Mateo Kovačić, la carte jeune de l’Inter

Mateo Kovačić.

Le nom de Mateo Kovačić ne vous est sans doute pas inconnu si vous suivez régulièrement l’Inter de Milan. Bien qu’évoluant à l’ombre de joueurs plus médiatiques (Mauro Icardi) ou charismatiques (Javier Zanetti) que lui, il reste un élément majeur du club nerazzurro en dépit du manque de confiance de son entraîneur Walter Mazzarri. Portrait d’un joueur qui, présélectionné pour la Coupe du monde au Brésil, devrait s’y faire remarquer sous le maillot croate.

Né en Autriche en 1994, de parents croates de Bosnie ayant fui leur terre natale à cause des terribles conflits ethniques des années 1990, Kovačić a d’abord évolué dans les équipes de jeunes du LASK Linz, où il est surnommé “le Professeur”, à cause d’un goût inné pour la tactique. Il y attire l’œil des recruteurs des plus grands clubs européens, avant que ses parents ne décident de revenir en Croatie en 2007. Le fiston signe donc au Dinamo Zagreb, et, malgré une grave blessure à la jambe, commence une irrésistible ascension qui lui ouvre vite les portes de l’équipe première. En 2010, Mateo Kovačić signe son premier contrat pro. La même année, son coach, Vahid Halilhodzić, le lance dans le grand bain. A peine rentré en jeu, le feu follet marque. Lors de la saison suivante, en 2011/2012, Kovačić devient un joueur-clé de son équipe, il dispute des matchs prestigieux de Ligue des champions face au Real Madrid ou encore l’OL. Contre les Gones, il inscrira même un but.

Mateo Kovačić.
Mateo Kovačić.

A l’hiver 2013, Wesley Sneijder annonce son départ de l’Inter de Milan et rejoint Galatasaray. Paniqué, le président Massimo Moratti décide de mettre le paquet pour trouver un remplaçant au Hollandais et fait venir Kovačić pour 11 millions d’euros. Tout de suite, malgré une saison sportivement décevante pour le club milanais, neuvième de Serie A, le Croate est remarqué. Le coach, Andrea Stramaccioni, le recule un peu car malgré un profil s’apparentant à celui d’un pur n°10, Kovačić pêche pour réaliser le dernier geste, mais possède d’indéniables qualités de slalom, dribble mieux que personne dans la course. Positionné récupérateur, il fait des ravages dans les rangs adverses et, ironie du sort, rappelle par ses qualités un joueur qui a évolué dans l’autre club de Milan, Kakà. Kovačić est le deuxième dribbleur le plus efficace d’Europe derrière Diego (Wolfsbourg). A l’intersaison, Walter Mazzarri, qui remplace Stramaccioni, va même jusqu’à comparer le gamin à Marek Hamsik!

Mais la saison 2013/2014 s’avère, pour Kovačić, moins facile que la précédente. Blessé, il ne trouve pas sa place dans un 3-5-2 intériste qui semblait a priori taillé pour lui. La faute à une rude concurrence, celle des Guarin, Cambiasso et autres Hernanes. La faute à un entraîneur qui, trop rapidement déçu par son joujou croate, décide de l’éloigner du terrain pour le cantonner à un rôle de joker. La faute également à un goût un peu trop prononcé du joueur pour les grandes chevauchées en solo et un profond dégoût pour les basses tâches défensives. Cette situation suscite actuellement l’intérêt des recruteurs de Liverpool et d’Arsenal, qui sont prêts à sauter sur l’occasion. Mais Kovačić le sait : avant d’envisager un départ vers un club plus huppé, il doit rester et s’imposer à l’Inter. A 20 ans, il a tout le temps d’y parvenir.

Mateo Kovačić et Luka Modrić côte à côte... à quelques années d'intervalle.
Mateo Kovačić et Luka Modrić côte à côte… à quelques années d’intervalle.

En équipe nationale, la donne est toute autre. Niko Kovač, son sélectionneur, lui fait confiance et sait pertinemment qu’il peut compter sur Kovačić, à côté des créateurs Modrić et Rakitić, pour dynamiter les défenses, rendre chèvres les défenseurs (ce que le jeune milieu sait plutôt bien faire) et libérer les espaces. Avec une équipe comme celle-ci et une pointe nommée Mario Mandzukić, inutile de dire que la Croatie a toutes les chances d’aller très loin dans la prochaine Coupe du monde. C’est tout ce que l’on souhaite à Mateo Kovačić.

© Getty Images / © FCInter1908.it

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Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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