Justin Teste

Si les médias français nous vendaient depuis le début de saison, les exploits de Dimitri Payet à Upton Park, la presse anglaise nous rappelme que le vrai joueur frisson des hammers est argentin, n’a que 22 ans et a déjà joué aux Emirats. 

Le 22 novembre dernier, lors d’un derby de Londres entre Tottenham et West Ham, les hammers ont sombré. Une défaite 4-1 sans aucune discussion possible. Cependant à la 87ème, un éclair est venu égayer la fin d’après midi des supporters. À la réception d’une passe de Jelavic, Lanzini provoque Walker dans l’angle de la surface, un passement de jambe et un coup de rein plus tard, Walker est sur le cul. Le reste c’est une frappe puissante du gauche qui vient transpercer Hugo Lloris au premier poteau. Sur les 3 derniers matchs de West-Ham, l’argentin a marqué deux des trois buts inscrits par son équipe. Avec déjà 12 matchs disputés (4 buts) dont 11 en tant que titulaire Lanzini fait l’unanimité dans son club, à tel point que de nombreux clubs (dont Liverpool) s’intéresse au joueur pour les prochains mercatos, alors qu’il appartient toujours à Al Jazira.

Dans la lignée de Tevez

« Carlos est un joueur fantastique qui a sauvé West-ham, je me souviens je regardais le match en 2007. Partout où il est allé, il a gagné beaucoup de trophées, je pense que l’on ne peut dire que du bien de lui. » Dans une interview accordé au Mirror, l’ex meneur de River Plate est élogieux envers son compatriote, et pour cause, tout comme Tevez, Lanzini a envie de devenir une idole à West-Ham comme il le raconte au Sun. « J’ai envie de rester ici pour plusieurs années si le club me veut, West-Ham est un grand club où je peux me développer. Je veux jouer dans le stade Olympique, c’est un magnifique stade qui va porter West-Ham vers un autre niveau. » 

Alors que Dimitri Payet est out pour 3 mois, les clés du jeu londonien sont confiées au meneur argentin qui, depuis la blessure du français, s’épanouit pleinement dans le jeu. Leader technique de l’équipe, il apporte beaucoup de vivacité et de rapidité dans un jeu qui est beaucoup moins accès sur le physique qu’auparavant. Un gain de responsabilité qui ne lui fait pas peur, loin de la, « Des responsabilités nous en avons tous. Quand je suis arrivé, j’avais la responsabilité de progresser et de prouver que je pouvais jouer ici parce que j’avais joué uniquement dans des championnats ou le niveau est inférieur. » Des choix de carrière qui, en effet, ont retardé son arrivé dans le football européen.

Champion à River et au Brésil

A l’instar de beaucoup de joueurs sud-américains, Lanzini est considéré très tôt comme un crack dans les travées d’El Monumental. Habile techniquement et décisif dans les trente derniers mètres, il participe au renouveau de River. Dès sa première saison en pro, il dispute 22 matchs avec son club formateur. Des prestations qui lui serviront à être prêté à Fluminense, au Brésil. Dans un championnat plus élevé que le championnat argentin, Lanzini progresse, il dispute également 22 matchs, marque 2 buts et remporte le championnat brésilien. Une expérience qui le font revenir en grande pompe dans son club de River.

En 2 saisons, il disputera 62 matchs, inscrira 12 buts, et surtout, remportera le championnat argentin avec son club formateur. Des prestations qui font de lui un élément très suivis par le recruteurs européens au même titre que les frères Funes Mori (un est à Everton, l’autre à Benfica), Teo Guttierez (Sporting), Alvarez Balanta (toujours à River) ou le fils de Simeone (toujours à River). Seulement contrairement aux joueurs cité précédemment qui sont restés, ou parti dans des clubs européens, lui prend tout le monde à contre pied et s’envole à Abu Dhabi pour signer, contre un chèque de 4,5 millions. Il justifie ce choix, désirant mettre sa famille à l’abri. Mais après une saison, et une place de vice champion des Emirats, ou inscrira 8 buts en 24 apparitions, il se sent prêt à faire le grand saut pour l’Europe. Avec un prêt d’un an à West-Ham, il poursuit sa progression, à tel point que son coach l’a déjà comparé à Luka Modric, son coéquipier croate qu’il a côtoyé pendant 6 ans en sélection : « Luka est mon joueur préféré. C’est le prototype du grand milieu de terrain, Lanzini possède les mêmes qualités que lui. Il rend ses partenaires meilleurs, il veut toujours le ballon ». 

Des compliments justifiés, pour un joueur qui pourrait être l’une des grandes attractions d’Old Trafford cet après-midi, et du mercato anglais en juillet prochain.