Sébastien Girard

L’UEFA a pris un virage à 180°. Les quatre meilleures nations du classement UEFA inscriront, à partir de 2018, quatre clubs en phase de poules de la Ligue des champions. Jean-Michel Aulas reste favorable, malgré les critiques du football français.

Jean-Michel Aulas, les réseaux sociaux (tweeter), le départ de Bafetimbi Gomis de l'OL et l'arrivée de Sébastien Corchia.

Après des années d’ouverture aux petits pays, la Ligue des champions redevient élitiste. L’UEFA a annoncé la mise en place d’une réforme permettant aux quatre meilleures nations de son classement (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie) d’inscrire quatre clubs, d’office, en phase de poules de la C1. Une réforme contestée par l’ensemble du football français. Mais l’irréductible Jean-Michel Aulas n’en fait qu’à sa tête et se dresse contre les autres présidents de clubs de Ligue 1. Pour lui, cela serait une bonne chose pour le football français. Et il n’a peut-être pas tort…

Plus que les barrages

Sur les dernières années, Lyon, Lille et Monaco ont échoué en barrages de la Ligue des champions. En plus de devoir disputer le troisième tour préliminaire, les Français affrontent, en barrages, une tête de série. Donc, potentiellement un club des quatre grands championnats, a priori plus costauds que le troisième de Ligue 1. Si l’AS Monaco s’en est sorti contre un Villarreal bien différent de celui ayant fini quatrième de Liga, ce tour-là est toujours une épreuve très difficile. Une telle réforme permettrait, aux cinquième et sixième du classement européen, de n’avoir qu’un tour de barrages à passer sans les clubs de Premier League, Liga, Bundesliga et Serie A.

C’est la raison poussant Jean-Michel Aulas à soutenir cette réforme. « On ne peut pas dire qu’on est pénalisés. C’est une réforme qui peut être améliorée mais n’a pas un caractère de révolution et n’est pas une catastrophe », lâche le président de l’Olympique lyonnais à L’Equipe. Moins de fatigue, moins de risques de se faire éliminer… Cela semble correct pour les clubs français même si cela avantage fortement les quatre meilleures nations UEFA. Et là, c’est aux autres présidents de clubs de Ligue 1 de se faire entendre.

Nette augmentation des recettes

Bernard Caïazzo, président de l’AS Saint-Etienne, ne cesse de manifester son désaccord. « C’est un scandale sur la forme et, sur le fond, cela nous désavantage complètement. Avec ce nouveau système, il faudrait qu’on gagne deux années de suite la Ligue des champions, qu’on aille en finale de Ligue Europa pour prendre cette quatrième place aux Italiens », explique-t-il à L’Equipe. La France compte plus de quinze points de retard sur l’Italie. Un retard conséquent qui pourrait être plus rapidement comblé avec la multiplication des clubs français en Ligue des champions. Jean-Michel Aulas, justement, se réjouit de la présence de Monaco en phase de poules de la C1 : « C’est l’année où le football français peut faire la différence avec la Russie et le Portugal. Il faut qu’on prenne des points. Et quand vous avez Paris, Lyon et Monaco en Ligue des champions, c’est plus facile d’en prendre. » Avant de penser à prendre la quatrième place du classement, la Ligue 1 devrait penser à sécuriser durablement cette cinquième position.

Cette réforme, selon l’UEFA, permettrait d’augmenter les recettes de la Ligue des champions de 49% et celles de la Ligue Europa de 23%. L’instance a d’ailleurs promis « une augmentation des versements aux Championnats et aux clubs éliminés dans la phase qualificative ». Si l’élitisme n’est jamais une bonne chose, la France n’est certainement pas le pays le plus touché par cette réforme. À l’image de Vadim Vasilyev – « c’est triste qu’un pays aussi important n’ait aucun poids dans une telle négociation » -, on peut regretter que la France n’ait pas été écoutée. Mais les avantages, pour la Ligue 1, prennent le pas sur les inconvénients.