Frank de Boer, l’homme qui a sauvé l’Ajax

Entraîneur de l’équipe première depuis 2010, Frank de Boer a remis sur les rails un club en perdition. Quatre ans plus tard, l’Ajax Amsterdam compte quatre titres de champion des Pays-Bas et deux Coupes nationales supplémentaires dans son immense palmarès.

Enfant puis capitaine emblématique et enfin légende de l’Ajax Amsterdam. Frank de Boer a dédié sa vie au club ajacide qui lui rend bien. Avec le brassard autour du bras lors de la campagne de Ligue des Champions victorieuse en 1995, le légendaire défenseur néerlandais a inscrit son nom à jamais dans les livres d’histoire et dans les mémoires. Nommé entraîneur de l’équipe première de l’Ajax Amsterdam en 2010, Frank de Boer se pose ni plus ni moins comme l’homme qui a sauvé le club et perpétué la légende.

Le pressing comme arme

L’Eredivisie est considérée comme un championnat mineur et est donc peu médiatisée en-dehors des frontières du Pays-Bas. Pourtant, le championnat néerlandais abrite des équipes joueuses composées de jeunes joueurs au talent indéniable. Surtout, un club parmi les plus mythiques en Europe y évolue tous les weekends : l’Ajax Amsterdam. Vainqueurs de quatre Ligues des Champions, dont trois consécutives (en 1971, 1972, 1973) grâce à la légende Johan Cruyff, les Lanciers peuvent se targuer de faire partie des meilleurs clubs européens. Plombé par l’arrêt Bosman, qui a permis au club d’avoir un nombre de joueurs étrangers illimité, le club néerlandais n’a cependant jamais abandonné ce qui a toujours fait sa force : la formation. L’Ajax Amsterdam se place depuis de très longues années comme un centre de formation de très haut niveau, parmi les meilleurs du continent, mais le club excelle dans la post-formation. En effet, de nombreux joueurs ne sont pas formés à l’académie ajacide mais sont estampillés “Ajax” puisqu’ils sont recrutés très jeunes par les excellents scouts du club néerlandais. Cela a été le cas pour Marco Van Basten, recruté à 16 ans, et actuellement des joueurs comme Richairo Zivkovic ou Viktor Fischer le prouvent.

Frank de Boer, lui, s’avère être un pur produit de l’Ajax Amsterdam. Rugueux défenseur central, l’ex-capitaine du club a choisi le banc de touche comme seconde carrière et c’est une réussite. Dans une interview pour le magazine So Foot, il a délivré une des clés de sa réussite : “Moi, je voulais évoluer en 4-3-3 avec deux ailiers, et surtout onze défenseurs pour presser. Si je veux mettre la pression correctement, cela passe par le 9.” Mais qui était donc cet attaquant de pointe lors de la prise de fonctions de Frank de Boer ? Luis Suarez. Le coach néerlandais a joué un grand rôle dans l’évolution du jeu du buteur uruguayen. Et cette tactique, qui revient aux principes enseignés à l’académie de l’Ajax, s’est avérée payante. Un pressing débuté très haut sur le terrain accompagné d’une possession de balle importante, cela représente l’une des plus grandes forces du football moderne.

Je me disais que si j’arrivais à remporter trois championnats d’affilée, je pourrais mettre un terme à ma carrière !

Privé de titre de champion pendant sept ans, le mythique club de l’Ajax Amsterdam s’en est donc remis à l’une de ses anciennes gloires pour le sauver. Toujours pour So Foot, Frank de Boer a livré une anecdote intéressante : “Je me disais que si j’arrivais à remporter trois championnats d’affilée, je pourrais mettre un terme à ma carrière ! Bon, finalement, on en est à quatre et je suis toujours là.” L’entraîneur ajacide obtient d’excellents résultats depuis son arrivée et tout cela avec une équipe très jeune. Depuis de trop nombreuses années, l’Ajax s’est transformé en club formateur et voit ses talents partir bien avant d’avoir atteint la maturité nécessaire.

L’Eredivisie est devenu un championnat de seconde zone pour beaucoup. Pourtant, il renferme de très nombreuses pépites, que ce soit au niveau des joueurs ou des entraîneurs. Frank de Boer a mis fin à la traversée du désert de l’Ajax Amsterdam en lui redonnant une identité, une véritable philosophie. Finalement, l’Ajax ne s’est jamais mieux portée que lorsqu’elle a suivi ses principes et ses idées.

 

© telegraph.co.uk

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire