Ligue des Champions : deux surprises vers les quarts de finale

Les deux rencontres européennes de ce soir accoucheront certainement de quelque chose d’inédit. Et non, on ne parle pas ici de coronavirus.

Pour la première fois de leur histoire, le RB Leipzig et l’Atalanta Bergame goûtent aux joies des huitièmes de finale de la plus prestigieuse des Coupes d’Europe. Les deux écuries abordent cette nouveauté sans complexe : à quelques heures de la manche retour, elles se dressent toutes deux en favorites. Leipzig a fait mordre la poussière au Tottenham de José Mourinho à Londres, sur un penalty de Timo Werner, à l’aller (0-1). Le plus dur semble donc avoir été fait.

Même chose pour l’Atalanta, qui n’a pas fait de détail face à une décevante équipe de Valence, affaiblie il est vrai (4-1). Les Italiens se déplacent certes en Espagne, et ne sont pas à l’abri d’une remontada. Mais ce scénario semble improbable. Valence sera en effet privé de plusieurs cadres et de son public, huis clos préventif oblige.

L’Atalanta fait parler sa puissance de feu

Personne n’imaginait l’Atalanta à ce niveau, pour sa première participation à la Ligue des Champions. Encore plus après son premier match, une cinglante défaite 4-0 à Zagreb. Après trois revers lors des trois premières rencontres (11 buts encaissés !), la messe semblait dite pour les Italiens. C’était sans compter sur la valeur des joueurs de la Dea, ni sur le flegme du tacticien Gian Piero Gasperini.

Après une mise en route difficile, le rouleau compresseur bergamasque s’est finalement lancé. Et il a tout emporté sur son passage. Un jeu léché, un football de possession, onze joueurs à l’aise avec la balle : par moments, cette Atalanta-là rappelle le Barça de Pep Guardiola. Guardiola a par ailleurs appris à connaître la Dea, puisque c’est avec un match nul contre Manchester City (1-1) que Gasperini a lancé une folle remontée. Deux succès plus tard, les portes des huitièmes de finale s’ouvraient.

L’Atalanta a non seulement fini 2019 en trombe, mais également attaqué 2020 tambour battant. La meilleure attaque de Serie A (70 unités !) a franchi à plusieurs reprises la barre des 5 buts en une rencontre. Pas au top de sa forme, Valence en a fait les frais dans un match à sens unique à l’aller : peu après l’heure de jeu, la Dea menait 4-0. La réduction du score de Denis Cheryshev laisse certes un peu d’espoir, mais l’issue de la confrontation ne fait que peu de doutes. Ce soir, Bergame devrait donc se qualifier pour son premier quart de finale de Ligue des Champions.

Il faudra que les grandes écuries craignent l’actuel 4ème de Serie A, derrière le trio Juventus – Lazio – Inter. De retour à Bergame, Mattia Caldara s’est imposé comme le grand patron de la défense. Au milieu, Mario Pasalic confirme enfin les espoirs placés en lui. En attaque, Josip Ilicic, Luis Muriel ou encore Duvan Zapata s’éclatent. Tout ça avec l’aide d’un petit Argentin de 32 ans. On ne parle pas de Lionel Messi mais d’Alejandro “Papu” Gomez, le chef d’orchestre de l’attaque de la Dea. Présent dans les grands rendez-vous, il constitue la menace n°1. Et quoi qu’il arrive, on devrait revoir tout ce beau monde en Ligue des Champions l’année prochaine.

Leipzig : l’heure de vérité pour le projet Red Bull

Leipzig, contrairement à l’Atalanta, n’en était pas à sa première participation à la Ligue des Champions. Malgré des performances encourageantes en Bundesliga, les Allemands n’avaient pas réussi à s’extraire des poules en C1. Chose faite cette année, dans un groupe pas forcément évident. Vieux briscards des coupes d’Europe, Lyon, le Zenit et Benfica auraient pu avoir les Roten Bullen à l’expérience. Cela n’a pas été le cas : Leipzig a fini en tête avec 11 points (3 victoires, 2 nuls, 1 défaite).

En championnat, les protégés du jeune et dynamique Julian Nagelsmann suivent la cadence. Troisièmes de BuLi à 5 points du Bayern et 1 point derrière Dortmund, ils se sont pérennisés dans le haut du classement. Pour sa première saison au RB Leipzig, Nagelsmann peut s’appuyer sur un groupe jeune qui a acquis de l’expérience européenne au cours des saisons précédentes. L’ancien coach d’Hoffenheim n’a lui-même plus rien d’un débutant.

Le départ de Diego Demme pour Naples en janvier n’a pas perturbé ses plans. Nagelsmann a fait signer le génial milieu offensif Dani Olmo, du Dinamo Zagreb. Il a aussi obtenu de Manchester City le prêt du latéral gauche Angeliño pour renforcer la défense. Une défense commandée par l’expérimenté portier Peter Gulasci, et l’espoir français Dayot Upamecano. Au milieu, le coach s’appuie par ailleurs sur un autre Tricolore. Christopher Nkunku en est déjà à 15 passes décisives toutes compétitions confondues.

En attaque, le grand bonhomme de cette saison est Timo Werner. 21 buts en BuLi, 4 en C1 : le grand espoir du foot allemand explose enfin. Il a d’ailleurs été le seul buteur d’une rencontre fermée à l’aller chez Tottenham, sur penalty. Ultradominés par les Allemands, les protégés de José Mourinho font également face à une cascade de blessures devant. Son, Kane ou encore Bergwijn ne seront pas là ce soir.

Une opportunité à saisir pour Leipzig, qui évolue à domicile. La qualification n’a jamais été aussi proche. En quarts de finale, Nagelsmann et les siens seraient des outsiders à prendre au sérieux. Un collectif huilé et organisé, qui a accroché le finaliste de la dernière Ligue des Champions à son tableau de chasse. Pour nous refaire ainsi le coup de l’Ajax l’année dernière ?

A propos de Benjamin Mondon 251 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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