Le miracle nantais

Du chaos administratif aux résultats sportifs.

Au lendemain de sa victoire facile 2 buts à 0 face à l’ETG, le FC Nantes monte (provisoirement, certes) sur le podium après 11 matchs. Personne ne semble surpris mais pourtant …

 26 mai 2007 : 38e journée de ligue 1 : Olympique Lyonnais – FC Nantes (3-1)

Nantes - Lyon, 2007
Le FC Nantes subit sa 18e défaite de la saison et est officiellement relégué dans l’antichambre de l’élite du football français pour la première fois depuis 44 saisons. Le dernier champion de France avant le règne sans partage de Lyon (2002 – 2008) descend en ligue 2 et le foot français est sonné.

S’ensuit alors une saison perturbée par le changement de propriétaire et l’arrivée de Waldemar Kita à la tête du club. L’équipe remonte directement en Ligue 1 mais le mal est plus profond et les canaris redescendent l’année d’après.

Arrive ensuite des années de gestion approximative et de résultats sportifs plus que moyens luttant même en 2010 pour ne pas descendre en national (15e de Ligue 2). Les entraîneurs se succèdent (8 en 6 ans) et ne se cachent pas pour dénoncer une mésentente avec le duo Kita (père & fils). En juin 2012, Landry Chauvin, qui vient de réaliser une saison promettante à la tête des canaris, décide de partir malgré son contrat pointant encore une fois les relations néfastes avec le président.

Le club nantais se retrouve alors dans les bas-fonds du football français lorsque surgit MDZ !

L’entraîneur de Clermont est approché et, bien qu’il ait été limogé de Nantes au bout de 3 journées lors de la saison 2008-2009 pour les raisons que vous connaissez, Michel Der Zakarian revient en 2012 avec un objectif : remonter en L1.

17 mai 2013 : 37e journée de Ligue 2 : FC Nantes – CS Sedan (1-0)

Montée 2013 2

Au terme d’une saison très accrochée (3e), le peuple jaune & vert regoûte à l’élite mais très vite, le doute s’installe.

1ère saison dans l’élite

Un chantier devient alors la priorité du président Kita : acheter un joueur du niveau de la Ligue 1 à chaque ligne pour renforcer l’équipe alors faible sur le papier. Et il veut faire ça vite et bien. Enfin, plutôt vite.

Dans les recrues cette année-là on peut compter les arrivées d’Osvaldo Vizcarrondo, Alejandro Bedoya, Gabriel Cichero, Johan Audel, Fernando Aristiguieta … Et surtout celle très discutée d’Ismael Bangoura. Retour bref sur ce transfert raté : Bangoura signe son contrat à Nantes dans les dernières heures du mercato hivernal 2012 sans demander l’avis de son ancien club Al Nasr Dubaï qui poursuit le joueur. Au cours de la saison, la LFP tranchera et le FC Nantes sera condamné à verser une indemnité de 4.5M € et sera interdit de recrutement pendant 1 an.

Avec cet effectif grandement renforcé, le FC Nantes veut acquérir rapidement de la confiance lors de la phase de préparation en jouant contre des équipes plus faibles sur le papier (Poiré/Vie – Carquefou – Vannes – Angers …) mais les résultats sont catastrophiques avec seulement 2 victoires en 8 matchs.

À la veille de la reprise de la ligue 1, les supporters nantais sont donc inquiets du niveau de jeu proposé par leur équipe et, à la grande surprise – et face à une équipe bastiaise apathique – Nantes s’impose 2 buts à 0. Mais là encore, un couac administratif va mettre en péril la saison nantaise : Adboulaye Touré, alors rentré à la 67e minute du match, avait écopé une suspension en CFA2 trois mois auparavant. Les 3 points sont offerts plus tard sur tapis vert à Bastia et Nantes semble plus affaibli que jamais dès la première journée de championnat.

Cependant le club arrive quand même à se sauver grâce à un collectif basé sur des bonnes individualités surprises : Djilobodji solide en défense, Deaux qui apporte de l’activité au milieu de terrain, Veretout jeune meneur prometteur, Gakpé qui amène de la vivacité et bien évidemment le goleador serbe Filip Djordjevic.

L’équipe finie 13e de Ligue 1, presque un exploit au vu des difficultés administratives et financières du club. Seul bémol (sportif) de cette saison, le départ raté de Djordjevic qui signe à la Lazio Rome avant la fin de la saison et qui ne rejouera pas pour Nantes au retour d’une blessure contractée au genou en mars, en raison d’un conflit d’égo entre le joueur et MDZ.

C’est à ce moment que  l’affaire Bangoura ressurgit et la LFP tranche pour une interdiction de recruter. Les joueurs veulent tous quitter le navire avant qu’il ne coule définitivement mais Kita ferme la porte notamment au départ de Djilobodji et Cissokho à Marseille.

2ème saison en Ligue 1

Même si le président et son fils anticipent cette sanction en recrutant notamment Kian Hansen dès janvier, aucune vraie pointure ne vient remplacer le sauveur Djordjevic. Si, à vrai dire plusieurs joueurs viennent le remplacer : Itay Schechter (levée d’option d’achat) et Yacine Bammou (de retour de prêt). Mais ce dernier, ancien vendeur à la boutique du PSG arrive avec une étiquette de buteur du haut de ses 0 buts en 13 matchs de National avec Luçon. Assez faible donc. L’inquiétude revient : la faiblesse offensive de la saison 2013-2014 couplée à l’absence du meilleur buteur remet en cause la gestion nantaise. Et les matchs de préparation sont là pour nous le confirmer : seulement 6 buts inscrits en 9 matchs dont 3 contre le FC Meyrin (D4 Suisse) et face à des adversaires médiocres (Angers, Brest, Luçon …).

Là encore la certitude n’est pas au rendez-vous concernant l’état de santé de l’équipe mais, là encore le public nantais répond présent et vient s’entasser à la Beaujoire pour la première journée de championnat face à un autre promu (là encore toute une histoire) : Lens. Et les craintes deviennent réalités : le niveau de jeu affiché par les nantais est médiocre mais heureusement les lensois (qui sortent d’une préparation encore plus agitée) affichent un niveau indigne du club sang et or. Le sauveur du match est alors Yacine Bammou, la jeune recrue Nantaise. La première victoire qui en annonce d’autres.

Depuis, le niveau de jeu nantais s’améliore de matchs en matchs jusqu’au très plaisant Nantes-Lyon (8e journée : 1-1). Des bons moments en perspective donc.

Au lendemain d’une victoire facile totalement maîtrisée au Parc des Sports d’Annecy contre Eviant TG 2 buts à 0, le FC Nantes se place même provisoirement sur le podium devant Monaco, Lille et Bordeaux et laissant la zone de relégation à 9 points, soit une avance confortable pour l’objectif initial du club.

Comment Nantes tient encore ?

Tout d’abord Nantes tient avec une équipe qui vit bien ensemble, qui joue de manière offensive et agréable tout en étant très solide défensivement (3e défense de L1) et qui est composée d’individualités qui ont su élever leur niveau de jeu en arrivant dans l’élite (Deaux, Djilobodji, Gakpé, Veretout …).

Le début de saison prometteur est également en lien avec la découverte de Bammou qui a sur faire oublier Djordjevic en étant impérial dans les airs , dans le jeu dos au but et est doté d’une bonne technique et d’un bon sens du but, à l’image de sa 2e réalisation de la saison hier soir.
Même si on n’avait pas dit ça depuis un moment, le FCN retrouve de la stabilité grâce à son centre de formation. L’arrivée des jeunes Veretout, N’Koudou et bien d’autres renforcent considérablement la structure et la pérennité du club.

Tant que Der Zakarian tient son équipe de cette manière, le FCN peut souffler mais attention à la rechute. Si quelques résultats négatifs s’enchaînent, le doute pourrait se réinstaller et le miracle pourrait vite se transformer en cauchemar.

Bammou Lens 2014

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