Kingsley Coman, l’ascension express

Il est né en 1996, mais dispose déjà d’une réputation flatteuse. L’homme à la tresse va plus vite que les autres et se retrouve aujourd’hui convoqué avec les grands de l’équipe de France A. Retour sur le parcours d’un gamin qui marche à la confiance, et au talent.

En conférence de presse ce mardi, deux revenants, André Pierre Gignac et Hatem Ben Arfa, répondent aux questions plus ou moins intéressantes, avec en fond l’atmosphère pesante de l’affaire Benzema-Valbuena. Vient alors comme une éclaircie dans ce climat moribond, la tresse rouge, jaune et verte attachée à une crête dont peu de joueurs ont encore le secret. Tout droit venu de Bavière et fort d’un statut de titulaire en puissance dans l’un des trois meilleurs clubs d’Europe, Kingsley Coman éclaire la conférence et fait presque oublié le reste. Vient alors pour lui le temps de s’exprimer sur son cas personnel, et le gamin formé à Paris n’y va pas par quatre chemins : “Je viens ici pour tout casser”. Il n’en faudra pas plus pour que sa photo soit associée à cette phrase sur tous les sites d’informations sportifs. Et après tout, comment en vouloir à un garçon qui, sûr de son talent, construit une carrière au culot et à l’audace.

Remplaçant à Paris, vice champion d’Europe à la Juventus

Joueur marchant énormément à l’affectif, le jeune Kingsley voit sa réputation grandir au fur et à mesure qu’il vieillit dans le centre de formation du PSG. Considéré comme une vraie perle, mais très rarement utilisé, car barré par des autres jeunes issues du centre (Bahebeck ou Ongenda), l’ailier parisien se pose des questions et sent le vent tourner. Pour un joueur sûr de son talent, devoir se contenter des matchs en moins de 19, ou en équipe réserve le contrarie. De là à chopper le melon ? “Sur le terrain, il n’est pas du genre à se la jouer comme une star, il défend comme tout le monde et plutôt bien. Non, il est juste lucide sur son niveau. Il avait quelques réticences sur sa capacité à briller avec les pros mais il a vite compris que ça ne servait à rien de douter” raconte Patrick Gonfalone, sélectionneur de Coman en U16, U17, et U18 à Clairefontaine. C’est pourquoi lorsque le PSG lui propose son premier contrat pro à l’été 2014, mais sans garantie de temps de jeu, il préfère décliner et mettre les voiles de l’autre côté des Alpes. Destination la Juventus qui le suit depuis déjà plusieurs mois.

Entouré par Pogba et Evra, Kingsley se sent immédiatement chez lui malgré un environnement totalement différent de ce qu’il a connu jusqu’à présent. Après une période de préparation convaincante, il est titulaire pour le premier match de la saison face au Chievo Vérone. Mais la marche est un peu haute pour le natif de Paris, qui prendra son mal en patience avec seulement quelques apparitions en Série A jusqu’au début d’année 2015. Auteur d’un sublime but en coupe face au Hellas Vérone, il comprend enfin l’exigence d’Allegri et s’attache à suivre le schéma assez rigide de l’entraîneur transalpin. Des notions tactiques qui font grandir le jeune prodige au point de le faire jouer 22 matchs dans la saison, avec au final, un doublé championnat-coupe, et une apparition en finale de Ligue des champions face au Barça (perdue 3-1).

Guardiola sous le charme

“Si il y avait un joueur que je recruterai à la Juve, ça serai Kingsley Coman, c’est un jeune joueur plein de qualités”. Les éloges viennent de la dernière recrue bavaroise en ce mois de Juillet, Arturo Vidal, coéquipier de Coman à la Juve. Des mots qui ont fini de convaincre Pep Guardiola. Titulaire depuis de nombreux matchs, malgré le turn-over de Guardiola et l’abondance de bons joueurs au Bayern. L’entraîneur catalan n’a d’ailleurs pas mis longtemps à complimenter son joueur en conférence de presse : “Avec Coman et Costa, on a recruté ce qu’il nous manquait la saison dernière, de vrais dribbleurs”. Des compliments bienvenus pour un joueur qui a réussi en quelques semaines à comprendre la complexité des schémas tactiques du maître Guradiola. C’est d’ailleurs lui qui a appelé Coman pour le convaincre de venir en Bavière, et comme l’a rappelé Marc Pfertzel, consultant pour Bein Sport : “Le Bayern ne recrute un joueur que lorsqu’ils sont sûr à 100% qu’il va apporter quelque chose à l’équipe”. Avec un prêt de deux saisons, assortie d’une option d’achat à plus de 20 millions d’Euros, Coman dispose d’une pression nouvelle. Mais éduqué par l’un des meilleurs coachs au monde, et certain de ses qualités, il dispose de tous les ingrédients pour devenir l’un des grands joueurs de ces prochaines années.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire