Le Barça est-il encore accro à la possession ?

lucho

L’Europe du foot retient son souffle. Dans quelques minutes, le FC Barcelone affrontera le Bayern Munich en demi-finale aller de Ligue des Champions. Un choc extrêmement attendu par les fans de foot, et plus particulièrement par les nouveaux adeptes de la tactique. Plusieurs sites internet ont en effet vu le jour ces dernières années, avec l’émergence des fameuses palettes. Ils se plaisent à analyser d’une vision ultra-tactique, presque scientifique, diverses affiches européennes, chiffres à l’appui. Pour ceux-là, le match de ce soir est attendu comme le combat de la décennie, l’apogée du football basé sur la possession de balle. Ces deux équipes sont en effet les seules en Europe à avoir obtenu le contrôle du ballon dans chacun de leurs matchs. D’un point de vue statistique, les allemands  possèdent une moyenne de 60 % de possession de balle cette saison en Ligue des Champions, contre 59 % pour les barcelonais. Des chiffres quasi-identiques mais qui traduisent des styles de jeu pourtant différents. Pep Guardiola a imposé sa philosophie de jeu au Bayern Munich : la volonté de maitriser le match par le maintien du ballon semble évidente, parfois même obsessionnelle. Mais qu’en est-il du Barça, est-il vraiment encore autant accro à la possession ?

Une chose est certaine, le départ de Pep Guardiola a libéré Barcelone du dogme de la possession, jugée comme impérative à la création d’occasions. Après les expériences du regretté Tito Vilanova et de Tata Martino, qui restaient dans une certaine continuité avec l’ère Guardiola, Luis Enrique a apporté une certaine nouveauté au jeu catalan. Plus complet, le Barça se permet désormais d’utiliser plus souvent un jeu vertical fait de contres-attaques. Pire, le jeu long sur Suarez est parfois utilisé ! Toutefois, la possession de balle reste évidemment l’option tactique privilégiée par “Lucho” pour aborder un match. Le jeu direct est un complément dans ce projet de jeu, qui offre une polyvalence primordiale à ce Barça. Au-delà de l’apport de l’ex-coach du Celta Vigo, c’est surtout le fabuleux trio de la “MSN” qui a permis cette nouvelle vision du jeu à la catalane, et plus particulièrement l’arrivée de Suarez. Comme un symbole, il est lui-même un joueur complet, pouvant évoluer dans la profondeur et les espaces comme il le faisait à Liverpool, ou plus simplement en tant que créateur d’espaces pour ses coéquipiers offensifs. Ce rôle, l’uruguayen a du l’assimiler cette saison. Remises de balle en une touche, appels incessants pour semer le trouble dans la défense. A la manière de ce que fait Karim Benzema au Real Madrid, Suarez se met au service du collectif. Ajouté à cela les profils complémentaires de Busquets et Mascherano, respectivement plus à l’aise dans la possession du ballon et le jeu avec plus d’espaces, et vous obtenez une équipe capable de s’adapter visiblement à toutes les situations de match.

Une force que ne possédait assurément pas le Barça de Guardiola. Pour autant, cette même équipe n’a rien perdu du pressing qui a fait le succès du club catalan, bien que sans doute moins impressionnant que par le passé. Alors ce match ne serait-il pas la bataille tant attendu de la possession de balle ? Quelques chiffres intéressants nous permettent de mieux saisir les choses. De façon logique, on observe que les grosses confrontations de cette saison ont obligé Barcelone et le Bayern Munich à céder davantage le ballon à leur adversaire, avec des minimums de 50% et 52% atteints par les bavarois lors de la victoire 1-0 à Dortmund et de la défaite 3-2 face à Manchester City, ainsi que de 52% pour le Barça lors du Clasico remporté 3-1 face au Real et de la victoire 2-0 au match retour face à Paris. Un constat apparaît toutefois et confirme la polyvalence de Barcelone : le Bayern Munich a eu plus de mal à remporter ses matchs lorsqu’il ne possédait pas le contrôle du ballon. Une donnée importante qui  interroge sur la physionomie de la rencontre à venir. Les catalans décideront-ils de contrôler le ballon afin de gêner le projet de jeu de Guardiola, ou bien utiliseront-ils leurs atouts en contre-attaque pour gêner une défense allemande apparue bien fébrile face à Porto ? Attention toutefois à ne pas sous-estimer le jeu vertical des allemands qui, bien que non-désiré initialement, peut être de grande qualité lorsque l’on se rappelle des aptitudes des munichois dans ce domaine sous l’ère Heynckes.

Les défenses seront ainsi arbitres de ce choc de la possession, qui pourrait davantage s’apparenter à un révélateur : Luis Enrique a-t-il rendu encore meilleur le monstre enfanté par Guardiola ? Réponse à 20h45 au Camp Nou.

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