Lucas Vazquez, joker de luxe

Il ne fait pas autant rêver que ses illustres coéquipiers. Lucas Vazquez, éternel super remplaçant du Real Madrid, évolue dans l’ombre. D’abord celle de Cristiano Ronaldo, de Gareth Bale, de Karim Benzema, puis récemment des Brésiliens Vinicius et Rodrygo, ainsi que d’Eden Hazard. L’ailier droit de 28 ans est pourtant un des hommes de confiance de Zinédine Zidane. Sous les ordres du manager français, il a contribué à trois triomphes d’affilée en Ligue des Champions (2016, 2017, 2018).

Un pur produit de la Castilla

Né en Galice, au nord-ouest de l’Espagne, le jeune Lucas est repéré par les scouts du Real. En 2007, à l’âge de 16 ans, il intègre le prestigieux centre de formation des Madrilènes, la Castilla. Il intègre les équipes C et B du Real, mais les portes de l’équipe première lui restent fermées. Au début des années 2010, la politique du président madrilène Florentino Pérez consiste plutôt en l’acquisition de stars confirmées (Cristiano Ronaldo, Özil, Kaka…). Pour un jeune de la Castilla, se faire une place dans l’équipe A relève du parcours du combattant. Esteban Granero, Alberto Bueno, ou plus récemment Jesé et Alvaro Morata l’ont prouvé.

Voyant son avenir bouché au Real, Lucas est prêté à l’Espanyol de Barcelone à l’été 2014. Sa saison barcelonaise est une grande réussite. S’il n’a marqué que 3 fois en 33 apparitions en Liga, Lucas s’est plutôt mis au service du collectif. Avec un rôle de pressing précieux, une vision du jeu exceptionnelle pour un ailier et une facilité à servir ses coéquipiers sur un plateau (6 passes décisives en 2014/2015), son talent a sauté aux yeux de l’Espagne. L’Espanyol a beau lever son option d’achat en juin 2015, le Real rachète le joueur seulement quelques semaines plus tard.

Lucas, fidèle soldat de Zidane

Dans un Real où la concurrence est encore très relevée, Lucas doit pourtant se contenter de miettes. Le tournant de sa carrière a lieu en janvier 2016, quand Rafael Benitez est remplacé par Zinédine Zidane sur le banc du Real. “Zizou” se retrouve au sein d’un vestiaire où règnent les egos (Ronaldo, Bale). Les joueurs de collectif, dans le secteur offensif, se font rares. Zidane voit rapidement le potentiel de Lucas. Le dévouement de l’Espagnol permet au technicien français de combler les manques du Real.

Et la recette miracle fait immédiatement effet. Lucas démarre rarement titulaire, mais il est quasiment toujours sollicité pour rentrer en cours de match. Sa fraîcheur et sa lucidité en phase offensive lui permettent d’être décisif en fin de rencontre, et de débloquer des situations difficiles. En phase défensive, il se montre plus appliqué et généreux dans l’effort que d’autres partenaires plus talentueux, comme Bale ou Isco. Son statut de super remplaçant ne le complexe pas non plus. Rentré pendant la finale de C1 en 2016 face à l’Atlético, il ne tremble pas au moment de transformer son tir au but, aidant ainsi le Real à remporter le précieux sésame.

Sa situation reste confortable au cours des deux saisons suivantes. Avec les blessures récurrentes de Gareth Bale et les conflits entre le Gallois et Zidane, il apparaît comme une alternative crédible. Régulièrement, il rentre ainsi dans le onze de départ madrilène. Cela lui permet même d’être sélectionné avec l’équipe d’Espagne (10 sélections depuis 2016). Le joueur a ainsi pu goûter aux joies de l’Euro et de la Coupe du Monde.

L’incarnation d’un idéal merengue travailleur et dévoué au club

Avec le départ de Zinédine Zidane en 2018, la donne change pour Lucas. Julen Lopetegui puis Santiago Solari lui préfèrent son vieux rival Gareth Bale. Puis le retour de ZZ ne permet pas à son fidèle soldat de retrouver son niveau d’avant. Cette saison, avec 2 buts et 2 passes décisives en 14 rencontres de Liga, le rendement de Lucas est en deçà des attentes. A l’automne, une fracture de l’orteil liée à la chute d’un poids de musculation n’a rien arrangé.

En attendant, malgré la disgrâce de Bale, Lucas débute rarement les matchs. La faute à Rodrygo, qui a fait son trou à droite. Lucas ne sera semble-t-il jamais titulaire indiscutable sur son aile. Mais le numéro 17 reste l’incarnation d’un joueur dévoué, généreux dans l’effort et amoureux du club. Ce qui n’est pas sans rappeler une légende du Real : Fernando Morientes. Récemment, Lucas a fait part de son envie de continuer au Real pour y terminer sa carrière, quitte à cirer le banc. Un amour inconditionnel qui, on l’espère, sera réciproque.

A propos de Benjamin Mondon 276 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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