Luciano Vietto, le nouveau joyau de l’Atletico

Luciano Vietto, de Villareal à l'Atletico
Luciano Vietto, la perle Madrilène
Luciano Vietto, la perle Madrilène

Arrivé cet été en provenance de Villareal pour 22M€, Luciano Vietto a rejoint l’Atletico Madrid dans l’indifférence générale. Inconnu au bataillon pour beaucoup, le jeune attaquant Argentin espère marquer la pelouse du Vicente Calderon de son empreinte, jardin d’illustres attaquants, et ainsi s’ouvrir les portes de l’Albiceleste.

 

Torres, Forlan, Agüero, Falcao, Costa… autant de joueurs qui ont au moins un point commun : tous auront marqué l’histoire de l’Atlético Madrid. À partir des années 2000, les décideurs de l’Atlético auront eu le nez creux en ce qui concerne le recrutement de grands avants centres. Si Fernando Torres est un pur produit du centre de formation, la cellule de recrutement des Colchoneros a toujours pallié avec une grande maîtrise le départ de ses buteurs vedettes. Avec un penchant pour les Sud Américains : Diego Forlan l’Uruguayen, Agüero l’Argentin, Falcao le Colombien, Costa le Brésilien de naissance… Le mercato d’été 2015 des Rojiblancos ne déroge pas à la règle. Jackson Martinez, attaquant Colombien, est arrivé en grandes pompes dans la capitale espagnole en provenance du FC Porto contre la coquette somme de 35M€ et l’étiquette de star collée au maillot. Une arrivée qui fait de l’ombre à celle de Luciano Vietto, jeune attaquant Argentin de 21 ans, débarqué en Castille un an seulement après avoir découvert l’Europe et Villareal. Une recrue moins médiatique mais pétrie de talent.

Luciano Dario Vietto est né à Balnearia, province de Cordoba en Argentine, et a fait ses classes dans les équipes de jeunes du club de la ville. À l’âge de 15 ans, il rejoint l’Estudiantes de La Plata mais est viré du centre de formation deux ans plus tard, son niveau étant jugé trop faible par rapport à celui de ses camarades. Le coup est dur pour le jeune Luciano et la suite est d’autant plus cruelle que son essai au club de Rosario Central se solde par un nouvel échec. Il n’en faut pas plus pour décourager l’adolescent, décrit comme timide et pas très sûr de lui, qui décide de faire une croix sur une carrière de footballeur et songe à reprendre les études… Mais c’était sans compter sur le soutien indéfectible de sa famille. Son père l’envoie faire un essai du côté de Buenos Aires au sein du Racing Club, essai qui s’avère concluant et qui permet à Vietto d’intégrer les équipes de jeunes d’un des plus gros clubs de Primera Division. Après un parcours semé d’embûches, Luciano Vietto découvre le monde du football professionnel avec le Racing Club un soir d’Octobre 2011 contre Lanus, un match au cours duquel son entraineur le fait entrer en jeu. Son entraineur? Un certain Diego Simeone, actuel coach de l’Atletico Madrid, grand artisan de la montée en puissance des Colchoneros ces dernières années et instigateur de la venue de Vietto en terre madrilène. La signature de Vietto lui permet de retrouver l’entraineur qui lui a fait confiance à ses débuts, celui qui aura enfin permis au jeune joueur d’oublier ses échecs et qui lui aura offert la possibilité de réaliser son rêve d’enfant. Quelques mois plus tard, Simeone quitte Buenos Aires et l’Argentine pour prendre les rênes de l’Atleti. Vietto, quant à lui, obtient sa première titularisation en Septembre 2012 et marque les esprits de fort belle manière : il inscrit un triplé lors du match opposant le Racing Club à San Martin de San Juan et lance sa saison de fort belle manière. L’édition 2012/2013 de Primera Division voit éclore Luciano Vietto qui, pour sa toute première saison au haut niveau, plante 13 buts 32 matchs, faisant de lui le meilleur buteur de son équipe en championnat à seulement 19 ans! La saison suivante est un peu plus compliquée pour le Racing mais Vietto parvient à inscrire 5 buts en 35 matchs. Après des années de galères, Lucky Luciano, surnom donné au prodige Argentin, voit la chance tourner en sa faveur et l’Europe lui tendre les bras.

Plusieurs clubs sont sur le coup mais c’est finalement Villareal qui empoche la mise au nez et à la barbe de Liverpool et du Real Madrid, contre un chèque de 5.5 M€. Une jolie somme pour un jeune d’une vingtaine d’année qui laisse entrevoir de belles promesses. Avec le sous-marin jaune, Vietto réalise une saison exceptionnelle avec 12 buts inscrits en 32 matchs de Liga BBVA et 8 buts inscrits en Europa League. Une adaptation à l’Europe parfaitement maitrisée qui lui permet d’être le meilleur buteur de son équipe et d’intégrer le Top 30 des meilleurs buteurs d’Europe. Seuls trois joueurs de moins de 21 ans parviennent à intégrer ce classement: Harry Kane, Mauro Icardi et donc Luciano Vietto. Cette belle saison permet à La Joya (Le Joyau), nouveau surnom donné au jeune Argentin depuis son passage en Espagne, de s’affirmer un peu plus au sein du Vieux Continent. Un club se montre plus prompt que les autres, l’Atletico Madrid, entrainé par Diego Simeone qui n’hésite pas à envoyer un chèque de 22M€ aux pensionnaires du Madrigal pour accueillir Luciano Vietto dans ses rangs. Un retour auprès d’un homme qui a tant apporté au petit Luciano qui, devenu grand, cherchera coûte que coûte à rendre la confiance qu’on lui a accordé.

 

Luciano Vietto     Mauro Icardi       Paulo Dybala

Aujourd’hui membre de l’effectif des Colchoneros, Luciano Vietto a l’occasion d’attirer le regard du sélectionneur de l’équipe d’Argentine, Tata Martino, en cas de bonne saison 2015/2016. Pour cela, La Joya devra batailler ferme car la concurrence à son poste est rude, aussi bien en club (Griezmann, Jackson Martinez, Fernando Torres, Raul Jiménez) qu’en sélection (Messi, Agüero, Higuain, Tévez,  Lavezzi). Surtout, Luciano Vietto est en concurrence directe pour une place d’avant centre en équipe nationale avec deux autres joueurs de son âge. Et non des moindres : Mauro Icardi, renard des surface de l’Inter Milan et habitué des magazines people en compagnie de la sulfureuse Wanda Nara, et Paulo Dybala, transféré cet été de Palerme à la Juventus Turin, attaquant polyvalent ultra rapide. Si Icardi est le plus connu des trois, Vietto et Dybala ont une carte à jouer, chacun ayant un style bien distinct : Vietto est un numéro 9 moderne, vif, altruiste, capable de couvrir les 3 postes de l’attaque et doté d’une bonne qualité technique, d’une grande rapidité d’exécution et d’une grande qualité de finition. Dybala, dans un style similaire, est un attaquant très complet, très technique et agile comme personne, bon de la tête et précis dans ses frappes de balle. Tous deux sont également peu avares en pressing sur les défenses adverses, ce qui n’est pas sans rappeler la grinta Argentine. Dans un style diamétralement opposé mais tout aussi intéressant l’on retrouve Mauro Icardi, numéro 9 à l’ancienne, véritable renard des surfaces, toujours placé là où il faut et un brin égoïste, capable de marquer dans n’importe quelle position, de n’importe quelle façon et très bon dans ses déplacements sans ballon. Des joueurs aux profils différents mais qui sont en capacité de constituer le futur trio offensif de l’Argentine à moyen-long terme, en fonction de leur réussite en club car la saison 2015/2016 sera celle de la confirmation pour Luciano Vietto et ses deux compères. Confirmation de leurs potentiels au sein de grandes équipes, entourés de grands joueurs et où la concurrence sera importante pour jauger le niveau des trois jeunes attaquants.

Au sein de l’Atletico Madrid, Vietto sera plus exposé dans les médias, chose qu’il n’a encore jamais connu. Le passage de l’ombre à la lumière peut s’avérer compliqué, mais en réussissant sous la tunique Rojiblanca le jeune buteur Argentin se ferait un nom et se donnerait la possibilité de taper dans l’œil de son sélectionneur. Au Joyau de briller !

Yvon Marcellin – Follow @yvonmarcellin

A propos de Yvon Marcellin 8 Articles

Étudiant en LEA anglais-italien à l’Université Jean Moulin Lyon 3 et futur étudiant à l’ESJ Paris mastère Journalisme de Sport.
Supporter invétéré de l’Olympique Lyonnais et de la Juventus Turin.
La gestuelle de Zidane, la magie de R9, la classe de Pirlo, la fidélité de Gerrard, les coups-francs de Juninho, les parades de Buffon et bien d’autres… Le football procure tant d’émotions qu’il me faut vous les transmettre.

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