L’Atlético est-il le nouveau Dortmund ?

Atlético Madrid, le nouveau Dortmund, © AFP

Leader du championnat, trois points devant les deux habituels mastodontes de la Liga, l’Atlético et Diego Simeone tracent leur route cette saison. Qualifiés également pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, les Colchoneros réalisent un parcours impeccable. Fort d’un collectif impressionnant, l’Atléti renoue enfin avec ses plus belles pages, écrites dans les années 60 et 70.. Son dernier titre en Liga remonte à la saison 1995-1996, l’époque d’un certain Diego El Cholo Simeone qui a réalisé le doublé cette année là avec une victoire en Coupe.

En Décembre 2011, il revient au club en tant qu’entraîneur alors que l’Atlético vient tout juste d’être éliminé de la coupe par une équipe de troisième division. Accueilli comme le messie, chargé de redresser un club en difficulté, il redonne au club un allant qu’il n’avait plus connu depuis sa remontée en 2002. Caractériel, l’homme impose de suite sa patte sur l’équipe et remporte l’Europa League avant de finir 5e du championnat, en partie grâce à son ancien joueur : Falcao. Dès la saison suivante, l’Atlético Madrid retrouve de ses couleurs, finit 3e du championnat et remporte la Copa del Rey face à son grand rival madrilène, au Santiago Bernabeu !

Diego Simeone, le nouveau Jürgen Klopp

Le départ de Falcao cet été n’a en rien affecté le projet de jeu que mène l’efficace Simeone. Il a même permis à son ancien coéquipier, Diego Costa, de s’affirmer sur le devant de la scène, lui qui depuis des années n’avait été considéré que comme un second couteau. Le public atléti ne s’y est d’ailleurs pas trompé et revient se presser en masse depuis 2011. L’affluence moyenne au stade Vicente-Calderón a ainsi augmenté de 8000 personnes entre la saison 2011-2012 et celle actuelle, et les performances des Colchoneros n’y sont pas étrangères.

Il faut dire que, portés par leur meilleur buteur, les joueurs de l’Atlético ont parfaitement assimilé leur système de jeu, un 4-4-2 des plus solides qui fait de leur duo d’attaque le plus prolifique du championnat (exception faite du Real avec Cristiano Ronaldo & Benzema). L’Atlético est probablement l’équipe la plus solide de la Liga avec un énorme travail tactique orchestré par Diego Simeone et son staff. Accrocheuse, cette équipe peut s’appuyer sur un milieu de terrain très travailleur avec notamment Gabi et Mario Suarez (ou Tiago) et des faux-ailiers avec Koke, qui dans la lignée de saison passée est le meilleur passeur décisif de la Liga avec Fabregas, et Arda Turan auteurs également d’un gros travail défensif. Contre Barcelone, le turc avait notamment été particulièrement efficace dans le repli défensif. Ce respect des consignes et cette rigueur tactique, couplés à une charnière centrale méconnue mais qui est pourtant l’une des meilleures d’Europe et l’un des gardiens les plus talentueux du monde, font de la défense de l’Atlético la meilleure du championnat espagnol. Seules deux équipes font mieux en Europe : le Bayern Munich et l’AS Roma.

Atlético Madrid, le nouveau Dortmund, © AFP

Depuis sa victoire en Copa del Rey, l’Atlético a pris conscience qu’elle était capable de rivaliser avec les deux ogres que sont Barcelone et le Real tout comme Dortmund l’avait fait sous l’égide de Jurgen Klopp lorsque les borussens s’étaient offerts ce qui était appelé alors la “finale” de la Bundesliga contre le Bayern en Février 2011. Si Simeone a un palmarès moins important que Klopp, il est arrivé bien plus récemment à l’Atlético. Aboyeurs, les deux entraîneurs ne manquent pas de “gueule”, dans l’ombre des Mourinho, Guardiola, Heynckes, ils mènent leur barque depuis plusieurs saisons. Si le système de jeu employé n’est pas le même, Dortmund préférant s’appuyer sur ses ailes (Reus, Błaszczykowski, Aubameyang…), de nombreuses similitudes sont à souligner entre les deux collectifs, à commencer par leur belle réussite en Ligue des Champions : leader d’un groupe très compliqué l’an passé, les borussens se sont hissés jusqu’en finale alors que cette saison, l’Atléti a presque réussi un sans faute dans un groupe comptant tout de même le Zénith et Porto.

Mais surtout, comme l’a souligné Gabi, “la star, c’est l’équipe“. Si aucune grande équipe ne peut faire sans individualités, à Dortmund comme à l’Atlético, il n’y aucune véritable star, aucun joueur capable de prétendre au ballon d’or. Et pourtant. Et pourtant cela n’empêche pas de nombreuses cadors européens de s’intéresser au plus près aux joueurs des deux équipes. Mario Götze et Robert Lewandowski ont déjà quitté Dortmund alors que Reus et Gündogan ont fait l’objet de nombreuses rumeurs cet hiver. Chez les Colchoneros, les rumeurs n’ont pas manqué non plus : si le départ de Diego Costa cet été est pratiquement acté, ses coéquipiers Koke, Arda Turan et Luis Filipe n’ont pas laissé insensibles les clubs britanniques principalement.

S’il est difficile d’imaginer que l’Atlético puisse, comme le Borussia la saison dernière, aller jusqu’en finale de la Ligue des Champions, on se rêve à espérer un match en quarts de finale entre deux des équipes les plus en vues du moment, et avec seulement deux défaites en matchs officiels depuis le début de la saison, il n’est pas dit que les Colchoneros partent en outsiders.

© AFP

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