Lucas Barrios : Dortmund, la Chine, et Montpellier

Le Montpellier Hérault SC a annoncé mardi l’acquisition de l’attaquant international paraguayen Lucas Barrios (29 ans, 1m89), en prêt d’un an en provenance du Spartak Moscou.

Barrios a vécu son heure de gloire à Dortmund de 2009 à 2012, avant de connaître un parcours plus choatique passant par la Chine et le Spartak. Né en 1984 d’un père argentin et d’une mère paraguayenne dans la banlieue de Buenos Aires, il est formé à Argentinos Juniors, où il n’est pas conservé en 2004. Il erre entre Argentine (Tigre, Tiro Federal) et Chili (Temuco), ne parvenant pas à percer. C’est à Cobreloa, en première division chilienne, qu’il explose lors de la saison 2006/2007. “La Pantera”, en référence à la hargne de Barrios, fait parler la poudre à 26 reprises, avec un style qui va vite devenir sa marque de fabrique : des buts de la tête et surtout de raccroc. Incompréhensions défensives, dribble raté ou sortie manquée, Lucas Barrios rôde dans les défenses adverses et est présent pour sanctionner chaque erreur.

Sa saison à Cobreloa lui ouvre les portes du club d’Atlas, en D1 mexicaine, mais il ne s’y impose pas. Il retourne au Chili, à Colo Colo, où il marque 37 buts en 38 matchs en 2008. Des statistiques qui font de lui le meilleur buteur mondial de l’année. Et qui attirent les convoitises. Le grand échalas est dragué par le Panathinaikos et par l’AS Nancy-Lorraine de Pablo Correa, mais finalement c’est le Borussia Dortmund de Jürgen Klopp qui va rafler la mise à l’été 2009.

Jürgen Klopp, l'homme qui a fait venir Barrios à Dortmund.
Jürgen Klopp, l’homme qui a fait venir Barrios à Dortmund.

Dès sa première saison chez les Jaune et Noir, il marque les esprits en devenant le troisième meilleur buteur de Bundesliga, avec 19 buts. Des statistiques qui, à quelques semaines du Mondial 2010, lui valent les convoitises de Gerardo Martino, alors sélectionneur du Paraguay. Détenteur d’un passeport argentin qui ne peut s’accorder avec aucune autre nationalité, Barrios attend l’appel de Diego Maradona, qu’il privilégie pour éviter de changer de passeport, mais celui-ci ne vient pas. Il devient Paraguayen et dispute avec son coéquipier au Borussia Nélson Valdez la Coupe du monde, où les s’arrête en quarts de finale face au futur champion espagnol (0-1).

Barrios va véritablement exploser lors de la saison 2010/2011, avec l’arrivée de Shinji Kagawa du côté du Signal Iduna Park et l’éclosion d’un jeune talent nommé… Mario Götze. Il est tout simplement un des artisans principaux du titre de Dortmund, acquis au nez et à la barbe du grand Bayern. C’est lui qui inscrit le but du titre en avril 2011, face à Nuremberg. Il continue sur sa lancée en étant finaliste de la Copa América 2011 avec le Paraguay. Mais la saison suivante sera fatale à la “Pantera”, supplantée par sa doublure de l’an passé, un certain Robert Lewandowski. Il quitte le Borussia à l’été 2012, pour une destination déroutante : à 27 ans, il s’engage avec Canton, en D1 chinoise.

Lucas Barrios sous le maillot du Spartak Moscou.
Lucas Barrios sous le maillot du Spartak Moscou.

Le mal du pays se fait vite ressentir, malgré 13 unités au compteur, et Barrios ne reste qu’un an en Chine. Il file au Spartak Moscou pour 7 millions d’euros. Mais il doit se contenter d’un rôle de doublure. A presque 30 ans, il enrage, lui qui n’a pas dit son dernier mot. A la recherche d’un endroit pour se relancer, il a jeté son dévolu sur Montpellier où Rolland Courbis, qui coacha son coéquipier au Spartak Tino Costa, l’accueille à bras ouverts. Si Lucas Barrios arrive à prendre l’ascendant sur les défenseurs adverses à force de hargne, “la Pantera” pourrait relancer sa carrière et faire vibrer la Paillade, qui n’attend que cela depuis le titre de 2012.

© Jürgen Jung – Fotosaar / Садовников Дмитрий

A propos de Benjamin Mondon 279 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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