Sébastien Girard

À Mayence, le nom de Gaëtan Bussmann n’est plus cité avec celui des remplaçants. Titulaire en puissance depuis le mois de janvier, le Français se livre sur son expérience en Bundesliga.

Gaëtan Bussmann - Mayence

En quittant Metz, relégué en Ligue 2, à la toute fin du mois d’août 2015, Gaëtan Bussmann n’imaginait pas se retrouver sur la scène européenne un an plus tard. Pourtant, le latéral gauche de 25 ans entame cette nouvelle saison dans le costume du titulaire qu’il a laissé aux vestiaires en fin de saison dernière. Arrivé sur la pointe des pieds en Bundesliga, Gaëtan Bussmann profite de chaque instant. Dans sa deuxième et dernière année de contrat avec Mayence, le Français ne semble pas avoir envie de quitter le club avec qui il n’a pas encore entamé de discussions en vue d’une prolongation de contrat. Entretien.

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre Mayence et la Bundesliga ?

Gaëtan Bussmann : J’ai signé à deux jours de la fin du mercato et je voulais absolument quitter la France. Je n’avais pas énormément de choix à ce moment-là. Ce qui me plaît en Bundesliga ? L’ambiance, les infrastructures… On ne fait pas mieux en Europe. Les stades sont remplis. La saison dernière, à la 33e journée, on est allés à Stuttgart et il y avait encore 55 000 personnes dans les tribunes. A chaque match, les stades sont pleins. J’ai marqué contre Schalke 04 et, quand tu as 35 000 personnes qui t’acclament, c’est fou.  Le style de jeu me convient également.

Les débuts ont pourtant été compliqués pour vous…

Oui mais c’est la phase d’intégration. Pendant les premiers mois, je prenais des cours d’allemand tous les jours, pendant trois heures. Je m’entraînais le matin et j’apprenais la langue l’après-midi. Je ne faisais pas la sieste. C’était dur. Mais, à partir de janvier, j’ai pu laisser les cours de côté, faire une heure au lieu de trois, et me concentrer exclusivement sur le football, me reposer. C’est à partir de ce moment, où j’ai pu tout donner, que j’ai pris la place de titulaire. Si j’ai peur de la concurrence ? Non. Avec l’Europa League, on sera obligés de faire tourner. Et avec un groupe de 26 joueurs, tout le monde aura la possibilité de jouer.

Vous allez découvrir l’Europe alors que vous jouiez en Ligue 2 trois saisons plus tôt. Comment appréhendez-vous cela ?

Je savoure chaque moment. On travaille pour cela depuis que l’on a signé notre premier contrat professionnel. On ne sait pas si on pourra encore se qualifier pour une telle compétition. Ce n’est pas donné à tout le monde de finir cinquième ou sixième de Bundesliga ! Il faut profiter. On a six matches d’Europa League à jouer, il faut le faire à fond. L’équipe de France ? Non, je n’y pense pas. Ce n’est pas un objectif. Quand je vois Layvin Kurzawa avec le Paris Saint-Germain… Je ne suis pas à son niveau.

Que vous demande votre entraîneur, Martin Schmidt ?

Du travail. On ne doit jamais rien lâcher, faire un pressing très important et très haut. Il ne faut pas laisser respirer l’adversaire.

Mayence a perdu des joueurs importants avec Loris Karius et Julian Baumgartlinger. Mais le club semble se tourner vers la France pour recruter, c’est une stratégie ?

Non, je ne pense pas. Le club recrute des joueurs pouvant avoir un impact. Qu’ils jouent en France est un détail. On a perdu des joueurs importants mais le club a recruté pour les remplacer, poste pour poste. Il y a quelques recrues, pas des joueurs phares mais de bons joueurs. Jonas (Lössl) est dans la même veine que les gardiens allemands, il reste sur ses appuis et fait confiance à ses réflexes. Jean-Philippe (Gbamin) est un joueur d’avenir. C’est pour cela que le club l’a recruté, pas parce qu’il est Français.