Juninho l’artilleur de génie

OL - TOULOUSE

Adulé par tout une ville, détesté par tout un pays. C’est ce qui pourrait le mieux définir la période lyonnaise de Juninho. Le maestro brésilien était simplement un extraterrestre débarqué dans notre championnat de France à l’été 2001 alors que personne ne le connaissait. Huit saisons plus tard, l’inconnu était devenu un dieu dans la capitale des Gaules. Juninho était plus qu’un simple tireur de coup franc : il était le meilleur ! Alors les fans des équipes qu’il a fusillé ont vite trouvé des excuses pour le rabaisser : il ne savait rien faire d’autre que tirer les coups de pied arrêtés. Tout à fait inexact. Juninho faisait de grandes choses ballon au pied, Marseille s’en souvient. Leader technique, leader vocal, capitaine, Juninho est entré dans la légende lyonnaise par la grande porte et n’en ressortira jamais.

Bien sûr, on ne peut pas parler du milieu de terrain brésilien sans évoquer son talent sur coup franc. Dès ses premiers entraînements professionnels, il travaille cette facette de son jeu. Grâce à sa cheville élastique, le numéro 8 peut placer le ballon où il veut, de n’importe quelle position. Dès son arrivée à Lyon, Juninho montre qu’il n’a pas froid aux yeux avec, notamment, un superbe but face au Bayern Munich en phase de poules de la Ligue des Champions. Il en a inscrit tellement, 66 en tout, qu’il serait difficile d’en désigner un meilleur que l’autre. Alors bien sûr, certains sont plus impressionnants que d’autres, souvent ceux inscrits en Ligue des Champions. On se souvient de sa frappe limpide face au Real Madrid  qui laissa Casillas pantois lors de cette époustouflante victoire 3 – 0 des lyonnais sur les Galactiques merengues. Comment oublier également cet incroyable coup franc face au FC Barcelone qui laissa Victor Valdès cloué sur place ? Mais Juninho ce n’est pas qu’un gros frappeur, il aime aussi caresser le ballon dans des positions plus rapprochées comme face au Dynamo Kiev, toujours en Ligue des Champions. En 2006, alors qu’il était la victime préférée du brésilien puisqu’il subissait tous les jours à l’entraînement, Grégory Coupet a déclaré que même lui “ne comprend toujours pas comment il fait pour faire retomber le ballon aussi vite”. A vrai dire, le seul à le savoir : c’est Juninho lui-même. Au micro des reporters d’Intérieur Sport, Paul Le Guen a tenté d’expliquer la façon si particulière que le brésilien a de frapper le ballon : “C’est pas un intérieur de pied. C’est un mélange intérieur-coup de pied très particulier. C’est le seul à pouvoir frapper comme ça.” Dans le même reportage, Thierry Henry y est allé de son petit commentaire : “J’ai jamais essayé et j’essayerai même pas. Mais voilà, ce qu’il fait c’est n’importe quoi, c’est pas normal ! Ce qui est impressionnant avec Juni c’est pas seulement qu’il marque les coups francs. C’est que sur dix coups francs, il va t’en cadrer quand même huit !“. En effet, il est le seul à pouvoir frapper comme cela. Il a tellement marqué l’histoire du championnat de France qu’à présent lorsqu’un joueur frappe un coup franc d’une manière à peu près similaire à celle du brésilien on le qualifie de “frappe à la Juni”. Surtout s’il est lyonnais, comme Clément Grenier récemment.

Juninho ce n’est pas qu’un pied phénoménal, c’est aussi un cerveau. Rémy Vercoutre a confié une anecdote très intéressante au micro d’Intérieur Sport : “A l’époque les ballons n’étaient pas les mêmes pour toutes les équipes et Juni a fait acheter au club tous les différents ballons de chaque équipe. Toute la semaine, il s’habituait au nouveau ballon. Il savait la texture du ballon, s’il flottait, s’il était lourd, gros… la couleur !“. Il ne laissait aucune place à la chance. Perfectionniste, le brésilien passe des heures à l’entraînement, à travailler. La clé de la réussite selon lui ? Le travail. “Tu arrives pas à un niveau haut sans travailler. C’est pas possible.” Finalement, le travail a payé pour celui qui est considéré comme le meilleur tireur de coup franc de l’histoire.

Juninho nous aura fait rêver, il nous aura fait pleurer lors de son départ, mais il a tellement apporté de bonheur aux fans lyonnais… Le brésilien a son nom inscrit à jamais dans les livres d’histoire de l’Olympique Lyonnais et l’évocation de son nom fera toujours monter les larmes aux yeux pour toute une génération de fans qui, comme moi, a grandit en regardant les exploits du héros de l’époque, semaine après semaine. Il a élevé le coup franc au rang d’art, dans lequel il était le seul grand maître. Jamais approché, jamais égalé. Obrigado Juni, merci pour tout ce que tu as fait.

1 Comment

  1. Obrigado Juni! je rependrais cette même formule, car ce sont les seuls mots qui viennent lorsqu’on évoque la carrière de ce génie du ballon rond. Oui, les connaisseurs ne s’y tromperont pas, il a été le véritable génie qui a mené par son talent de footballeur et de meneur d’hommes, l’OL et le championnat de France pendant toute une décénie vers les hautes sphères du football européen et mondial. Toute la ligue 1 devrait le remercier pour la côte ( indice) UEFA dont elle jouie aujourd’hui….. On ne le dit pas assez, mais pour moi, Juni est le plus grand jouer de toute l’histoire du Championnat de France, et ce ne sont pas les statistiques qui démontreront le contraire…..J’aimerais bien qu’un jour, on nous sorte la statistique des joeurs de L1 qui ont eu la plus grande influence dans les victoires des clubs devenu champion. Sans nulle doute que c’est Juni! Merci merci et encore merci

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