Jorge Valdivia, magicien de la Roja

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La tradition latine des numéros 10 esthètes est désormais grande. Juan Roman Riquelme est l’un des exemples les plus frappants, tout comme peut l’être actuellement Javier Pastore. Un joueur de cette trempe demeure méconnu, pourtant il dispute actuellement la Copa America avec le Chili. Son nom c’est Jorge Valdivia, et il est le véritable artiste de la Roja.

Meneur de jeu de la formation de Jorge Sampaoli, Valdivia reste dans l’ombre des Alexis Sanchez et Arturo Vidal. Pour cause, il n’est pas de ces joueurs brillant par les statistiques, il est plutôt de ceux capables de donner des frissons par un contrôle, une passe, ou un dribble. Le football dans toute sa pureté, basé sur l’émotion et rien d’autre. Ne croyez pas pour autant qu’il s’agisse d’un numéro 10 superficiel, incapable de faire peser une réelle pression sur les défenses adverses. Par ses dribbles, Valdivia attire les défenseurs, mais surtout il peut trouver une ouverture improbable pour servir ses coéquipiers dans une position idéale. Il remplit parfaitement le rôle originel du meneur de jeu : créer de l’espace, même là où il n’y en a pas. Symbole d’une Copa America partie sur les chapeaux de roue pour lui et sa sélection, le récital livré face à la Bolivie (5-0). Son caviar distillé à Edu Vargas sur le quatrième but représente à merveille le joueur. Contrôle de balle, prise d’information, réalisation de la passe, les fondamentaux du football paraissent simples avec Valdivia.

Mais pourquoi ne connait-on pas davantage ce joueur en Europe ? Tout d’abord, malgré tout son amour pour le football, Valdivia est également un passionné de la fête. La fédération chilienne lui infligea d’ailleurs plusieurs sanctions pour cause de sorties nocturnes les veilles de matchs. Un mode de vie incompatible avec le professionnalisme européen. Mais revenons au terrain. Le fait que Valdivia soit titulaire incontestable avec la Roja est une nouveauté. Son manque d’investissement en défense a souvent été critiqué, et le rend inutile lorsqu’il n’est pas brillant offensivement. Le numéro 10 chilien fait preuve d’irrégularité dans le jeu, mais est aussi fortement touché par les blessures. A 31 ans, il obtient enfin un semblant de stabilité avec la Roja. Preuve en est, il vient de disputer deux matchs complets à la suite, ce qui n’était pas arrivé depuis quatre ans. Malgré cette inconstance, certains de ces matchs ont marqués les fans, comme lorsqu’il qualifia un soir de novembre 2009 le Chili de Bielsa pour le mondial sud-africain, marquant un but et offrant deux passes décisives lors d’une victoire 4-2 face à l’Equateur.

La raison majeure de son anonymat en Europe reste qu’il n’a disputé que cinq matchs sur le Vieux Continent. C’était à l’âge de 20 ans sous le maillot du Rayo Vallecano. Un essai non-concluant. Dans des championnats de plus en plus basés sur le physique et aux espaces réduits, Valdivia ne peut développer son jeu.Il fait le bonheur de Palmeiras, au Brésil, où il est une icône depuis maintenant sept ans. Et si dans le fond ce n’était pas logique que la quintessence du football s’exprime au pays du ballon rond ?

Pour le plaisir des yeux, on se remet la passe décisive de Valdivia pour Vargas :

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