Guingamp, entre Europe et Ligue 1

Guingamp - Minsk, Europa League

Bon dernier de Ligue 1 avant sa victoire face à Bastia lors de la 12ème journée, l’En Avant, qui était sorti de la zone de relégation, connait un début de saison pénible. Battu, logiquement, par le PSG à Pékin lors du trophée des Champions, Guingamp ne comptait, au soir de la 9ème journée, que 6 points : deux victoires pour sept défaites. Au stade Pierre Mauroy, les joueurs de Jocelyn Gourvennec se sont offerts du répit en venant à bout d’une équipe lilloise, elle aussi en perdition, avant de chuter lourdement, à domicile, face à Nice.

Guingamp - Nice, Lössl et les guingampais à terre

Dans une situation critique, les guingampais ont fait prévaloir leur belle solidarité collective face à des insulaires complexés et très fébriles sur le point de vue défensif. Une victoire ô combien importante pour l’EAG qui, contrairement à ses concurrents directs pour le maintien, sont confrontés à un calendrier chargé. Pas encore entrés en lice en Coupe de la Ligue du fait de leur qualification en Europa League, les Guingampais ont pourtant déjà disputé pas moins de 17 matchs depuis le début de saison. Pour une équipe aux maigres moyens (19ème budget du championnat), ce n’est pas facile à gérer : 4 matchs en compétition européenne, autant de défaites en Ligue 1 lors des rencontres qui ont suivi celles de la Ligue Europa. L’apprentissage est douloureux mais du côté de Guingamp, on ne veut pas s’en servir comme excuse.

D’ailleurs, il n’est pas anodin de constater que des trois clubs français engagés dans cette édition 2014 – 2015, ce sont bel et bien les costarmoricains qui sont les seuls à avoir leur destin entre les mains puisqu’avant le déplacement à la Fiorentina, ils sont deuxièmes avec trois points d’avance sur le PAOK, à la faveur de leur victoire face aux Grecs en Octobre. Avec pas moins de 20 joueurs qui ont disputés au moins 5 matchs depuis le début de saison, Jocelyn Gourvennec a mis en place un turn-over important bien qu’handicapé par les blessures ou les suspensions comme celles de Samassa – bien suppléé toutefois par Lössl – Jacobsen, Sankoh, Lévêque, Lemaître ou Cardy. Trop d’absences qui rendent difficile la mise en place du projet de jeu même si de belles individualités ont éclos à l’image d’un Sambou Yatabaré qui n’a pas tardé à se faire une place au soleil, déjà loin de l’ombre de son frère.

Guingamp - Minsk, Europa League

L’adaptation du contingent de recrues ne s’est pas non plus faite des plus aisément. Avec deux compétitions à disputer, le club guingampais a logiquement voulu étoffer son effectif en doublant tous les postes et amenant ainsi de la concurrence. Seulement, si des joueurs comme Sambou Yatabaré ou Sylvain Marveaux ont déjà posé leur patte sur le jeu de l’EAG, certaines recrues peinent encore à se mettre en valeur comme Jérémy Pied ou Ronnie Schwartz, l’un des trois danois arrivé cet été. En Superligaen, le jeune attaquant (25 ans) sortait pourtant de deux saisons convaincantes avec le Randers FC, si on le dit adroit à l’entraînement – et il l’est – en match, c’est tout autre chose. En manque de confiance et de repères, peut-être parfois un peu trop esseulé, il peine à se montrer décisif. Toutefois, ses progrès sont encourageants et à l’image de son équipe, la victoire douloureuse face à Bastia puis celle en Europa League contre le Dynamo Minsk pourrait lui avoir redonner un souffle nouveau, lui qui, comme l’ensemble de l’effectif, n’a jamais baissé les bras.

Si le match qui a suivi la victoire face aux Biélorusses n’a pas rompu avec les habitudes : les guingampais se sont inclinés 3 buts à 1 face à l’OL à Gerland, il a laissé entrevoir de belles choses qui vont devoir être confirmées lors des prochains matchs face à des concurrents directs pour le maintien (Evian, Caen, Reims), en espérant qu’une qualification pour les seizièmes de finale en Ligue Europa soit également au rendez-vous. Ces guingampais là et leur public le méritent.

© Fred Tanneau – AFP

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