Et si la Lazio était championne d’Italie ?

La Juventus a du souci à se faire. Sacrée championne d’Italie non stop depuis 2012, la Vieille Dame pourrait bien perdre sa couronne cette saison. La faute à l’Inter d’Antonio Conte ? Peut-être pas. En effet, un troisième larron se mêle à la course au titre, avec plus de succès. Son nom : la Lazio Rome. Les Biancocelesti sont provisoirement en tête de la Serie A avec 2 points d’avance sur la Juve et 8 sur l’Inter, qui comptent respectivement un et deux matchs de retard.

Avec Inzaghi, la stabilité paie enfin pour la Lazio

Si la Lazio rencontre aujourd’hui un succès que personne ne lui prédisait, elle le doit à sa stabilité en coulisses. Une donne loin d’être acquise au début des années 2010, lorsque le club changeait d’entraîneur comme de veste. Après le bref passage de Marcelo Bielsa, qui a duré… 2 jours, c’est Simone Inzaghi qui débarque sur le banc des Romains à l’été 2016. Beaucoup prédisent alors un licenciement rapide à celui dont c’est la seconde expérience en tant que coach, après un court intérim au club quelques semaines auparavant.

Mais l’ancien chouchou de la Lazio obtient des résultats encourageants. Inzaghi place son équipe à la 5ème place au cours des deux premières saisons, avant de reculer à une décevante 8ème position l’année dernière. Surtout, il remporte la Coupe d’Italie (2019) et la Supercoupe (2017, 2019). De quoi garnir le palmarès de la Lazio et asseoir sa légitimité en tant que coach. C’est logiquement qu’il se retrouve à la tête d’une équipe jouant le titre cette saison.

La force de la Lazio, c’est aussi d’avoir su faire évoluer son équipe sans pour autant perdre ses meilleurs éléments. Même le système de jeu est stable, avec un 3-5-2 inamovible dans l’esprit d’Inzaghi.

Un collectif rodé qui n’a rien à envier à la Juve ou l’Inter

Dans les buts, l’Albanais Thomas Strakosha (24 ans) se révèle être l’un des meilleurs portiers de la Botte. Devant lui, la défense n’a laissé passer que 23 buts, ce qui en fait la deuxième meilleure de Serie A derrière l’Inter. Elle est composée de Luiz Felipe (22 ans) à gauche, Stefan Radu (33 ans) à droite et Francesco Acerbi (32 ans) au centre. L’Espagnol Patric (26 ans), formé au Barça, peut aussi rentrer dans la rotation.

Au milieu, on retrouve un indéboulonnable trio. Positionné au centre, le Serbe Sergej Milinkovic-Savic (25 ans) peut faire parler sa technique et sa qualité de passe pour créer le mouvement. L’homme qui valait 120 millions d’euros à l’été 2018 est finalement resté à la Lazio : grand bien lui en a pris ! A sa gauche, l’ancien de Liverpool Lucas Leiva (33 ans) se consacre intraitablement aux tâches défensives. A droite, l’Espagnol Luis Alberto (27 ans) en est à 12 passes décisives. Un total qui en fait le meilleur passeur de Serie A et le 5ème ex-aequo d’Europe.

La division des tâches au milieu est aussi facilitée par le travail des pistons du 3-5-2. Ils sont disponibles à la fois au milieu, en défense et en attaque. Jony (28 ans) profite de la blessure du capitaine Senad Lulic (34 ans) pour faire son trou à gauche. A droite, la place se dispute entre Adam Marusic (27 ans) et Manuel Lazzari (26 ans).

Devant, le tandem Ciro Immobile (30 ans) – Joaquin Correa (25 ans) fait des merveilles. Le premier nommé réalise une saison monstrueuse, avec 27 buts en 26 rencontres de Serie A. L’Argentin, auteur de “seulement” 7 pions, se consacre plutôt, lui, à un travail de sape pour libérer des espaces à Immobile. Felipe Caicedo (31 ans) peut rentrer dans la rotation : l’Equatorien constitue une doublure de qualité capable de punir l’adversaire grâce à son impact physique et son sens du but.

Un calendrier qui permet à la Lazio d’y croire ?

Avec cet effectif, sans stars internationales mais composé de joueurs de qualité, la mayonnaise prend et permet à la Lazio de croire en ses rêves. Les Romains ont aussi eu la “bonne idée” de se faire sortir en poules d’Europa League, ce qui leur donne un avantage sur leurs rivaux. La Juventus et l’Inter sont, elles, toujours engagées en Coupe d’Europe et pourraient y laisser des plumes. Idem pour la Coupe d’Italie : les Laziali, tenants du titre, ont été sortis à Naples en quarts (1-0), alors que leurs deux rivaux sont qualifiés pour la suite de la compétition.

En championnat, la Lazio a encore 12 rencontres à disputer. Certaines s’annoncent difficiles, comme le déplacement chez l’Atalanta, meilleure attaque du championnat, samedi. Les Biancocelesti devront aussi se déplacer chez la Juventus en avril, et à Naples en mai.

L’Inter n’a pas forcément un meilleur calendrier. Les Milanais doivent se déplacer chez l’AS Rome, la Juventus, l’Atalanta et recevoir Naples en toute fin de saison. La Juve semble s’en tirer un peu mieux. Pour les Bianconeri, il faudra redouter les réceptions de l’Atalanta, la Lazio, l’Inter et la Roma.

Une équipe en capacité de ramener le Scudetto à Rome

Dans le sprint final, la clé sera donc de savoir s’imposer dans les grands rendez-vous. Trois grosses échéances attendent la Lazio à l’extérieur. Mais les Romains ont les épaules solides. Ils se sont imposés deux fois contre la Juventus sur le même score (3-1), en championnat puis en Supercoupe.

L’Inter peut certes se targuer d’avoir fait mordre la poussière aux Laziali à l’aller (1-0), mais les Nerazzurri ont pris une trempe à Rome il y a deux semaines (2-1). L’Italie est prévenue. La Lazio d’Inzaghi est décomplexée, et luttera à armes égales avec ses rivaux pour ramener le Scudetto. Vingt ans après son dernier sacre, elle ne craindra que les reports des matchs, véritable fléau en Serie A à cause du coronavirus.

A propos de Benjamin Mondon 272 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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