Les nouvelles ambitions du Hertha Berlin

En Allemagne, le Hertha Berlin fait partie du paysage. Un club historique de l’élite certes, mais qui est bien souvent englué dans le milieu de tableau. Il y a sept ans, il faisait encore l’ascenseur entre la première et la deuxième division. Malgré une qualification en Europa League obtenue en 2017, les Berlinois semblent bien loin des ténors de Bundesliga : le Bayern Munich, le Borussia Dortmund, Leipzig ou encore Schalke.

Pourtant, en ce mois de janvier, le Hertha frappe plutôt fort. “Die Alte Dame” (“la Vieille Dame”, surnom du club) a ainsi obtenu la signature de l’espoir lyonnais Lucas Tousart (22 ans). Le milieu défensif s’est engagé dès cet hiver mais ne portera le maillot bleu et blanc qu’à partir de l’été prochain.

Cette signature à 25 millions aurait pu suffire aux Berlinois. Que nenni : ils s’attaquent à un autre gros morceau, en la personne de Krzysztof Piatek (24 ans). Le retour de Zlatan Ibrahimovic au Milan AC pousse le buteur polonais vers la sortie. Pour 27 millions d’euros, Piatek deviendra très vraisemblablement un joueur du Hertha dans les prochaines heures. Il serait d’ailleurs en train de passer sa visite médicale à Berlin.

Le Hertha Berlin, nouveau riche dans de mauvaises mains ?

En tout, le club dépense plus de 60 millions d’euros sur trois joueurs en janvier : Santiago Ascacibar (22 ans), milieu défensif et grand espoir argentin, a aussi signé en provenance de Stuttgart. Comment le Hertha peut-il se permettre des mises aussi folles sur des footballeurs qui ont encore tout à prouver au plus haut niveau ?

La réponse est simple. Elle porte le nom de Lars Windhorst, nouvel actionnaire majoritaire depuis 2019. Windhorst, entrepreneur touche-à-tout, est une personnalité unique dans l’univers du business. Le magnat de 43 ans a le goût du risque. Il a survécu à un crash d’avion en 2007. Issu de l’univers des composants informatiques, il a coulé ses sociétés les unes après les autres, avant de rebondir à la tête du fonds d’investissement Sapinda.

Rassurant pour le Hertha Berlin ? Sur le long terme, pas vraiment. Le bonhomme semble impulsif et peu enclin à mesurer les conséquences de ses actes. Son casier judiciaire commence à être étoffé, et Windhorst s’arrange souvent avec les chiffres. En témoigne cet article de Libération qui rappelle comment Sapinda a failli couler Wild Bunch, société de production cinématographique. Finalement, Wild Bunch a été sauvé par… Windhorst, qui a fini par débloquer les financements qu’il avait promis. Sous la menace des tribunaux.

Windhorst et Klinsmann, le duo gagnant ?

Néanmoins, les fans du Hertha ont aussi des raisons d’espérer. En vertu de la législation allemande, Windhorst ne peut pas posséder plus de 49,9% des parts du club, même s’il reste l’actionnaire majoritaire. Il ne contrôlera donc jamais totalement le club. Et son goût prononcé pour le bling-bling laisse penser qu’il a tout intérêt à investir dans le Hertha. Pour Lars Windhorst, posséder un club de football ambitieux, c’est aussi une manière de prouver sa bonne santé financière et de montrer patte blanche auprès de ses partenaires.

Le magnat l’a compris et s’y applique. La mauvaise forme du Hertha en début de saison l’a poussé à remplacer le coach Ante Covic par Jürgen Klinsmann en novembre. Klinsmann, qui a entraîné l’Allemagne et le Bayern, est un homme d’expérience. En deux mois, il a fait progresser le Hertha de la 15ème à la 13ème place, ne perdant que contre Dortmund et Munich. Alors que Covic avait l’habitude de jouer en 4-2-3-1, Klinsmann s’adapte plutôt à son adversaire et son effectif. Le Hertha peut ainsi jouer en 4-3-3, en 4-1-4-1 ou en 3-4-1-2.

Des perspectives d’avenir pour le foot berlinois

Les renforts du mercato iront donc garnir une équipe relativement méconnue du grand public. Les Berlinois comptaient cependant déjà des joueurs de qualité dans leurs rangs. Parmi eux, le défenseur central Karim Rekik (ancien de l’OM), le latéral gauche international allemand Marvin Plattenhardt, l’ex-attaquant de Chelsea Salomon Kalou, le buteur et capitaine Vedad Ibisevic, ou encore le jeune ailier belge Dodi Lukebakio…

La politique de renforcement du Hertha Berlin a encore de beaux jours devant elle. S’il veut permettre à Klinsmann de viser le titre d’ici 3 à 5 ans, comme le coach l’a promis aux supporters, Lars Windhorst devra à nouveau délier les cordons de sa bourse. A moins que l’actionnaire ne fasse encore des siennes.

Mais si Windhorst tient sa parole, le foot berlinois aura de beaux jours devant lui. La belle saison de l’Union Berlin, promu de D2 et actuel 11ème, permet aussi à la capitale allemande de retrouver le haut niveau. Ainsi, dans le futur, le derby de Berlin sera peut-être un match au sommet, qui sait ?

A propos de Benjamin Mondon 276 Articles
Des analyses parfois aussi improbables qu'un mélange entre Ronaldinho et Cheick Diabaté.

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