Nouveau Vélodrome : Débandade pour la première / Circulez, y’a rien à voir.

Marcelo Bielsa

C’est un fait, la première fois n’est jamais vraiment évidente. Et ce, dans pas mal de domaines. Comme souvent, le football ne déroge pas à la règle et ce dimanche c’est l’OM de Bielsa qui se présentait pour la première fois au pied de son nouveau Vélodrome.

Bien décidé à tout donner pour reconquérir sa forteresse perdue aux mains de bon nombre d’équipes la saison passée, l’OM de Bielsa avait l’avantage d’avoir séduit en match amical tout en prônant un jeu vers l’avant. Un optimisme ambiant régnait donc sur le Vélodrome, chose assez inédite pour des fans olympiens trop souvent sevrés ces dernières années.

Pourtant, ce dimanche, rien ne se passa vraiment comme prévu lors de ce qui restera comme une première sortie ratée.

Si l’OM ne sembla pas au niveau dimanche, ce fut tout sauf un problème de qualité : ne nous y trompons pas, malgré un secteur défensif assez pauvre en quantité, cet OM là est sur le papier bien supérieur à son adversaire du jour. Le quatuor offensif fait peur et  malgré la faiblesse défensive entrevue à Bastia, la méthode Bielsa a charmé, et a redonné confiance à tous. Si bien qu’à quelques minutes du coup d’envoi les avis sont unanimes : personne n’imagine Montpellier capable de résister à la tempête annoncée aux alentours de 17h.

En réalité, de tempête il ne sera jamais question dans un match qui peinera même à atteindre l’intensité d’une brise printanière.

Malgré un Vélodrome bouillant et retrouvé dès l’échauffement, les marseillais semblent déjà émoussés au moment de rentrer au vestiaire après 20 minutes de chauffe. En témoigne la nonchalance de certains lors d’un dernier exercice qui verra Payet et Thauvin mettre 10 minutes à inscrire un but à Mandanda..

L’ambiance à la sortie des joueurs est ensuite clairement impressionnante : le Vélodrome a confiance, et cela se ressent, en tribune personne n’imagine encore la tournure dramatique que les événements vont prendre. Les supporters à l’inverse des joueurs ne se posent pas de questions et une ribambelle de chants assourdissants déferlent des virages mettant les héraultais sous pression.

Problème : l’effet escompté est là, mais ce sont les marseillais qui font dans leur froc. Comme tétanisé par l’atmosphère, le 11 de Bielsa n’arrive pas à rentrer dans son match. Les 15 premières minutes sont un calvaire pour des Marseillais désorganisés au milieu et organisés comme des U15 derrière. Seul Imbula semble rentré dans son match tandis que le quatuor offensif multiplie les mauvais choix sur les quelques ballons qui passent le milieu. En face, des Montpelliérains sans complexes canalisent parfaitement les quelques sursauts Marseillais et jouent avec les nerfs – très peu solides – de leurs adversaires.

Des nerfs qui vont logiquement lâcher peu à près le quart d’heure de jeu, sur une ouverture pas si lumineuse que ça, Dja DjéDjé part avec 10 minutes de retard laissant ainsi à Mounier le temps de prendre un café avant de lober un Mandanda avancé et désireux de reprendre là ou il en était la saison dernière..

Contrairement à d’habitude, le but n’a pas l’effet d’un immense coup de massue. De part sa précocité le Vélodrome y croit encore, et poursuit ses salves d’encouragement destinées à des joueurs pourtant complètement perdus sur le pré. Ces chants vont néanmoins finir par réveiller Thauvin et consorts qui vont enfin mettre une belle pression sur les buts de Jourdren lors du dernier quart d’heure de la première mi-temps. Les situations sont là, mais un Gignac maladroit voire effacé et un Thauvin en mode soliste empêcheront les Marseillais de revenir à hauteur avant la pause.

L’optimisme bien que moindre est encore présent en tribune : à la mi-temps chacun y va de son “Bielsa va leur passer un savon de toute façon !” comme pour se persuader que les Marseillais ne peuvent revenir qu’avec de meilleures intentions.

Malheureusement, les Olympiens ne reviendront jamais vraiment sur la pelouse : émoussés physiquement et douchés moralement, les hommes d’El Loco serviront à leurs convives du Vélodrome une seconde période indigeste, insipide, et très difficile à digérer.

De nouveau peu inspirés, les Olympiens n’arriveront jamais vraiment à prendre à défaut un bloc pailladin compact et suffisamment bien organisé pour tenir. Poussés par un Vélodrome qui lui y croit encore, les olympiens continueront à balbutier un football fait d’à-coups peu dangereux. Et comme souvent lorsque vous perdez de l’énergie bêtement, l’adversaire finit par vous enterrer définitivement : Morgan Sanson s’en chargera à 20 minutes de la fin au terme d’un contre rondement mené soulignant ainsi une énième fois les largesses défensives marseillaises. Les derniers instants ne seront qu’erreurs, approximation et résignation sur le terrain. Peur, colère et interrogations dans les tribunes. Les derniers barouds d’honneur olympiens donneront même l’occasion à Camara et Sanson de plier l’OM mais la fatigue sauvera le Vélodrome d’une correction.

“Circulez, y’a rien à voir” s’exclama au moment de quitter le stade un abonné des Mtp, ce qui résume à vrai dire parfaitement l’après-midi cauchemardesque vécue par des milliers de supporters. Plus que la défaite, c’est la manière qui interroge ce dimanche tant ces Marseillais là ne semblèrent jamais en mesure de renverser une vapeur qui les a directement asphyxié.

Aux joueurs d’en tirer une leçon essentielle :  il n’y a pas de recette magique pour devenir intraitables à domicile, même pas celle de Bielsa. Seuls le travail et la remise en question pourront permettre à cette équipe d’appréhender sereinement les prochains matchs dans un Vélodrome qui les attendra encore et toujours au tournant. Le Vélodrome reste le Vélodrome, même avec un toit : plus que d’être coaché par Bielsa, il faudra s’imprégner de son abnégation et quelque part de sa folie pour y réussir.

Gageons que les Olympiens sauront s’en rendre compte rapidement pour leurs supporters.

 

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