Ode à l’irremplaçable Dani Alves

Daniel Alves prolonge à Barcelone

Une nouvelle fois vainqueur de la Ligue des champions, Daniel Alves a failli quitter le Barça. Finalement, il a obtenu les réponses qu’il espérait. Il aurait laissé un trou béant.

L’image était assez saisissante après la victoire du FC Barcelone, tous se sont, à un moment donné, tournés vers le Brésilien pour célébrer. Symbole de ce Barça offensif, Alves fait partie de l’âme du jeu catalan, du fond de l’état d’esprit de ce club. S’il a beaucoup été critiqué ces dernières années, son transfert n’aurait pu être compensé. Probablement l’histoire d’un joueur mal estimé, mal compris.

L’équilibre du Barça

Bien qu’il a toujours eu du mal à s’imposer en équipe nationale, Dani Alves a longtemps été considéré comme l’un des meilleurs latéraux du monde. Alors pourquoi ce décalage ? Après tout, la logique aurait voulu qu’un joueur de ce niveau, essentiel au FC Barcelone, soit indiscutable avec le Brésil. En réalité, il s’est construit dans un système de jeu très particulier. Dans un état d’esprit qui lui sied à merveille. Lorsque Pep Guardiola a construit son équipe, avec ce style si offensif, si fluide, il a fallu faire des sacrifices. Les attaquants ont abandonné le placement défensif pour ne se concentrer que sur le pressing, les latéraux devaient être seuls dans leurs couloirs en phase défensive. Un but emblématique revient en mémoire, le premier de la fameuse manita en novembre 2010 infligé au Real Madrid. Tout part d’un positionnement très haut où les défenseurs n’existent plus, où Alves est ailier quand Piqué est milieu droit et que Busquet gère seul la récupération. À l’heure où se multiplient les critiques et les moqueries avec les réseaux sociaux, il faut une construction bien particulière pour accepter d’être constamment insuffisant en défense. Si le jeu des Catalans devient de plus en plus rapide, l’esprit de ce but l’habite encore.

Sept années durant, Alves a accepté d’assurer seul un couloir toujours libéré par Messi – ou par Pedro -. Durant sept longues années, il a accepté de n’être un défenseur que sur le papier.

Un profil unique au monde

Alves est passé très proche de rejoindre l’Italie, le Milan AC surement. Vexé de ne pas être retenu par le Barça, le Brésilien était probablement dans le vrai. Parce que son profil n’existe pas. C’est un construit. Une création tactique faite par Guardiola qui dépasse grandement les qualités techniques. Tout n’est que question d’habitude. Une accoutumance qui lui permet d’échanger avec Messi, de provoquer, d’oublier les risques. Danilo, Zabaleta, Carvajal, peu importe le latéral, même Philip Lahm, aucun ne peut assurer cette attitude.

Alors Aleix Vidal aurait tenté de faire oublier cette légende. Il se serait efforcé de monter sans regarder derrière lui. Il aurait essayé de ne pas se plaindre d’être seul dans son couloir. Mais dans ce Barça, personne ne peut faire mieux que lui. Un jour son histoire en catalogne s’arrêtera. Ce jour-là, la meilleure solution sera de changer ce poste. Qu’il redevienne plus classique. Daniel Alves n’est qu’un latéral droit mais il a imposé une grande partie de la construction d’un jeu sur son profil, sur son apprentissage. Ce jour là, ce n’est pas qu’une légende qui s’en ira, c’est tout une philosophie que le Barça perdra.

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