Munir : enfin le vrai “nouveau Messi” ?

Munir El Haddadi.

Vous l’avez sans doute aperçu lors des deux premières journées de Liga avec les rencontres du FC Barcelone face à Elche (3-0) et à Villarreal (0-1). Le jeune Munir El Haddadi, qui a soufflé ses dix-neuf bougies avant-hier, est incontestablement la révélation espagnole de ce début de saison, après avoir été celle des matchs de présaison du Barça. Aligné à chaque reprise dès le coup d’envoi, le gaucher a brillé pour son premier match en touchant la barre transversale et en inscrivant un joli but sur une passe d’Ivan Rakitic, même s’il a été un peu moins en vue sur le deuxième en étant remplacé par Neymar vers l’heure de jeu.

Des débuts très prometteurs pour ce fils d’immigrés marocains, désormais employés dans la restauration, arrivés clandestinement en Espagne dans les années 80. Né dans la banlieue de Madrid le 1er septembre 1995, Munir El Haddadi évolue dans une petite équipe locale lorsqu’il est recruté, à l’âge de 15 ans, par l’Atlético Madrid. Il ne jouera jamais sous le maillot des jeunes colchoneros, puisqu’il est aussitôt prêté dans un modeste club de la périphérie madrilène, le Rayo Majadahonda, où il explose. Beaucoup de clubs huppés le draguent alors mais finalement, c’est le Barça qui rafle la mise en 2011.

Révélé au sein de l’équipe B du club catalan l’an passé, Munir a été, avec quatre buts, le meilleur buteur de la présaison du Barça cet été. Pas étonnant quand on voit l’agilité du vif ailier droit, repositionné à gauche par Luis Enrique, lorsqu’il se sert, souvent à bon escient, de son excellent pied gauche avec une superbe technique et une bonne qualité de frappe. Si bien que certains n’hésitent pas à parler de “nouveau Messi”.

“Nouveau Messi”, un raccourci un peu rapide et facile, difficile à assumer, porté par de tout jeunes talents encore bien loin de l’éclosion comme Alen Halilovic ou Adama Traoré, ou encore d’éternels faux espoirs comme Bojan Krkic, aujourd’hui à Stoke City, Giovani dos Santos et sans doute bientôt Cristian Tello… Ce surnom ne déplairait pas à Munir, dont l’idole n’est autre que le lutin argentin, mais l’attribuer au jeune hispano-marocain reste impropre, en dépit de similarités entre leurs deux profils.

D’abord parce que Munir a connu une éclosion plus tardive que Messi. A l’âge de son jeune coéquipier, le quadruple Ballon d’Or était déjà incontournable en club et en sélection, et se préparait à disputer une Coupe du monde. Ensuite, Munir n’a tout simplement rien prouvé au très haut niveau sur du long terme. Réussir deux matchs, une présaison, c’est très bien, mais il reste encore neuf mois avant la fin de la saison pour s’imposer, et on ne peut pas déterminer ce que sera une carrière avec une seule saison, même très probante. Lui attribuer le surnom de “nouveau Messi”, enfin, lui impose une pression très forte et très difficile à supporter à son jeune âge. Ce qui pourrait s’avérer, au final, contre-productif. Mais, avec de telles performances à son jeune âge, au Barça qui plus est, il n’y échappera malheureusement pas. Il lui faudra surmonter de grandes attentes.

Munir El Haddadi.
Munir El Haddadi.

Quoiqu’il en soit, on suivra attentivement l’évolution de Munir dans les mois et les saisons à venir. Le retour en forme de Neymar et la fin de la suspension de Luis Suarez devraient renvoyer le jeune prodige sur le banc du Barça, mais une place de joker de luxe pourrait également lui permettre de frapper fort à coup de rentrées fracassantes. Sélectionné avec les équipes de jeunes d’Espagne (désormais avec les Espoirs), l’ailier gauche, de confession musulmane, n’a pas définitivement arrêté le choix de l’équipe nationale qu’il représentera plus tard et ne renonce pas à porter un jour la tunique du Maroc. La guerre entre les émissaires des fédérations espagnole et marocaine est désormais déclarée…

© Flickr – Calcio Streaming

A propos de Benjamin Mondon 274 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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