Lewandowski, enfin le patron du Bayern ?

A 31 ans, Robert Lewandowski possède un palmarès que beaucoup lui envient. 7 fois champion de Bundesliga, 3 fois vainqueur de la Coupe d’Allemagne, l’avant-centre polonais a aussi été meilleur buteur du championnat à quatre reprises. Un CV qui situe le joueur du Bayern Munich parmi les meilleurs attaquants du monde. Seulement voilà, sur le plan continental, Lewandowski est encore vierge de tout titre.

Pas de C1 en 10 ans au top niveau, c’est grave docteur ?

A Dortmund où il s’est révélé aux yeux du monde, Lewandowski a appris les exigences du très haut niveau. En 2012-2013, sous les ordres de Jürgen Klopp, le BVB se hisse jusqu’en finale de Ligue des Champions. Le buteur apporte sa (grosse) pierre à l’édifice : il est notamment le héros de la demi-finale aller face au Real Madrid, avec un quadruplé (4-1).

Pour continuer à rêver de sacre européen, Lewandowski doit viser plus haut que le Borussia. En 2014, il est recruté par le Bayern de Pep Guardiola. Mais en bientôt 6 ans à Munich, le Polonais n’a toujours pas remporté la Ligue des Champions. Il n’a même pas disputé de nouvelle finale. Cette inefficacité en phase à élimination directe peut être imputée, en partie, à Lewandowski. En 24 matchs disputés dans cette phase sous les couleurs du Bayern, l’attaquant n’en est qu’à 10 buts. Pire, dans les rencontres cruciales, il se révèle souvent muet, après des poules prolifiques et des statistiques affolantes en championnat. Une défaillance mentale qui empêche le Bayern de franchir un palier.

2020, enfin l’année de Lewandowski ?

Cette saison, Lewandowski est pourtant en très grande forme. Comme souvent, certes, mais les statistiques sont encore plus affolantes qu’à l’accoutumée. 25 buts en 23 rencontres de Bundesliga (!), 11 buts en 6 rencontres européennes (!)… Au total, le buteur a frappé 39 fois en 33 rencontres. Hier soir à Londres, il a été, avec Serge Gnabry, le grand artisan du succès bavarois contre Chelsea (0-3). Ainsi, après avoir délivré deux caviars pour l’Allemand (51′, 54′), Robert Lewandowski a lui-même clos la marque en fin de partie (76′). Un premier but en phase à élimination directe depuis… 2017 !

Explosif, rapide, tout en contrôle et en technique, il a encore, comme souvent ces derniers mois, donné un récital. Les Blues se sont donc révélés impuissants à le contenir. En témoigne l’expulsion de Marcos Alonso, sanctionné pour un coup au visage de Lewandowski (83′).

Le déclic pour le Polonais ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais on sent que dans une équipe renouvelée, aux côtés de la “NextGen” (Gnabry, Kingsley Coman, Alphonso Davies…), il s’est désinhibé. Lewandowski est ainsi en pleine confiance. Chelsea en a fait les frais, et d’autres équipes pourraient suivre si le Bayern poursuit sur cette lancée. En s’imposant comme le patron d’une attaque impitoyable, Lewandowski augmente ses chances de soulever la Ligue des Champions. Un trophée aux grandes oreilles qui le récompenserait pour l’ensemble de son oeuvre.

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Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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