Juventus : onze héros face à un immense Barça

Paul Pogba, le joueur de la Juve est courtisé par les plus grands

La Ligue des champions s’avère cruelle. Il ne peut y avoir qu’un champion et cette année, le Barça a écrasé la concurrence. Pourtant, la Juventus a été héroïque.

Juventus championne d'Italie 2015

Dans le football des années 2010, il existe une coutume : aimer le FC Barcelone. Pourtant, difficile de cracher sur cette Juventus-là. Héroïques depuis la phase à élimination directe, les joueurs de la Vieille Dame ont su faire rêver de nombreux fans. Non pas grâce à un jeu offensif emballant et déroutant mais plutôt par une culture de la rigueur tactique et du réalisme à couper le souffle.

Des assassins assassinés

En Italie, la Juventus reste une machine à gagner. Sous les ordres de Max Allegri, les juventini ne font pas dans le détail : ils font preuve d’efficacité et gèrent leurs matchs ensuite. Cette tactique a porté la Vieille Dame jusqu’à un superbe doublé mais les tifosi rêvaient évidemment d’un troisième titre, le plus beau, la Ligue des champions. Après avoir très aisément disposé d’un Borussia Dortmund inoffensif en huitièmes de finale, dont le match retour est un exemple de sang-froid et de réalisme, puis de l’AS Monaco et du Real Madrid, la Juve se présentait face à un FC Barcelone effrayant.

En Coupe d’Europe, les équipes pensent toujours pouvoir battre la Juventus. Mais il n’en est rien. A la fin, la Vieille Dame gagne toujours, ou presque. Sauf face à ce Barça-là. Ces Blaugranas sont trop forts, trop rapides, trop tueurs. Pourtant, les hommes de Max Allegri les ont fait douter jusqu’à la dernière seconde et ce but de Neymar. Ivan Rakitic a débuté le match en démontrant à toute l’Europe ce qu’était le réalisme. A la quatrième minute, sur la première frappe du FC Barcelone, le Croate trompe la vigilance de Buffon. Le début de match parfait pour les Catalans.

Des légendes en pleurs

La Juve n’est pas une dame à se laisser abattre si facilement. Largement dominés durant toute la première période, les bianconeri ont su répondre en deuxième mi-temps, comme attendu. Comme un symbole, c’est Alvaro Morata, le nouveau leader offensif du club turinois, qui égalise et laisse éclater sa joie. Déjà buteur face à son ancien club, le Real Madrid, l’Espagnol marque contre le club qu’il a appris à détester durant toute sa jeunesse. Mais cela ne suffira pas. A la fin de la rencontre, le buteur turinois fond en larmes tout comme des légendes. Patrice Evra, l’homme aux quatre finales de Ligue des champions perdues avec trois clubs différents, est consolé par un Paul Pogba frustré. Andrea Pirlo a peut-être versé ses dernière larmes sur un terrain européen, lui qui est courtisé par des clubs américains et australiens.

Le vétéran Gianluigi Buffon ne gagnera pas la C1 cette année, l’un des derniers titres qui lui échappent, mais le portier a tenu à rester digne : “Durant la seconde période, il y a eu des moments où on a cru qu’on pourrait décrocher la victoire. On n’y est hélas pas parvenu. Mais on a fait un bon match, c’est le plus important. On ne peut rien se reprocher.” La Juventus peut tout de même reprocher quelques décisions arbitrales contestables. Comme cette faute sur Pogba à l’entrée de la surface qui aurait donné un coup franc parfait à Andrea Pirlo. Ou cette faute de Dani Alvès sur… Paul Pogba, dans la surface de réparation. C’est cette action qui a tout changé puisque, ensuite, le Barça part en contre et reprend l’avantage. Alors oui, la victoire des Blaugranas est méritée mais la Juventus a prouvé qu’elle pouvait rivaliser avec un jeu différent de celui prôné par les acteurs du football moderne. On peut ne pas aimer cette Veille Dame-là mais difficile de ne pas se sentir triste pour les vétérans Pirlo et Buffon ou le jeune Morata, encore une fois irréprochable. Lui aura peut-être d’autres finales à jouer, sûrement pas ses deux coéquipiers.

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