Sébastien Girard

Après six mois sous le maillot du Borussia Dortmund, Julian Weigl s’est imposé comme la meilleure recrue du BVB à seulement 20 ans. Le milieu de terrain impressionne la Bundesliga par son talent et ravit son entraîneur Thomas Tuchel.

Julian Weigl - Borussia Dortmund

Dimanche dernier, dans un Signal Iduna Park surchauffé, le Borussia Dortmund dispose aisément d’un Eintracht Francfort en grave manque de confiance (4 – 1). Lors de cette rencontre, sans faire de bruit, Julian Weigl a battu un record en Bundesliga. Le milieu de terrain a touché 189 ballons, pour 143 passes réussies, et dépasse ainsi Xabi Alonso le maître à jouer du Bayern Munich, comme un symbole. Julian Weigl est le dernier-né de ces joueurs de l’ombre, ces milieux de terrain à la technique parfaite indispensables à une équipe mais jamais dans la lumière.

Un nouveau phénomène

Dans la carrière de Julian Weigl, tout est toujours allé très vite. Formé au Munich 1860, pensionnaire de deuxième division allemande, le milieu relayeur débute en équipe première en février 2014, à 18 ans. Lors du premier match de la saison suivante, il est nommé capitaine et devient le plus jeune joueur à porter le brassard de l’histoire de son club formateur, toujours à 18 ans. Dans l’une des pires équipes d’Allemagne en 2014/2015, Julian Weigl a dirigé le milieu de terrain d’une main de maître pour sa première saison complète avec les professionnels. Même s’il est un joueur de l’ombre, ses performances ne pouvaient pas échapper au Borussia Dortmund, qui n’a pas hésité à signer un chèque de 2,5M€ au club bavarois. Le début de l’ascension d’un prodige.

L’entrejeu du BVB est un secteur particulièrement bien fourni. Après le départ à la retraite de Sebastian Kehl, le club décide de recruter Gonzalo Castro, métronome du Bayer Leverkusen, pour 12M€. Lors des sept premières journées de Bundesliga, ce dernier ne jouera que 106 minutes. En Europa League, ce n’est pas bien mieux. La faute à l’émergence de Julian Weigl, qui a convaincu Thomas Tuchel de le titulariser à de nombreuses reprises. Le milieu de terrain de 20 ans a même obligé Sven Bender, pourtant international allemand, à reculer en défense centrale pour espérer avoir du temps de jeu. La concurrence ? Julian Weigl ne connaît pas.

Le prototype du milieu relayeur

Les prestations du longiligne (1m87) milieu de terrain impressionnent, que ce soit les observateurs ou son entraîneur, Thomas Tuchel. « On peut voir tous les jours que les choses avancent, qu’il aime tellement ça, c’est pourquoi nous le faisons jouer si souvent. Julian a fait une très bonne impression depuis son arrivée. Il nous ravit par sa vivacité et son insouciance. En même temps, il affiche une capacité à apprendre et à absorber. C’est un jeune homme totalement clair, cordial et ouvert », a confié le coach du Borussia Dortmund au sujet de sa nouvelle pépite. Son ancien entraîneur à Munich, Torsten Fröhling, voit une chose qu’il adore, la prise d’initiatives : « En seconde division, il n’y a que des duels aériens et des longs ballons, des choses sur lesquelles il doit travailler. Avec Dortmund, il montre sa vraie qualité dans un Championnat qui lui permet de le faire. Il demande toujours le ballon, c’est courageux et je ne l’ai jamais vu chez un jeune joueur avant. »

Avec un physique encore frêle, Julian Weigl reste faible dans les duels. Mais l’Allemand dispose d’une science du placement qui lui donne quelques secondes d’avance sur ses adversaires pour distribuer le ballon. A la manière de Xabi Alonso. Sa technique particulièrement fine est un régal pour tout amateur de football. Capable de redoubler les passes courtes ou de trouver un coéquipier lancé en profondeur grâce à un long ballon dans le dos de la défense, le joueur de 20 ans est une menace constante. Mais Julian Weigl est également précieux à la récupération du ballon, à son poste de sentinelle. Avec 2,18 interceptions par match, il soulage sa défense. Surtout, le milieu de terrain commet peu de fautes (21) et en subit régulièrement (33), en Bundesliga. Julian Weigl n’a que 20 ans et a encore le temps de grandir. Mais l’Allemand a tout d’un grand et le début de saison exceptionnel du Borussia Dortmund dépend aussi énormément des performances de sa recrue. Une ascension fulgurante pour celui qui est venu au BVB pour « observer les grands joueurs ».