Les choix de Didier Deschamps en question

Didier Deschamps a du composer avec l'absence de plusieurs titulaires pour composer sa liste © Xavier Naltchayan
Didier Deschamps a du composer avec l'absence de plusieurs titulaires pour composer sa liste © Xavier Naltchayan

Pour les deux derniers matchs des éliminatoires de la Coupe du monde 2018, Didier Deschamps a fait appel aux habitués mais a aussi du composer avec les blessures pour dresser sa liste. Des choix dans la lignée des dernières rencontres de l’Équipe de France mais qui interrogent.

La défense, vrai point sensible

Avec la blessure longue durée de Benjamin Mendy, le couloir gauche devrait être acquis à Layvin Kurzawa. Pas forcément un gage de sécurité au vu des performances du latéral parisien. Pourtant, derrière lui, aucun joueur ne s’impose et Lucas Digne a logiquement été appelé par le sélectionneur. À droite, Sidibé et Jallet restent pour l’instant intouchables tout comme Varane, Umtiti et Koscielny dans l’axe. Presnel Kimpembe semble s’être attribué la place de quatrième homme pour la charnière mais rien n’est encore défini. Toutefois, la blessure de Laurent Koscielny, écarté pour les confrontations face à la Bulgarie et la Biélorussie, a ramené sur la table un nouveau débat.

Qui pour le remplacer ? Aymeric Laporte n’a pas les faveurs du sélectionneur, Kurt Zouma n’a pas non plus suffisamment prouver et Dayot Upamecano, bien qu’excellent avec Leipzig, a trop de retard et manque d’expérience. Didier Deschamps a donc rappelé Adil Rami. Une décision contestable à plusieurs points de vue mais qui s’explique. Le Marseillais, solide à l’OM, possède de vraies qualités de leader. Et si en terme de performances, Aymeric Laporte nous parait un cran au-dessus, DD privilégie la continuité en rappelant un joueur présent lors de l’Euro 2016. Il est certain que s’il prend son mal en patience, le défenseur de Bilbao aura sa chance. Mais le message envoyé par le sélectionneur n’est évidemment pas facile à accepter, lui qui accorde davantage sa confiance à un Adil Rami plus proche de la fin de sa carrière, qu’à un jeune talent considéré comme l’un des meilleurs à son poste dans le championnat espagnol.

Toutefois, pour deux matchs de cette importance, le choix de Rami est compréhensible. Dans une défense très jeune, il doit pouvoir apporter sa sérénité et son expérience, même sans jouer. Et en cas de coup dur, il saura largement tenir son rôle. Ainsi, même s’il souffre de contestation, ce choix de Deschamps s’explique par l’attente autour de ce double rendez-vous.

Devant, l’interrogation Martial

Si certains se sont offusqués de l’absence du Lyonnais Nabil Fékir dans la liste, celle de Martial a aussi été particulièrement remarquée. Le Mancunien, auteur d’un remarquable début de saison, a encore été oublié par Deschamps. À sa place a été appelé Dimitri Payet, de retour de blessure. Le profil des deux joueurs est profondément différent mais on peut se poser la question de ce que peut amener Payet à l’Équipe de France. Thomas Lemar semble l’avoir dépassé ces dernières semaines et devrait être titulaire. À quoi servirait alors le Marseillais remplaçant ? Contrairement à Martial, il ne parait pas pouvoir apporter de la vitesse et de la percussion en sortie de banc. Le Red Devils a prouvé que lui pouvait mettre le feu aux défenses en quelques minutes. En cinq rentrées en jeu en Premier League, il a marqué trois buts et délivré deux passes décisives (63 minutes au total jouées en tant que remplaçant).

Irréprochable depuis plusieurs semaines, Anthony Martial a retrouvé la confiance de José Mourinho. Mais pas celle de Didier Deschamps. Il faut dire que le Mancunien n’a que rarement convaincu sous le maillot tricolore. De là à lui préférer un Dimitri Payet ? Il faut croire que oui, mais l’on sait qu’avec le sélectionneur, les performances ne font pas tout. Difficile d’ailleurs de lui reprocher cela : finaliste de l’Euro 2016, la France fait aujourd’hui partie des favoris au titre pour la Coupe du monde dans un an. Et Didier Deschamps n’est pas étranger à ce changement de statut. Il a réussi à forger un vrai groupe avec les Bleus ce qui explique certains choix comme celui de Sissoko. Le milieu de terrain des Spurs, tant qu’il joue avec Tottenham, fait quasiment toujours partie de la liste. Son profil est unique au sein de l’Équipe de France et il a fait partie des cadres de DD pendant l’Euro.

Individuellement, certaines décisions prises par le sélectionneur paraissent discutables. Mais il est évident qu’une addition d’individualités ne suffisent pas à gagner. Il est donc nécessaire de chercher à comprendre les choix de Deschamps sous le prisme du groupe. De toute façon, avec les retours dans la saison de Pogba et Dembélé notamment, les 23 qui feront partie du voyage en Russie dans un an risquent encore de changer.

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