Paul Bohec

Incroyable hier soir en huitième de finale contre l’Uruguay, James Rodriguez a prouvé beaucoup et notamment qu’il avait l’étoffe d’un très grand joueur. Seul meilleur buteur du mondial avec 5 réalisations – soit autant que les meilleurs buteurs des précédentes éditions – le milieu de terrain colombien rayonne malgré l’absence de Radamel Falcao, blessé. Son premier but hier face à l’Uruguay, brillantissime, m’a fait lever de mon canapé en criant. James, ce génie.

Il faut dire que la blessure de l’avant-centre star de la sélection colombienne a libéré son coéquipier à Monaco. En 6 mois, le milieu de terrain de la Principauté s’est imposé comme l’un des meilleurs du championnat de Ligue 1. En 4 matchs, il s’est imposé comme l’un des meilleurs du monde. L’affirmation est exagérée mais pas complètement fausse tant « El Bandido » impressionne sur le terrain. Face à la Celeste, il était dans tous les bons coups. Clairement dans un autre monde techniquement, il ravit par sa vision du jeu. Sur son deuxième but, sa qualité de déplacement est incroyable pour un joueur d’à peine 22 ans à qui son sélectionneur José Pekerman n’a pas hésité à donner les clés du jeu d’une sélection dont on attendait beaucoup.

Qualifiée avec brio pour les quarts de finale de cette Coupe du Monde pour la première fois de son histoire, la Colombie sera opposée face au Brésil, inquiétant depuis le début de la compétition. Si elle ne part pas forcément avec l’étiquette de favorite, la Tricolor sud-américaine ne part pas non plus défaitiste face au pays organisateur qui a énormément déçu jusqu’à présent. Les coéquipiers de James Rodriguez auront d’ailleurs des armes à faire valoir dont leur meneur de jeu, fer de lance du secteur offensif. Encore un peu faible physiquement et pas toujours appliqué dans le travail défensif, tâche où il peine à se rendre efficace, le monégasque peut compter sur une technique incroyable et sa fantastique capacité à éliminer en un contre un à l’image de son but contre le Japon.

Arrivé en France cet été pour la somme de 45 millions d’€, le jeune joueur était encore méconnu en hexagone, mais pas totalement inconnu : la faute à un but magnifique marqué contre le PSG la saison précédente en Ligue des Champions. Avec 32 buts marqués après 3 saisons passées à Porto, le jeune colombien portait déjà l’étiquette d’un futur crack sur son front. Pourtant, sur le rocher, à l’instar de son coéquipier au Portugal, João Moutinho, le talentueux milieu de terrain a peiné à se faire sa place dans l’esprit de Claudio Ranieri. Touché au mois de juin avec la sélection, sa préparation physique est alors tronquée et ses performances sur le terrain sont, en début de saison, loin d’être à la hauteur des attentes qu’il suscite.

James Rodriguez but Colombie - Uruguay

Cependant, loin d’être perturbé par la blessure à long-terme de son coéquipier en club et en sélection, James Rodriguez va se retrouver propulsé sous les feux des projecteurs. Dépositaire du jeu de l’AS Monaco où il a rayonné avec l’arrivée de Dimitar Berbatov, le jeune colombien s’est imposé comme le leader technique de l’équipe alors que son partenaire portugais du milieu de terrain n’a que trop rarement eu l’impact que devait amener son arrivée. Mais si ses performances avec son club sont très bonnes, celles avec sa sélection depuis le début de la Coupe du Monde relèvent de l’excellence. Double passeur décisif, il a surtout trouvé à 5 reprises le chemin des filets a marqué à chacune de ses 6 dernières apparitions avec la Colombie, le dernier match durant lequel il n’avait pas scoré, James Rodriguez avait délivré une passe décisive à un certain… Radamel Falcao.

Avant d’affronter le Brésil en quart de finale du mondial, James Rodriguez sait que tous les yeux seront braqués sur lui qui, à seulement 22 ans, est devenu l’icône de toute une nation et a offert grâce à une frappe venue d’ailleurs – qui restera certainement comme l’un des plus beaux buts de ce mondial – la qualification aux siens.