soirée plutôt mitigée. Laissons Didier Deschamps lui faire confiance.

Yohan Cabaye (6) : l’ex-Lillois s’est assis sur le fauteuil dévolu à Paul Pogba, et a réalisé 20 grosses premières minutes. Inspiré, à l’aise, il a ouvert le score après une déviation d’une louche de Valbuena par Giroud, avec un enchaînement amorti poitrine – frappe croisée qui a laissé peu de chances à Jacomeno Barrett. Moins en vue après sa réalisation, il a pris un carton jaune stupide en fauchant grossièrement Joel Grant (45′). Avant d’être remplacé (59′) par Rio Mavuba (6), capitaine du LOSC et auteur d’une bonne prestation à la récupération, Cabaye est à l’origine du but de Giroud (53′).

Blaise Matuidi (7,5) : son match le plus abouti en équipe de France. Présent pour défendre, inspiré pour aller de l’avant, opportuniste, il a signé un doublé. Un premier but d’une frappe lointaine, à gauche, qui passe entre Barrett et son premier poteau (20′) pour porter le score à 2-0. Un second à la réception d’un centre à ras-de-terre d’Evra, en extension (66′), pour le 6-0. Et l’entente Matuidi – Benzema fonctionne à merveille : le premier est d’ailleurs passeur décisif sur le deuxième but du second (63′). DD a sorti Matuidi à la 72′ pour faire jouer Paul Pogba (non noté) dans un rôle inhabituel de milieu offensif gauche. Le joueur de la Juve a fait chavirer le public lillois d’une magnifique déviation du genou (85′).

Mathieu Valbuena (7) : il est sans doute possible de se passer de Franck Ribéry. Mais pas de Mathieu Valbuena. Avoir un créateur de sa trempe, ce n’est pas donné à toutes les sélections. Parfaitement inséré dans l’armada offensive tricolore, commandant les incessantes permutations avec Benzema et Giroud, il a bâclé quelques corners, avant d’être décisif sur le premier pion du Madrilène (38′). Egalement actif en deuxième période avec une reprise qui passe de peu à côté (74′), il se rate magnifiquement devant le but dans l’action qui amène la première réalisation de Griezmann (77′). Ce qui lui a valu de se faire chambrer par ses coéquipiers et son coach, avant son remplacement (80′) par un Loïc Rémy (non noté) bien moins opportuniste que face à la Norvège ou au Paraguay.

Olivier Giroud (6,5) : le Gunner a mis beaucoup d’impact. Quelques contrôles manqués (mais un modèle du genre réussi dans la surface à la 11′), quelques petites frappes sur Barrett en première mi-temps. Mais surtout un but d’une demi-volée imparable sur un centre venu de la gauche de Benzema. Auteur d’une passe décisive sur le but de Cabaye, il est à l’origine de la deuxième réalisation de Matuidi en récupérant le ballon dans les pieds d’une défenseur adverse (66′). Une prestation solide qui confirme son statut de titulaire. Remplacé à la 72′ par Antoine Griezmann (non noté) qui, dès son entrée, a profité des largesses défensives jamaïcaines pour signer un doublé, d’abord en récupérant le centre de Benzema que Valbuena avait laissé filer pour frapper entre Barrett et son poteau gauche (77′), puis en déviant un centre de Sissoko d’une talonnade (89′).

Benzema a réalisé un match de haute volée.
Benzema a réalisé un match de haute volée.

Karim Benzema (8) : si on vous avait dit, il y a deux ans de cela, que l’attaquant du Real Madrid inscrirait un doublé et délivrerait trois passes décisives, vous ne l’auriez pas cru. Et nous non plus. C’est un Benzema étincelant qui en a mis plein la vue au public lillois hier soir. Deux buts, deux très belles frappes côté gauche, l’une enroulée semblable à celle d’Antoine Griezmann face au Paraguay (38′), l’autre soudaine dans la lucarne gauche de Barrett (63′). Un magnifique tir détourné qui sentait le triplé mais qui a heurté l’intérieur du poteau gauche pour ressortir (70′). Trois passes décisives pour Matuidi (20′), Giroud (53′) et Griezmann (77′). Et en dehors de ça, de bonnes combinaisons avec Blaise Matuidi, des permutations parfaitement menées avec Giroud et Valbuena, des enchaînements de très haut niveau. DD l’a sorti à la 87′ pour permettre à Morgan Schneiderlin (non noté) de disputer ses premières minutes en Bleu.

© AFP – Denis Charlet / © AFP – Philippe Huguen

A propos de Benjamin Mondon 272 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

1 Trackback / Pingback

  1. Bob Marley et le football, une passion mortelle - Papinade

Laisser un commentaire