Mercato : vers une politique du clash ?

Débuté dès le 9 juin partout en Europe, le mercato voit un phénomène s’amplifier de jour en jour : la politique clash. Si l’on connaît les recours traditionnels qui ont lieu lors du mercato comme les transferts définitifs monnayant une indemnité de transfert, un simple prêt avec ou sans option d’achat, des fins de contrats ou encore des résiliations à l’amiable, le clash, encore appelé forcing fait son apparition. Qu’il vienne de la part des dirigeants ou de la part d’un joueur, les deux parties optent généralement pour d’âpres négociations. Retour sur ce que l’on peut surnommer la politique du clash.

Le nouveau statut des joueurs lors des mercatos
Dans le premier cas, ce sont les dirigeants d’un club qui poussent leurs joueurs à quitter le club au plus vite. Ils placent donc le ou les joueurs en question sur la liste des transferts. Cependant, quand le joueur est opposé à un départ, le club et le joueur entrent en conflit qui peut s’éterniser. Prenons l’exemple de Batéfimbi Gomis, attaquant de l’olympique lyonnais, meilleur buteur du club cette saison avec 16 buts inscrits. Pourtant, il n’entre plus dans les plans de Rémi Garde, qui lui préfère le goleador argentin Lisandro Lopez. Ses dirigeants par le biais de son président et de son conseiller, l’ont prié de faire ses valises et de quitter le Rhône-Alpes. De son côté, l’international français ne voit pas du même œil un départ et n’avait pas envisagé d’aller voir ailleurs. Le joueur et le club sont donc en désaccord. Gomis, qui souhaite faire partie du groupe des 23 pour la Coupe du Monde 2014 souhaite absolument rester visible dans un championnat médiatique. Il a logiquement refusé des propositions de club venant du Moyen-Orient bien que le salaire proposé était alléchant et que les offres satisfaisaient Lyon, qui pouvait ainsi alléger la masse salariale du club et renflouer les caisses. La panthère noire n’a par conséquent aucun autre choix que de partir, dans la mesure où le club intéressé lui convient. Autre exemple, les dirigeants veulent se séparer d’un joueur mais celui-ci n’a guère envie de s’asseoir sur un salaire plus conséquent dans leur club actuel.

Bafetimbi Gomis, poussé à la porte par l'Olympique Lyonnais et Jean-Michel Aulas

Bafé Gomis, poussé vers la porte par Lyon !

Le second cas concerne directement le joueur, qui souhaite à tout prix quitter son club pour signer dans une autre équipe. Les négociations sont encore plus compliquées que dans le premier pas étant donné que le joueur en question est encore sous contrat. Illustration : c’est entre autre le cas des joueurs suivants : Florian Thauvin, lillois depuis janvier, Romain Alessandrini, rennais depuis l’été dernier et Christian Benteke, buteur vedette d’Aston Villa. Ces trois joueurs sont convoités par des clubs plus importants, l’OM pour les deux premiers et Chelsea notamment pour le dernier. Mais un problème de taille s’oppose aux clubs acheteurs, d’une part, les joueurs sont tous sous contrat et d’autre part les clubs ne sont pas enclins à leur départ, à moins vraiment, d’une offre extrêmement intéressante. Les joueurs tentent alors coûte que coûte de quitter leur équipe pour leur prochaine destination. S’engagent donc des discussions engagées entre agents (représentants des joueurs) et club dans lequel évolue le joueur. En général, l’issue de ces discussion se termine mal : soit le club accepte de lâcher son joueur à bon prix, soit le joueur et les dirigeants restent en froid au risque de ne pas voir de temps de jeu. C’est donc un choix très difficile à prendre. Actuellement, Romain Alessandrini a fait part de son souhait à Rennes de rejoindre l’OM mais la position de Florian Thauvin n’est pas encore connue, lui qui a affirmé vouloir d’abord en discuter avec ses représentants.  Cependant, leurs clubs respectifs refusent catégoriquement un départ. On ne connaît pas encore l’issue de ces tractations.

Florian Thauvin, le Bleuet champion du monde courtisé par l'Olympique de Marseille

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Lors de ces fameux clashs, on peut logiquement dire que les joueurs ont beaucoup à perdre dans les deux cas que nous avons étudié. De toute manière, c’est l’une des deux parties qui craquera et qui déterminera l’issue finale. Le club est très souvent en position de force puisqu’il a en sa possession le précieux contrat. Le mercato est, il faut le dire, influencé par ce que l’on peut appeller la politique du clash.

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