Gareth Bale dans l’impasse ?

Le ton était donné. Se présentant face aux journalistes après la défaite du Real Madrid en amical face au Bayern Munich (3-1), le 20 juillet dernier, Zinédine Zidane actait le départ de Gareth Bale en expliquant sa non-convocation pour la rencontre. “Il n’a pas été convoqué car le club négocie son départ. C’est pour ça qu’il n’a pas joué. Vous verrez dans les prochains jours ce qu’il va se passer. S’il part demain, c’est mieux. Espérons que ce soit imminent pour tout le monde, même pour lui.” Une déclaration explosive qui avait valu à Zizou les foudres de l’agent de l’ailier gallois.

Un mois plus tard, Gareth Bale est pourtant toujours là. Toujours vivant, toujours debout. Les portes du mercato chinois, qui lui faisait de l’oeil, se sont refermées. Le Bayern Munich, autre prétendant crédible, a préféré miser sur Philippe Coutinho et Ivan Perisic. La situation s’est complètement retournée. A tel point que Zidane inclut désormais Bale dans ses plans pour la saison à venir. “Ce qui a changé, c’est que le joueur veut rester. Rien de plus. […] Mais le plus important est que le joueur veuille rester. Et nous comptons sur lui. C’est un joueur important pour nous”.

Bale, le Real et Zidane, un amour vache

Lorsque Gareth Bale arrive au Real en 2013, on est à dix mille lieues d’imaginer cette situation six ans plus tard. Acheté pour environ 100 millions d’euros, le Gallois est alors le joueur le plus cher de l’histoire. Surtout, il va crever l’écran dès sa première saison. Il est l’un des grands artisans du triomphe du Real en Ligue des Champions, étant buteur décisif en finale.

Intégré dans le coeur de l’attaque madrilène avec Cristiano Ronaldo et Karim Benzema, Bale ne l’est pas autant dans le vestiaire. Il n’a jamais appris l’espagnol et n’est que rarement présent aux soirées organisées par ses coéquipiers. Pourtant, le joueur semble s’épanouir au Real. Lorsque Zinédine Zidane arrive sur le banc du Real en janvier 2016, il prend bien soin de caresser le Gallois dans le sens du poil. Déjà dans le staff madrilène lors de la venue de Bale en 2013, il avait alors décrit “le footballeur qui [l’]impressionne le plus” derrière Ronaldo et Messi.

Rapidement, entre les deux hommes, quelque chose semble pourtant se casser. Bale est à nouveau un homme providentiel du sacre européen en 2016. Mais peu à peu, le passage d’un 4-3-3 à un 4-4-2 le pousse sur le banc. De titulaire indiscutable, il devient un super-sub. Il débute les finales européennes de 2017 et 2018 comme remplaçant. Et pourtant, cela ne l’empêche pas de réaliser des rentrées fantastiques. En 2018 face à Liverpool, il signe un doublé pour permettre à Madrid de remporter la Ligue des Champions.

Zidane quitte le Real quelques semaines plus tard. Gareth Bale est l’un des seuls joueurs à ne pas afficher publiquement de regret quant au départ de son coach. Il avouera même ne pas avoir gardé de contact avec lui. Sous Julen Lopetegui et Santiago Solari, il redevient la pierre angulaire d’un Real en pleine reconstruction.

Le retour surprise de Zinédine Zidane au printemps dernier condamnait donc Bale, le Français lui montrant clairement la porte. La prédisposition du Gallois à jouer au golf pendant les matchs de ses coéquipiers n’aurait pas joué en sa faveur.

Quel avenir pour Bale ?

Sauf retournement de situation, Gareth Bale devrait pourtant être un joueur du Real Madrid pour la saison 2019/2020. Au moins, jusqu’au mercato d’hiver. Car si Zidane l’intègre à ses plans, c’est peut-être aussi pour mieux pouvoir le vendre en janvier. Aujourd’hui âgé de 30 ans, Bale a encore de belles années devant lui. Les qualités qui ont fait sa force, dont sa vitesse et son sens du but, sont encore intactes. Elles devraient lui permettre d’attirer de nombreux courtisans.

Mais le souhait du joueur semble aujourd’hui de s’intégrer pleinement dans l’équipe première du Real. Lors de la première journée de Liga, face au Celta Vigo, Bale remplaçait numériquement Eden Hazard, blessé, à droite. Au vu de la fragilité du Belge et de l’inconstance de Vinicius Junior, le Gallois a un coup à jouer. Encore faut-il qu’il revienne en grâce auprès de son coach. Les dernières déclarations de Zidane, espérons-le, auront peut-être calmé le jeu entre les deux hommes.

A propos de Benjamin Mondon 191 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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