Sébastien Girard

Dans un des matches les plus excitants depuis le début de cet Euro, la Turquie affronte la Croatie. Avec le désormais mondialement connu, Hakan Çalhanoğlu.

Hakan Çalhanoğlu - Turquie

Il est considéré comme le meilleur tireur de coups francs du moment, devant Cristiano Ronaldo ou Dimitri Payet. Il n’a que 22 ans et est fan de Juninho, évidemment. Le style d’Hakan Çalhanoğlu ressemble beaucoup à celui du Brésilien, son modèle. Nouvelle star de la sélection turque, le milieu de terrain du Bayer Leverkusen aura pour mission de porter les Ottomans lors de cet Euro. Il devra déjouer le piège croate et son milieu de terrain qui figure parmi les meilleurs au monde.

Hakan, l’artiste

Tout a commencé le 24 février 2014, sous le maillot de Hambourg. Sur un coup franc anodin, à 41 mètres des cages, Hakan Çalhanoğlu s’élance, sans opposition. Sa frappe puissante et travaillée surprend tout le monde et le HSV l’emporte 3 – 0. « Je pense que c’est l’un de mes plus beaux gestes. Le gardien ne s’y attendait pas, il n’y avait pas joueurs de Dortmund devant moi… Donc je l’ai tenté. Mes entraîneurs m’ont toujours encouragé à faire ce genre de choses », a avoué le milieu de terrain. Le Turc, né à Mannheim en Allemagne, a acquis une petite notoriété grâce à ce but. Il l’a cultivé en nettoyant d’autres lucarnes sur coups de pied arrêtés. Depuis son transfert retentissant au Bayer Leverkusen, le numéro 10 a élevé son pied droit au rang d’arme létale. « Beaucoup de gens me considèrent comme un artiste, mais je travaille beaucoup, car c’est dur d’être un artiste. Je fais toujours de mon mieux pour montrer mes compétences », a-t-il confié en conférence de presse à la veille du premier match de l’Euro pour la Turquie.

Comment Hakan Çalhanoğlu pourrait douter de ses qualités, lui qui traumatise les gardiens de Bundesliga ? Polyvalent, il aime jouer derrière l’attaquant. Mais rien ne l’empêche d’évoluer sur les côtés, sans préférence. Manchester United en aurait fait une priorité depuis de nombreux mois maintenant. Du côté de la sélection turque, beaucoup d’espoirs sont placés en lui alors que la véritable star, Arda Turan, n’a pas beaucoup joué à Barcelone et que Gokhan Töre n’a pas été sélectionné pour une sombre affaire impliquant… Hakan Çalhanoğlu. Le jeune Emre Mor a, lui, été sélectionné.

Le Özil turc

Sur un terrain, le joueur du Bayer Leverkusen ne passe pas inaperçu. Actif, il n’hésite pas à participer à la récupération du ballon avant de glisser une passe millimétrée dans les pieds de ses coéquipiers. Du côté des coups francs, il aime les frappes « en feuille morte ». « Un modèle ? Bien sûr, il y a des joueurs du passé que j’ai observés. J’adore David Beckham et Juninho (Pernambucano). Mais j’ai trouvé mon propre style maintenant », dit l’intéressé. Un style lui ayant permis de marquer 11 coups francs direct en Bundesliga, un championnat qu’il aurait pu quitter très tôt. En 2011, Hakan Çalhanoğlu joue à Karlsruhe. Trabzonspor s’intéresse à ce jeune prodige de 17 ans et lui donne 100 000 euros pour qu’il signe un contrat professionnel. Finalement, le milieu de terrain ne signera jamais de contrat avec le club turc, qui a engagé une procédure devant la FIFA. Certains ont craint pour sa présence à l’Euro mais l’instance du football a balayé ces craintes.

Hakan Çalhanoğlu est né en Allemagne et a donc grandi en regardant les exploits de ses aînés. Contrairement à Mesut Özil, il a choisi la Turquie. Mais cela ne l’empêche pas de vouloir ressembler au métronome allemand. « C’est grâce aux Allemands que je suis devenu footballeur mais jouer pour l’équipe nationale turque est un honneur. Je veux être le Mesut Özil turc », déclarait-il au journal Milliyet en 2012. Comme le Gunner, il semble destiné à évoluer dans les plus grands clubs européens. Et à nettoyer les lucarnes.